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L'étudiant en deuxième année de médecine avait été mortellement percuté par un camion après un bizutage lors d'une soirée d'intégration alcoolisé.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 08:40 - Temps de lecture :
Le procès concernant la mort d'un étudiant en médecine après une soirée d'intégration alcoolisée à Lille en 2021 s'ouvre ce mardi, avec trois étudiants poursuivis pour bizutage ou complicité et l'Université de Lille citée à comparaître pour homicide involontaire.
Simon Guermonprez, 19 ans, admis en deuxième année de médecine à Lille, participait le 8 juillet 2021 à une soirée d'intégration. Déposé en Uber à l'issue de cette soirée au domicile de ses parents dans la métropole lilloise, le jeune homme se serait ensuite rendu sur un pont autoroutier. Il aurait pris un selfie avant d'être mortellement percuté par un camion circulant sur l'autoroute en contrebas, possiblement en tentant de récupérer son téléphone tombé sur les voies.
Le chauffeur routier qui l'a heurté sera jugé pour homicide involontaire. Deux étudiants comparaissent pour bizutage et une étudiante pour complicité de bizutage, avec incitation à la consommation excessive d'alcool. L'Université de Lille fait en outre l'objet d'une citation directe pour homicide involontaire et bizutage à la demande de la famille de Simon Guermonprez.
« Ingurgiter douze grosses seringues d'alcool »
« Ils ont fermé les yeux. Ils savent très bien qu'il y a des dangers dans ce type de soirée d'intégration », déplore le père de la victime, Daniel Guermonprez, qui réclame des « sanctions » afin que de tels faits « ne se reproduisent pas ». Selon lui, l'un des objectifs imposés lors de la soirée était « d'ingurgiter douze grosses seringues d'alcool ». « On comprend que, quand il est déposé devant la maison, il est complètement désorienté », ajoute-t-il, interrogé peu avant le début du procès.
Dans un communiqué, l'Université de Lille a souligné que le décès de Simon Guermonprez avait « bouleversé » l'ensemble de la communauté universitaire. Elle affirme avoir « toujours condamné les pratiques de bizutage » et s'être « toujours engagée dans la prévention des risques liés à la consommation d'alcool ».
Après ce drame, un rapport de l'IGESR (Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche) avait pointé « une passivité institutionnelle » de l'Université de Lille concernant ces soirées d'intégration. L'accueil des futurs étudiants en deuxième année de médecine à Lille par ceux de troisième année a « continué à avoir lieu au vu et au su de tous », relevait ce rapport remis en 2022 au ministère de l'Enseignement supérieur. Pourtant, ces soirées ont déjà été « le théâtre d'événements graves » et sont officiellement interdites par la faculté de médecine depuis 2012, souligne la même source.


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