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Les priorités de la C.-B. pour la réhabilitation sismique des écoles

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Le budget 2025 de la Colombie-Britannique prévoit 4,6 millions de dollars sur 3 ans pour la construction ou la réfection sismique d'écoles. Trois écoles francophones et des dizaines d'autres appartenant aux conseils scolaires anglophones sont en attente de financement. Comment la province est-elle arrivée à sa liste de priorités, et doit-on s'inquiéter pour la sécurité des écoles en attente de travaux?

Éléments de réponse avec Andy Mill, un ingénieur qui a plus de 20 ans d'expérience dans le Programme d'atténuation sismique (PAS) scolaire en Colombie-Britannique.

Comment une école est-elle déterminée comme à risque?

Trois facteurs clés :

  1. Emplacement : Les écoles sont réparties par zones géographiques en fonction du risque appelé aléa sismique. Par exemple, il n'y a pas de risque à Kelowna ou à Fort St John.
  2. Type de structure : Généralement, si l’école a été construite durant les 20 dernières années, elle reflète les normes actuelles de construction et elle n’a pas besoin de figurer sur la liste.
  3. Type de sol : Le bâtiment est-il construit sur du roc ou sur un sol qui peut amplifier les secousses?

Lorsqu’une école a été définie selon ces paramètres, les équipes formées au Guide de modernisation parasismique, comme celles de la firme David Nairme + Associates, à North Vancouver, se rendent sur place.

Nous procédons à une évaluation visuelle, en plus d’examiner tous les dessins possibles, explique Andy Mill, ingénieur et chef d’exploitation de la firme.

Le spécialiste travaille sur le renforcement parasismique des écoles depuis 20 ans et fait partie du comité au sein de l’association Engineers and Geoscientists BC, qui conseille la province depuis autant de temps sur son processus d’évaluation.

Ensuite, nous effectuons une analyse et nous déterminons le risque en fonction de la capacité de l'école, du type de construction et de la capacité de la structure à limiter les mouvements afin d'éviter l'effondrement. Et c'est ainsi que nous établissons des priorités.

Carte de la Colombie-Britannique avec dégradé de rouge à jaune pour montrer le niveau de risques liés à un événement sismique important. Les côtes sud et centrale sont en rouge ou orange foncé.

La carte d'aléa sismique n'a pas changé depuis 2015.

Photo : Ressources naturelles Canada

Andy Mill explique aussi que, depuis des changements apportés au Code du bâtiment en 2015, ce dernier est à la pointe des connaissances scientifiques en la matière.

Ce que nous avons appris des séismes récents, c’est que l'amplitude du mouvement du sol est beaucoup plus importante que ce qu’on croyait auparavant.

Les régions proches de la zone de subduction de Cascadia, comme l’île de Vancouver et Haida Gwaii, ont été réévaluées, et l’École Océane du CSF, à Nanaimo, par exemple, s’est ajoutée à la liste.

L’ingénieur souligne d’ailleurs que les méthodes d’évaluation de la province sont plus complexes sur le plan de l'analyse et plus précises que le modèle du Code du bâtiment. Cela permet alors, pour les plus vieilles écoles, de recommander des réfections parasismiques moins chères et tout aussi efficaces dans le contexte local.

Un programme parallèle, mais en tout point semblable, englobe les écoles dirigées par les Premières Nations.

Où le gouvernement en est-il dans sa liste de priorités?

La liste (nouvelle fenêtre) (seulement en anglais) classe 598 projets en fonction de leur état de progression. Durant les 15 dernières années, nous avons terminé la moitié des écoles les plus à risque, explique Andy Mill.

Projets financés : 23 (en construction, en voie d’être construit, ou en conception)

Projets terminés : 229 (CSF : 3)

Priorités futures : 247 (CSF : 3)

Comme l’École des Navigateurs appartient toujours au district scolaire de Richmond (SD38), elle n’est pas officiellement affichée dans le rapport d’étape de la province comme une école du CSF, même si elle fait partie de son plan immobilier.

