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Lors du panel économique du Canada Atlantique vendredi dernier, l'idée d'un système d'électricité régional intégré pour les provinces de l'Atlantique a été présentée comme un enjeu d'importance.
La question avait déjà été abordée lors de la réunion des premiers ministres canadiens à Charlottetown, en juillet dernier.
Au cours de cette rencontre, les premiers ministres de l'Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ont signé un protocole d'entente non contraignant, s'engageant à collaborer à l'élaboration d'une feuille de route régionale pour le transport de l'électricité d'ici le printemps prochain.
Un élément clé de ce protocole d'entente prévoit que les trois provinces étudient la possibilité de créer un gestionnaire de réseau indépendant à l'échelle des Maritimes.

Le premier ministre prince-édouardien Rob Lantz (à gauche) et la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt (à droite), lors du Conseil de la fédération, le 23 juillet 2026, à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard.
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese
L'idée d'un réseau électrique régional intégré est défendue depuis des années par le Centre d'action écologique d'Halifax.
Lorsque nous prenons des décisions concernant la stabilité du réseau jusqu'en 2050, ces initiatives de planification doivent tenir compte des ressources disponibles dans les Maritimes, a déclaré Thomas Arnason McNeil, coordonnateur principal de l'énergie au sein du Centre, au micro de Mitch Cormier, animateur de l'émission This is PEI, à la radio de CBC.
Il est encourageant de constater que nous entamons ces discussions dès maintenant, avant d'aller trop loin. Je suis convaincu que ce projet peut se concrétiser rapidement, d'autant plus qu'il est urgent de le faire, précise Thomas Arnason McNeil.

Thomas Arnason McNeil est coordonnateur principal de l'énergie au Centre d'action écologique, à Halifax. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julie Sicot
Le protocole d'entente souligne que la demande en électricité est en hausse, le gouvernement fédéral prévoit un doublement de la consommation d'énergie d'ici 2050. Les provinces maritimes visent aussi une plus grande efficacité grâce au partage des ressources.
Un exploitant indépendant du réseau énergétique serait totalement indépendant des gouvernements et des entreprises de services publics d'électricité. L'objectif est qu'il agisse dans l'intérêt des consommateurs d'électricité, et non pour celui d'entreprises privées à but lucratif, comme Nova Scotia Power, Énergie NB ou Maritime Electric, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Un camion de Maritime Electric, le 27 septembre 2022 à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard.
Photo : CBC / Kirk Pennell
L’exploitant indépendant prendrait également les décisions concernant la meilleure façon de produire cette énergie, par la construction de nouvelles lignes de transport ou par la production d'électricité à partir de sources éoliennes, solaires ou de stockage par batteries.
La Nouvelle-Écosse a lancé son propre gestionnaire de réseau indépendant l'an dernier, transférant certaines responsabilités de la compagnie d'électricité privée à une nouvelle entité sans but lucratif. Le gestionnaire de réseau indépendant prend progressivement en charge de nouveaux projets de production d'énergie et les décisions relatives à la répartition de l'électricité.

Le quartier général de Nova Scotia Power, une filiale d'Emera, sur la rue Lower Water, dans le port d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 17 janvier 2026.
Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve
On va examiner l'ensemble du système et se dire : "Bon, soyons clairs, où faut-il construire des centrales électriques? Où faut-il construire des lignes de transport? Comment prendre des décisions qui servent au mieux les intérêts des consommateurs de toute la région?", a déclaré Thomas Arnason McNeil, du Centre d’action écologique d’Halifax.
Selon Thomas Arnason McNeil, un gestionnaire de réseau indépendant permet également de prendre des décisions concernant l’électricité qui ne sont pas perçues comme étant en conflit d'intérêt.
Un projet similaire en Nouvelle-Angleterre
Afin de trouver des exemples de fonctionnement d'un gestionnaire de réseau indépendant, Thomas Arnason McNeil affirme qu'il n'est pas nécessaire de chercher bien loin : il y en a un juste au sud de la frontière des Maritimes.
ISO New England est une entité indépendante responsable du réseau électrique et du marché de gros de l'électricité pour la majeure partie des six États de la région, soit une zone comptant 15 millions de clients.
Créée en 1997, elle organise les flux d'énergie entre fournisseurs et consommateurs, minute par minute, mais aussi sur le long terme. Son rôle est de coordonner la production et la consommation d'électricité de ces États.
Nous nous projetons sur 10 ou 20 ans et essayons d'anticiper nos besoins afin de garantir l'approvisionnement et l'équilibre, non seulement dans les cinq prochaines minutes, mais aussi dans les cinq prochaines années, explique Matt Kakley, responsable des relations médias et de la communication stratégique d'ISO New England.

ISO New England est un réseau régional d'électricité indépendant et sans but lucratif, dans les États américains du Maine, du Vermont, du New Hampshire, du Connecticut, du Massachusetts et du Rhode Island. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Steven Senne
L'organisme à but non lucratif est financé par une taxe sur les transactions d'énergie de gros, donc l’achat et la vente d’électricité en grande quantité, a-t-il expliqué.
Il ne perçoit donc aucun revenu sur les tarifs d'électricité des marchés dont il est responsable. La concurrence sur ce marché de gros contribue également à maintenir les tarifs d'électricité à un niveau bas pour les consommateurs.
Il est chargé d'élaborer des plans à long terme (plusieurs décennies) pour l'offre et la demande d'électricité, ainsi que pour les infrastructures de transport.
Si une partie de la région connaît une forte croissance démographique, il est essentiel de s'assurer que cette portion du réseau puisse répondre à cette nouvelle demande d'électricité. Nous veillons à ce que tous les acteurs partagent une vision commune de la situation actuelle et des perspectives d'avenir, a déclaré Matt Kakley.
Quant aux Maritimes, Thomas Arnason McNeil sait que la mise en place d'un réseau énergétique régional prendra du temps, mais il se réjouit que les discussions aient commencé.
D'après un reportage de Stephen Brun, de CBC


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