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À compter de la rentrée 2027, les écoles primaires ne pourront plus utiliser les résultats scolaires des élèves dans le processus de sélection des programmes pédagogiques particuliers (PPP). Au secondaire aussi, les écoles devront favoriser d’autres critères pour assurer un « accès équitable » à ces profils d’enseignement.
Dans une lettre déposée jeudi à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, vient modifier les modalités de sélection des PPP, souvent des programmes de sports études, arts études ou de concentration musique, par exemple.
Dès 2027-2028, « au primaire, les organismes scolaires devront mettre fin à l’utilisation des résultats scolaires comme mécanisme de sélection pour l’admission à un projet pédagogique particulier, un profil ou une concentration », écrit-elle.
Au secondaire, la ministre annonce « une démarche de révision concertée des critères et conditions d’admission ». Son but ? De « réduire ou d’éliminer, lorsque cela est possible, les critères fondés sur la performance scolaire et de privilégier des mécanismes favorisant un accès plus équitable aux projets pédagogiques particuliers ».
Pour le « plein potentiel » des enfants
Dans sa lettre, la ministre LeBel souligne que Québec accompagne les centres de services scolaires « dans la mise en place de pratiques favorisant une plus grande ouverture des projets pédagogiques particuliers à l’ensemble des élèves ».
« Chaque enfant doit avoir la possibilité de développer son plein potentiel », plaide l’élue. Elle réclame un suivi au sujet des nouvelles orientations d’ici la fin de l’année scolaire 2026-2027.
La lettre de la ministre de l’Éducation suit un engagement qu’elle a pris au parlement le 10 décembre 2025. Les élus avaient alors adopté une motion qui reconnaissait « les effets négatifs sur les élèves que peuvent avoir certaines pratiques de sélection au sein du réseau d’éducation québécois ».
Sonia LeBel s’était, par le fait même, engagée à « entamer une réflexion au sujet des “critères imposés dans certaines écoles publiques” pour sélectionner les élèves ». Elle devait livrer les résultats de sa réflexion avant la fin de l’année scolaire en cours.
La Presse avait alors révélé que des écoles secondaires privées exigent de voir le bulletin de 4e année du primaire pour sélectionner des élèves.
Un effet de « l’école à trois vitesses »
Divers groupes dénoncent, depuis des années, les inégalités qui persistent dans la réussite scolaire entre les garçons et les filles, de même qu’entre les élèves fréquentant une école privée, ceux suivant un PPP dans un établissement public ou encore ceux inscrits dans une classe ordinaire.
Ce système, souvent appelé « école à trois vitesses », est notamment critiqué parce qu’il éloigne le Québec « du droit d’accéder à la même qualité d’éducation pour tous les élèves », pour citer le professeur Pierre Canisius Kamanzi, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.
Le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a aussi observé que le taux de décrochage des garçons est le plus élevé (à 27,1 %) dans les écoles publiques dites « ordinaires ».
Les élus de la Coalition avenir Québec rejettent le concept d’école à trois vitesses. L’ex-ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, avait notamment affirmé au Devoir en 2023 que « la thèse sur l’école à trois vitesses a un biais idéologique ».


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