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L’Association du transport urbain du Québec (ATUQ), qui regroupe les 10 plus grandes sociétés de transport en commun de la province, invite les partis politiques à dire concrètement comment ils entendent donner suite aux engagements pris durant la présente campagne électorale. Elle prévient que, sans un financement stable et prévisible, les réductions de services seront inévitables.
Réunis à Québec dans le cadre du colloque annuel 2026 de l’ATUQ, les présidents des sociétés de transport ont tenu à rappeler aux formations politiques les défis auxquels ils font face, tels que le vieillissement des infrastructures, le manque de main-d’œuvre et l’absence d’un financement adéquat.
Le président du conseil d'administration de l'ATUQ, Edmond Leclerc, a mentionné que plus de 40 % des infrastructures de transport collectif au Québec sont jugées en mauvais ou en très mauvais état et que plus de 700 autobus ont dépassé leur durée de vie utile.
Services menacés
Celui qui est également président de la Société de transport de l'Outaouais (STO) a précisé que les besoins en maintien des actifs sont évalués à 20 milliards de dollars d’ici 2036. Pourtant, aucun financement gouvernemental n’est prévu pour l’exploitation des réseaux de transport en commun au-delà de 2028, a rappelé M. Leclerc.
Sans engagement financier clair et durable, des services devront être réduits. Des lignes d'autobus pourraient être coupées et des usagers pourraient devoir renoncer à un mode de transport dont ils dépendent pour aller travailler ou étudier, a-t-il mis en garde.

Edmond Leclerc (au centre) a présenté les demandes de l’ATUQ aux partis politiques. Il était notamment accompagné du président du RTC, Yannick Fauteux (à gauche), et de la mairesse de Brossard, Doreen Assaad (à droite).
Photo : Radio-Canada
Le président du conseil d’administration de l’ATUQ se réjouit de voir que les partis politiques reconnaissent l’importance du transport collectif et s’engagent à le financer, mais encore faut-il que leurs intentions se matérialisent.
Ces engagements sont importants, mais le véritable test commence maintenant. Ils devront se traduire en décisions concrètes et en un cadre financier qui permet aux sociétés de transport de planifier l'avenir, a-t-il insisté.
Incertitude perpétuelle
Les membres de l’ATUQ ont articulé leurs demandes aux partis politiques autour de deux priorités. La première consiste à mettre en place un cadre de financement d’une période de cinq ans pour l’exploitation des services normaux et adaptés.
Nos organismes de transport ne peuvent pas planifier leurs activités ni maintenir la qualité de leurs services d'une année à l'autre dans l'incertitude perpétuelle. Ils ont besoin d’un horizon stable pour assurer la continuité et la fiabilité de leurs réseaux partout au Québec.
Le financement à long terme est non seulement nécessaire pour maintenir les réseaux actuels, mais aussi pour développer l’offre de services, a souligné le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Yannick Fauteux.

À lui seul, le RTC estime avoir besoin de 1,8 milliard de dollars d'ici 10 ans pour maintenir et bonifier ses infrastructures. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nicolas Perron-Drolet
C’est d’autant plus vrai dans la région de Québec, où les prévisions de croissance démographique d’ici 2051 sont les plus élevées de la province.
Investir dans le transport collectif doit devenir une priorité. C'est la clé pour lutter contre la congestion, réduire les coûts de vie des Québécois et des Québécoises et, pour ce faire, il faut s'assurer de rendre attrayant le transport en commun qui va nous permettre de nous débarrasser d'une voiture sur deux, par exemple, en périphérie, a fait valoir M. Fauteux, qui siège également au conseil d’administration de l’ATUQ.
Pour lui, prévoir le financement des sociétés de transport sur une période de cinq ans est un minimum.
La vétusté, un frein au développement
La seconde priorité des membres de l’ATUQ est de financer adéquatement le maintien des actifs et le renouvellement des parcs d’autobus urbains.
Yannick Fauteux a fait remarquer à ce propos que 50 % des autobus du RTC avaient plus de 10 ans, et 25 %, plus de 15 ans. Le parc de la société de transport a besoin de plus de 245 autobus hybrides d’ici 2032. L’arrivée du tramway ne suffira pas à elle seule à répondre à l’ensemble des besoins sur le RTC, a prévenu son président.
Certes, oui, le projet de TramCité, c’est une bonne nouvelle, ça va devenir notre colonne vertébrale, mais il ne faut pas freiner notre développement et négliger nos actifs d'ici là, a soutenu M. Fauteux.

Les principales sociétés de transport du Québec estiment qu’elles devront investir 20 milliards de dollars dans le maintien de leurs actifs d’ici 2036. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
On ne peut pas demander aux organismes d'offrir un service moderne et fiable avec des véhicules et des infrastructures vieillissants, a résumé Edmond Leclerc.
Effet sur le coût de la vie
Il voit par ailleurs dans le financement du transport collectif un outil puissant pour réduire le coût de la vie. Un abonnement annuel de transport en commun représente une économie potentielle de plus de 10 000 $ par année pour un ménage qui choisit de renoncer à sa voiture, a-t-il avancé.
M. Leclerc a ajouté que les services de transport en commun soutenaient plus de 28 000 emplois au Québec et contribuaient à rendre les régions plus attrayantes pour les travailleurs et les investisseurs.
Des arguments qui trouvent écho dans le colloque annuel 2026 de l’ATUQ, qui se déroule sous le thème Investir en transport collectif pour assurer la prospérité du Québec. L’événement se tient mercredi et jeudi au Hilton Québec.


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