A peine les manifestations pro-climatiques d’un tout récent week-end à Lausanne et Genève se furent-elles achevées qu’une poignée de mots et de signes se réveillèrent, dans mon esprit, de l’insignifiance où nos communautés les ont plongés. Tous concouraient directement, ou par les détours du mensonge et de la falsification tordue, au double crime que notre espèce commet contre elle-même et le vivant animal et végétal.
Il y avait là des vocables seuls et des locutions autonomes, des fragments du glossaire commercial et des logos industriels. Le premier me désignait, par l’expression des «ressources humaines» survenue dans les années 1990, à quel degré les individus de notre espèce ne se retiennent pas de chosifier leurs congénères avant de les écraser. On passait en effet du «personnel» au sein du monde économique, qui distinguait les êtres, pour basculer dans la notion du stock. C’est-à-dire de la chair d’usine ou de bureau, un peu comme on dit chair à canon pour les armées.


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