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« Le médecin m’a dit que je ne vivrais pas longtemps si je ne commençais pas à perdre du poids », se souvient Pierrette Bellefeuille. À 70 ans, elle a atteint un objectif qu’elle poursuivait depuis sa jeunesse : perdre 130 livres (59 kg) et stabiliser son poids.
Pour cette résidente de North Bay, le déclic s’est produit au cabinet de son médecin. Souffrant de diabète de type 2 et d’hypertension artérielle, elle consommait quotidiennement une quantité importante de médicaments.
Puisant son inspiration dans le souvenir de sa mère décédée et en revoyant d'anciennes photos d’elle-même, Mme Bellefeuille a décidé de revoir sa routine de fond en comble.
Je ne me prive de rien […] Au lieu de manger trois hot-dogs, je n’en mange qu’un, accompagné d’une salade.
Consommation de boissons gazeuses réduite aux occasions spéciales, suivi rigoureux des repas, contrôle des portions : chaque habitude a été ajustée. Elle a également intégré l’entraînement physique à son quotidien, fréquentant le gymnase pour y faire de la musculation, du vélo stationnaire et du tapis roulant.
Cette démarche lui a valu le titre de Reine TOPS Ontario 2025, décerné par l'organisme Take Off Pounds Sensibly (Perdre du poids intelligemment). Ce prix récompense la personne ayant le mieux réussi à perdre du poids et à le maintenir sur une année civile complète.

Pierrette Bellefeuille attribue également une partie de son cheminement à l’encouragement reçu au fil des années. Les rencontres hebdomadaires chez TOPS lui ont offert une structure et des occasions de faire le point sur ses habitudes.
Photo : Offerte par TOPS Queen of Ontario
Au-delà de cette reconnaissance, ce sont les victoires du quotidien qui font sa fierté. Pierrette Bellefeuille parvient aujourd'hui à se lever d’une chaise sans s'appuyer sur les accoudoirs et marche avec nettement moins d’essoufflement.
Je vais travailler encore plus fort pour garder mon poids au niveau où je suis, affirme celle qui aurait aimé partager ce moment avec ses parents. Mon papa me voit du ciel, [il doit se dire] : There she goes, voilà, elle a accompli son but!
Une maladie complexe au-delà du contrôle individuel
Le parcours de Mme Bellefeuille s’inscrit dans un enjeu de santé publique. Selon Statistique Canada, environ 9,4 millions de Canadiens, dont 4,2 millions en Ontario, vivaient en situation d’obésité en 2023 et 2024, selon l’indice de masse corporelle autodéclaré et corrigé.
Toutefois, le parcours reste unique à chacun selon des experts.

Michelle Her rappelle que plusieurs facteurs peuvent influencer le poids.
Photo : Offerte par Michelle Her
L'obésité ne se résume pas à un manque de discipline personnelle et dépasse le contrôle individuel et les habitudes de vie, selon Michelle Her, diététiste à North Bay. Elle rappelle qu'il peut s'agir d'un trouble métabolique complexe.
Il y a tellement de facteurs différents qui affectent le poids, et nous pensons souvent : Oh, ils n’ont pas assez de volonté, explique Mme Her, ajoutant que les conditions financières, les longues heures de travail, l'accès limité aux aliments nutritifs et la génétique jouent un rôle déterminant.

Angelo Tremblay explique le rôle de la génétique dans l’obésité.
Photo : Offerte par Université Laval
Selon Angelo Tremblay, professeur émérite au Département de kinésiologie de l’Université Laval, l’hérédité expliquerait de 30 % à 50 % de l’obésité. Le profil d'adiposité, de graisse corporelle des gens, il est héritable, il dépend du bagage génétique que nous cèdent nos parents dans une proportion qui est plus ou moins variable.
De plus, selon lui, la réponse biologique aux changements d'habitudes varie considérablement selon les individus.
Ce ne sont pas des tricheurs, ce ne sont pas des gens qui manquent de volonté.
M. Tremblay précise que, dans 5 % à 10 % des cas, certaines personnes prennent même du poids malgré le respect d'un programme strict d'exercice et de nutrition. C’est compliqué l’obésité, puis c’est en même temps fascinant, résume-t-il.
Les médicaments : un outil parmi d'autres

Le 28 avril 2026, Santé Canada a annoncé l’autorisation d’une version générique du sémaglutide, devenant ainsi le premier pays du G7 à le faire.
Photo : getty images/istockphoto / imyskin
Quant aux nouveaux traitements pharmacologiques, comme les agonistes du GLP-1, comme Ozempic, Michelle Her rappelle toutefois qu’ils ne constituent pas une solution à eux seuls.
Le simple fait de prendre un GLP-1 ne va pas tout rendre parfait ou vous faire perdre du poids par magie. Cela doit être fait de manière réfléchie et en conjonction avec des habitudes de vie saines, une bonne nutrition et une augmentation de l’activité physique pour obtenir les meilleurs résultats et limiter les effets secondaires, souligne-t-elle.
Le professeur Angelo Tremblay souligne que certaines personnes souhaitent perdre du poids rapidement et peuvent être moins patientes. Toutefois, les objectifs peuvent varier selon les besoins et les difficultés rencontrées.
Si quelqu’un, par exemple, a des problèmes ergonomiques sérieux en raison de son obésité, ça peut être important de perdre 10 kilos, 15 kilos pour faciliter les flexions du tronc, ne serait-ce que pour attacher ses souliers, être capable de monter des escaliers, etc., explique-t-il.
Le professeur distingue par ailleurs l’obésité préclinique, caractérisée par un excès de graisse sans problèmes de santé associés, de l’obésité clinique, qui s’accompagne de complications. Dans ce dernier cas, explique-t-il, les médicaments peuvent être davantage indiqués, notamment lorsque l’obésité augmente les risques de diabète et de maladies cardiovasculaires.


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