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Les élus de Sherbrooke ont rejeté à majorité l’idée d’imposer une limite de vitesse de 40 km/h dans les quartiers résidentiels, mardi soir, au cours de la dernière séance du conseil municipal avant les vacances d’été. Ils annulent ainsi la décision de l’ancienne administration, qui avait choisi d’abaisser progressivement la vitesse afin de renforcer la sécurité des citoyens.
La raison principale : le coût de la mesure. 2,6 M$ auraient été nécessaires pour installer de nouveaux panneaux un peu partout dans la ville. Or, le contexte budgétaire difficile ne permet pas une telle dépense, selon la mairesse, Marie-Claude Bibeau, qui avait déjà indiqué en campagne électorale être contre la diminution.
Elle promet plutôt de faire pression sur le gouvernement provincial pour que le Code de la sécurité routière oblige les automobilistes à rouler à 40 plutôt qu’à 50 km/h dans les zones d’habitation de toutes les villes du Québec. Avec ce changement, Sherbrooke n’aurait pas à piger dans ses coffres pour installer des panneaux de signalisation, puisque la nouvelle vitesse serait imposée d'office.
Marie-Claude Bibeau estime que placarder la ville de panneaux aurait peu d’effets sur les conducteurs aux mauvais comportements. Elle croit que les services municipaux doivent concentrer leurs efforts près des écoles et des intersections dangereuses pour les piétons et les cyclistes, en ajoutant par exemple des dos d'âne.

Les élus de Sherbrooke se sont réunis une dernière fois avant de prendre une pause estivale, mardi soir.
Photo : Radio-Canada / Éli Chamberland
Il faut investir chaque dollar là où il y a le plus grand risque et où on a le plus d’impact sur la réduction de la vitesse, a-t-elle résumé en entrevue à l’hôtel de ville.
Opposition
Le passage de la vitesse de 50 km/h à 40 km/h dans les rues résidentielles était prévu dans le cadre de la Politique de sécurité routière, adoptée en septembre 2025 par l’équipe de l'ex-mairesse, Évelyne Beaudin. Laure Letarte-Lavoie, Catherine Boileau et Fernanda Luz, membres de Sherbrooke citoyens qui ont participé à l’élaboration de la politique lors du dernier mandat, ont été les seules élues à s’opposer à la marche arrière.
La représentante du district de Brompton, Catherine Boileau, a rappelé que des experts et des citoyens avaient été consultés et que de longues discussions avaient eu lieu pour établir cette politique. Elle est par ailleurs persuadée que Québec est fermé à l’idée de modifier le Code de sécurité routière, ce qui explique pourquoi des villes comme Montréal sont allées de l'avant.
La conseillère du district de l’Hôtel-Dieu, Laure Letarte-Lavoie, a souligné qu’il fallait arrêter de remettre au lendemain la diminution de la vitesse à proximité des habitations.
Pourquoi repousser encore une décision que la grande majorité des grandes villes québécoises ont déjà prise? [...] On est parmi les seules trois villes sur les 50 plus grandes villes du Québec à ne pas avoir encore agi sur la vitesse dans les rues locales. C’est vraiment gênant, a-t-elle déploré.
À réévaluer plus tard
Laure Letarte-Lavoie a évoqué l’accident survenu plus tôt dans la journée sur la rue King Ouest, alors qu’une citoyenne de 81 ans, fauchée par un véhicule, s’est retrouvée gravement blessée. Ce ne sont pas des statistiques dont on parle aujourd’hui, ce ne sont pas des principes, ce ne sont pas des scénarios hypothétiques, ce sont de vraies personnes, de vraies familles, de vraies vies.
Plusieurs élus ont souligné leur malaise de voir le dossier complètement abandonné. Visiblement irritée, la mairesse a suggéré que les élus étudient chaque année la possibilité de diminuer la vitesse dans les quartiers résidentiels, un compromis qui a permis de récolter une majorité d'appuis. Le sujet devrait donc revenir à la table du conseil en novembre 2027.


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