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Le Parti conservateur du Québec (PCQ) est pour l'éolien, mais ouvre la porte à freiner son développement si la population n'en veut pas. Dans Lotbinière-Frontenac, le député Renaud Labrecque rappelle qu'il faut en faire « plus que pas assez » en matière de consultation publique.
Que ce soit les gaz de schiste ou même les éoliennes, ça va être à la population à décider est-ce qu'on est ouvert ou pas à l'idée, affirme Renaud Labrecque, l’un des sept nouveaux élus conservateurs en Chaudière-Appalaches. Il a récolté 54 % des voix dans sa circonscription de Lotbinière-Frontenac lors du scrutin provincial.

Renaud Labrecque est député de Lotbinière-Frontenac.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Cette semaine, son chef Éric Duhaime s’est dit ouvert à assouplir la ligne de parti sur des enjeux locaux, prenant comme exemple les projets éoliens. S’il y a un enjeu local qui fait que ta population est contre, mais que le parti est plutôt favorable, c’est sûr que le député va pouvoir aller contre s’il y a pas d'acceptabilité sociale dans sa communauté, a-t-il déclaré.
Un problème de consultation
À la fois l’Union des producteurs agricoles (UPA) et le mouvement Vent d’élus déplorent justement l’absence de consultation en matière de projets éoliens à l'heure actuelle. Tous deux réclament la tenue d’un BAPE générique pour comprendre l’ensemble des impacts des projets plutôt que d'y aller au cas pas cas.

Plusieurs projets éoliens sont en cours en Chaudière-Appalaches et dans le Centre-du-Québec. En gris : les projets projetés. En orange : les projets en service.
Photo : Source: Hydro-Québec
Il n’y a aucune consultation qui est faite. Il y a des séances d'information qui […] sont des pitch de vente, déplore Jean-Pierre Ducruc, vice-président de Vent d’élus.
Ce dernier dénonce qu'Hydro-Québec se satisfait d'une résolution du conseil municipal pour mesurer l’acceptabilité sociale. Dans un contexte où les élus et les MRC sont souvent partenaires de ces projets éoliens.
Présentement, il n'y a rien qui mesure l'acceptabilité sociale. […] Ça se mesurerait si on faisait comme un référendum, mettons dans un coin, ou une municipalité, avance James Allen, président de l'UPA en Chaudière-Appalaches.
La mesure de l'acceptabilité sociale
Selon la spécialiste en matière d'acceptabilité sociale et professeure au Département des sciences administratives de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Alice Friser, un référendum peut être utile pour ces projets qui divisent souvent la population. L’acceptabilité sociale, c’est compliqué, c'est pas quelque chose qui se prend à la légère, prévient-elle.
Elle rappelle l'importance de sonder la population à différents moments du projet. Il peut avoir de l'opposition en amont d'un projet éolien, mais il peut avoir de l'opposition une fois le projet éolien construit, durant sa construction et même à l'occasion de son démantèlement, rappelle-t-elle.
Mme Friser insiste sur l’importance de rencontrer les citoyens de différents milieux, idéalement sous forme de consultation publique.
Il faut demander aux gens qu'est-ce qui ferait que le projet pourrait être plus acceptable, et à partir de là, évaluer si ça peut coller finalement avec les aspirations du milieu.
Reste à savoir si la population sera au rendez-vous en cas d'éventuelles consultations. S’il y a peu de participation, ça doit lever un drapeau rouge à quiconque qui fait cette consultation-là, prévient Renaud Labrecque.


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