Les projets répertoriés comme priorités futures dans le rapport d'étape du Programme d'atténuation sismique ont été identifiés par des experts comme présentant un risque sismique, explique une porte-parole du ministère des Infrastructures sans donner plus de détails.

Contrairement aux gouvernements précédents, le gouvernement néo-démocrate ne spécifie plus le niveau de risque des bâtiments qui doivent encore être remplacés ou rénovés.

En 2015, l’École des Navigateurs se classait dans la catégorie Élevé 2 (les structures vulnérables, les plus à risque en matière de dommages répandus ou de défaillance en cas de tremblement de terre), et l’École Anne-Hébert, à Vancouver, dans la catégorie Élevé 3 (des défaillances de certains éléments du bâtiment comme des murs sont probables, ce dernier ne sera probablement pas réparable après un séisme).

Qu’en est-il des projets qui n’ont pas encore été financés?

Je suis un parent et un grand-parent. Donc, je comprends très bien les inquiétudes, dit Andy Mill. Mais la barre est très haute.

Quand nous testons les écoles avec le modèle mathématique, et lorsque nous recommandons des rénovations, nous utilisons une amplitude de secousses équivalente au Big One.

La probabilité que ce tremblement de terre intense et dévastateur se produise le long de la zone de subduction de Cascadia varie en fonction des sources et de la magnitude modélisée. Ressources Naturelles Canada parle d'une échelle de 10 à 15 %, l'Université de la Colombie-Britannique, de 14 %, et l'État de l'Oregon, de 37 % (pour un séisme de magnitude 7,1 ou plus) dans un horizon de 50 ans.

D’un point de vue statistique, la méthode que le gouvernement emploie pour établir les priorités est rationnelle, selon Andy Mill, qui trouve que le fait de prendre le temps qu’il faut pour passer au travers de la liste est raisonnable.

Nous sommes en compétition pour des deniers publics avec tous ces autres projets qui relèvent aussi de la sécurité du public. Ces décisions se prennent au-dessus de ma tête, mais la liste comme telle n’est pas politique.

Pour les plus petits tremblements de terre, comme chez vous, à la maison, ce n’est pas la structure qui présente un danger, mais les objets qui ne sont pas fixés au mur, ou Operational and Functional Components (OFC), en anglais.

Andy Mill rappelle que le Programme d’atténuation sismique de la province est véritablement axé sur l’éventualité d’un séisme majeur, mais que, dans beaucoup de cas, la gestion des OFC a déjà été faite.

Avant de recevoir du financement, d’autres initiatives peuvent également être mises en place pour éviter le pire, comme connecter l’école à un système d’alerte. L'ingénieur souligne que c'est particulièrement efficace pour les bâtiments à un étage, comme l'École Anne-Hébert.

Comment fait-on le choix entre une réfection sismique et un remplacement?

Le budget 2025 comprend 4,6 millions de dollars sur 3 ans pour bâtir, rénover ou rehausser des écoles aux normes sismiques.

Le plan immobilier (nouvelle fenêtre) du CSF est clair : les trois écoles sur la liste doivent être remplacées, mais à des moments variables. Le CSF souhaite que les choses bougent dès cette année dans le dossier de l’École Océane, à Nanaimo. Le remplacement d’Anne-Hébert peut attendre l’année prochaine, en 2026-2027, tandis que le CSF ne planifie pas s’attaquer au projet à Richmond avant 2028.

Parfois, les ingénieurs vont recommander une réfection, et si elle coûte la moitié ou les trois quarts du prix d’une nouvelle école, et qu’on prend en compte les autres facteurs, comme la mécanique du bâtiment, par exemple, il peut être logique d’y aller pour un remplacement. Mais ce n’est pas nous qui prenons ces décisions, explique Andy Mill.

De la même façon, une rénovation sismique peut prendre en compte les autres besoins d’une école, par exemple l'agrandissement de certains espaces.

L'École Océane a par ailleurs fait l'objet d'un jugement favorable de la Cour suprême du Canada en 2020, qui devrait, en théorie, favoriser l'obtention d'une nouvelle école homogène M-12.

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