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Depuis le 1er octobre, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse impose une nouvelle taxe aux propriétaires de véhicules électriques et de véhicules hybrides rechargeables.
Les propriétaires d’un véhicule électrique doivent maintenant payer 500 $ tous les deux ans.
Pour un véhicule hybride rechargeable, ce sera 250 $ aux deux ans.
Les frais seront perçus au moment de recevoir ou de renouveler un permis pour un véhicule. Ils s’ajoutent aux frais habituels qui sont déjà exigés pour l’enregistrement d’un véhicule. Il n’y a aucuns frais supplémentaires pour les véhicules hybrides non rechargeables.
Ce prélèvement permet de faire en sorte que tous les propriétaires de véhicules contribuent aux coûts de construction et d’entretien des routes et autoroutes provinciales, affirme le gouvernement provincial sur son site Internet.

Le viaduc de l'autoroute 111 au-dessus de la rue Mackintosh, partie de l'échangeur de la rue Windsor à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 8 juillet 2026.
Photo : CBC / Brian MacKay
Les propriétaires de véhicules à essence contribuent à la pompe par l’entremise de la taxe provinciale sur les carburants, explique-t-on.
Juste part?
Tout ça, c'est beaucoup plus un symbole politique qu'une vraie mesure calculée, mesurée et réfléchie, estime Daniel Breton, président-directeur général de Mobilité électrique Canada, une association industrielle faisant la promotion de l’électrification des transports.
Quant à moi, c'est de la petite politique, déclare cet ancien ministre de l’Environnement du Québec.
Si on veut élargir la conversation [à l’entretien des routes], élargissons là vraiment et regardons l'impact des véhicules à essence et diesel sur la santé des gens, dit-il.

Des voitures font la file dans une zone de travaux à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 21 août 2026.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Pirottin
Il évoque les données de Santé Canada (nouvelle fenêtre), qui calcule que 1200 décès prématurés, 210 000 jours avec des symptômes d'asthme et 2,7 millions de jours avec des symptômes respiratoires aigus sont attribuables chaque année à la pollution atmosphérique liée à la circulation automobile.
Le coût socio-économique des impacts de la [pollution atmosphérique liée à la circulation automobile] sur la santé s'élève à 9,5 milliards de dollars par année, selon la valeur monétaire de 2015, selon Santé Canada.
Si on veut vraiment avoir une conversation [sur] l'impact des véhicules électriques versus les véhicules à essence, ayons la vraie conversation, plutôt que de juste dire [que] c'est parce qu'ils ne payent pas leur juste part lorsqu'il est question d'entretien des routes, renchérit Daniel Breton. Les véhicules à essence ne payent absolument pas leur juste part lorsqu'il est question de la santé des gens.

Daniel Breton est le président-directeur général de Mobilité électrique Canada. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Antonin Sturlese
Avec ces nouveaux frais, la Nouvelle-Écosse suit une tendance observée ailleurs.
Depuis 2025, l’Alberta exige 200 $ au moment de l’enregistrement d’un véhicule électrique.
La Saskatchewan a doublé sa taxe, la faisant passer en 2025 de 150 $ à 300 $. À compter de 2027, ce montant augmentera annuellement en fonction de l’inflation.
Le gouvernement du Québec imposera des frais similaires dès 2027, mais il seront de 125 $.
En entrevue samedi, Daniel Breton a rappelé que l’Alberta vient pourtant de suspendre le 1er octobre sa taxe provinciale sur l’essence.
Autrement dit, ils veulent avoir que les véhicules électriques qui vont contribuer avec leur taxe à l'entretien des routes, alors que ça représente un infime pourcentage du nombre de véhicules sur les routes en Alberta, déplore-t-il.
Le poids des voitures
Le président de l’Association des véhicules électriques du Canada Atlantique, Jérémie Bernardin, croit par ailleurs qu’il y a de la désinformation quant à l’impact du poids des véhicules électriques sur les routes.
Oui, une voiture électrique peut peser 300 à 400, ou même 500 livres de plus, mais c'est pas ces petites voitures-là qui causent le dommage sur nos routes. C'est les gros camions lourds, dit-il.
Daniel Breton n’hésite pas à qualifier de foutaise cette affirmation au sujet du poids des voitures.
Ce sont les véhicules lourds qui contribuent vraiment à la détérioration des routes, ce ne sont pas les véhicules [...] que ceux-ci soient à essence ou électriques, dit-il.
En retard sur le reste du pays
Au moment de l’annonce de cette mesure à venir le 1er octobre, le ministère des Finances de la Nouvelle-Écosse estimait que ces nouveaux frais ajouteraient 1,6 million $ dans les coffres de la province durant l’exercice financier 2026-2027 et 3,3 millions $ en 2027-2028.
Jérémie Bernardin, réplique que le pourcentage de véhicules électriques sillonnant la province est très bas, et que 90 % des véhicules qui y circulent sont à l'essence ou au diesel (nouvelle fenêtre).

Jérémie Bernardin est président de l’Association des véhicules électriques du Canada Atlantique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet
Si on regarde la flotte complète des voitures en Nouvelle-Écosse, c'est 1,2 % de tous les véhicules sur la route qui sont électriques. C'est très peu. C’est 5 % des ventes des voitures neuves qui sont électriques, note-t-il.
Selon Statistique Canada (nouvelle fenêtre), 5 % des immatriculations des véhicules automobiles neufs dans les deux premiers trimestres de 2026 en Nouvelle-Écosse étaient des électriques ou des hybrides rechargeables (1378 véhicules sur 27 442). C’est la moitié de l’ensemble du pays (101 924 électriques ou hybrides rechargeables, ou 10,7 % des 945 274 nouvelles immatriculations).
Summer Li, une conductrice de voiture électrique rencontrée samedi à Halifax, juge que ça n'a pas tellement de sens.
Quand les voitures électriques sont arrivées, il y avait tellement de rabais pour encourager les gens à en acheter, dit-elle. Nous l'avons achetée, et maintenant les politiques changent.
Elle redoute que cela n'aide pas la Nouvelle-Écosse à combler son retard. Au Canada, c'est déjà difficile de convaincre les gens d'essayer un véhicule électrique. Ils s'inquiètent pour la recharge, s'ils peuvent supporter la température. On est déjà beaucoup plus lent que beaucoup de pays [d'Europe et d'Asie], affirme-t-elle.
Jusqu’à 5000 $ de rabais du fédéral
Cette année, le gouvernement fédéral a déployé son nouveau Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques. Les consommateurs peuvent obtenir un rabais allant jusqu’à 5000 $ pour l’achat ou la location d’un tel véhicule. Si la province de résidence offre un rabais ou une remise du même genre, il est possible d’avoir les deux.
Or, le gouvernement progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse a, en 2025, laissé se terminer sans le renouveler le programme d’incitatifs mis en place en 2021 par le précédent gouvernement libéral, qui offrait aux Néo-Écossais de 1000 $ à 3000 $ pour un véhicule électrique ou hybride, neuf ou usagé.
Selon Daniel Breton, ça cannibalise un peu le travail que le gouvernement fédéral essaie de faire.
Je trouve ça extrêmement malheureux et malavisé de la la part du gouvernement [de la Nouvelle-Écosse] de faire un tel geste, qui est beaucoup plus d'ordre politique que d'ordre scientifique ou d'ordre écologique, dit-il.
D'après le reportage d'Héloïse Rodriguez


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