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Loi fin de vie : «Messieurs et mesdames les députés, soyez dignes de vos scrupules et votez en conséquence»

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que les députés s’apprêtent à voter, le 15 juillet 2026, sur la loi fin de vie, le philosophe Damien Le Guay dénonce un texte aux garde-fous illusoires et en appelle à la conscience de chaque parlementaire.

Damien Le Guay est philosophe, spécialiste de l’éthique médicale, de la fin de vie, du deuil et des rites mortuaires. « Quand l’euthanasie sera là… » est son dernier livre paru (Salvator, 2022).


Tout se joue le 15 juillet 2026. Tout va se décider ce jour-là. Votre vote, messieurs et mesdames les députés, va sceller dans le marbre ces mauvaises solutions létales, ces mécanismes vertigineux et effrayants qui feront de l’euthanasie et du suicide assisté un « soin » proposé à plus d’un million de nos concitoyens : aussi ceux qui, handicapés ou atteints d’une maladie incurable de longue durée, même s’ils ont des années à vivre, entrent dans le champ de cette loi. Qu’on ne me dise pas qu’il s’agit là de fantasme ! C’est dans ce projet de loi ! Un million de personnes et non les 0,4 % des malades qui, en phase terminale, persistent à demander la mort.

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Ma demande est simple : ayez le courage de vos doutes, ne vous laissez pas faire, écoutez vos consciences troublées par cet appel d’air euthanasique, n’approuvez pas ces mauvaises solutions radicales. Il faut tout revoir de fond en comble avec un esprit de réconciliation et non de brutalisation des débats.

Depuis le début, nous voyons bien qu’un petit groupe de députés, acquis à la cause létale, mène les débats. Eux sont prêts à tout accepter. Ils disent : Qu’importe le flacon létal pourvu qu’il y ait l’ivresse euthanasique ! Pour eux les détails ne comptent pas – alors même que le diable s’y cache. Ils ont refusé tous les amendements de prudence, de précaution et d’équilibre. Ils vous font croire qu’il s’agit d’une « loi de fin de vie ». Faux. Pas seulement. Ils disent qu’il y a des « garde-fous ». Faux.

Quant aux proches, ils n’ont pas de « droit d’information » ni le droit de contester la décision dudit médecin. Ils seront tenus à l’écart afin qu’ils n’exercent aucune « pression » sur le malade pour contrecarrer son projet euthanasique.

Damien Le Guay

Reprenons le détail pour le million de personnes « éligibles ». Un seul médecin décidera seul sans l’avis du médecin traitant et même s’il voit le patient pour la première fois. Lui seul évaluera, sans témoin, sa « volonté de mourir » – sans que cette volonté soit exprimée forcément par écrit. Il pourra consulter deux personnes du milieu médical (même en visioconférence) qui n’ont pas à rencontrer le malade ou à vérifier la réalité de la demande. Et si le malade a un « discernement altéré » ! Qu’importe pourvu qu’il ne le soit pas « gravement ». Quant aux proches, ils n’ont pas de « droit d’information » ni le droit de contester la décision dudit médecin. Ils seront tenus à l’écart afin qu’ils n’exercent aucune « pression » sur le malade pour contrecarrer son projet euthanasique. Le malade sera mis en quarantaine euthanasique, coupé de ses proches. Est-ce là une loi de fraternité ? Non. Quant aux délais ? Un délai de grâce de 15 jours sera respecté. Aussitôt après, si confirmation, dans les deux jours, la solution létale pourra être donnée. Ces délais sont d’un mois en Belgique et de trois mois au Canada. La « clause de conscience », elle, se fera au cas par cas et est refusée aux pharmaciens, aux établissements en tant que tels.

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Est-ce cela que vous voulez ? Non. Reconnaissez-le ! Alors, soyez dignes de vos scrupules. Je le dis aux abstentionnistes (35 lors du dernier examen) qui ne peuvent pas cautionner par défaut ce qu’ils refusent. Cette lâcheté-là n’est pas digne d’un député ! Je le dis à ceux qui ont voté « pour » à contrecœur en espérant que le texte serait amélioré. Il n’en est rien. Lors du dernier vote, la majorité était très faible. Il suffit qu’une trentaine de députés qui se sont laissé faire la dernière fois aient le courage de voter « non ».

Vous voyez bien, messieurs et mesdames les députés, qu’on est loin de cette loi d’unanimité et de fraternité souhaitée à l’origine. Le président s’y était engagé. Maintenant, plutôt que de suspendre son examen, il fait le forcing. Lui et Madame Braun-Pivet (elle aussi très active) exercent une pression sur vous. Que leur devez-vous quand le vote engage votre conscience ! Or, le premier ministre est contre – même s’il se laisse faire. Le Sénat est mordicus contre cette loi – même si sa majorité LR (avec Bruno Retailleau et Gérard Larcher) n’a rien fait, il y a quelques jours, pour examiner cette loi et retarde le processus législatif. La droite sénatoriale, étrangement, a fait acte de reddition. Les médecins de soins palliatifs aussi sont vent debout contre cette loi. Les institutions palliatives sont en crise de vocation face à « l’inacceptable ».

Ne vous laissez pas mener par le bout du nez. La souveraineté, c’est vous ! L’honneur de chaque député est engagé. Soupesez le pour et le contre et votez « en votre âme et conscience ».

Damien Le Guay

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Et puis soulignons le mépris pour les députés de la part de ceux qui mènent cette danse macabre. Pour eux, le vote des députés est acquis par tacite reconduction. Ils vous méprisent et vous disent « Votez ; on s’occupe du reste ». Ils vous prennent pour des moutons de Panurge. N’ont-ils pas déjà prévu un « cocktail de célébration » pour se réjouir du « cocktail létal » proposé. Un ministre (Laurent Panifous), censé être celui des « relations avec le parlement », a osé anticiper votre résignation et avait prévu de célébrer dans le champagne et les petits fours la joie de pouvoir se donner la mort. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait invité – ce qui montre bien sa partialité depuis le début – les membres de la « convention citoyenne » à venir, aux frais de la République, « célébrer » la mort à donner. Madame Claire Thoury, sa présidente, qui faisait semblant jusqu’alors d’être impartiale, vient de révéler au grand jour ses vrais engagements euthanasiques. Elle entache l’honneur de cette institution en quête de légitimité. Et quand le pot-aux-roses fut découvert, tout a été reporté à plus tard.

Tout dépend de vous. Ne vous laissez pas faire. Ne vous laissez pas mener par le bout du nez. La souveraineté, c’est vous ! L’honneur de chaque député est engagé. Soupesez le pour et le contre et votez « en votre âme et conscience ». Elles seules comptent.

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