Fenêtres condamnées, murs recouverts de végétation, toitures qui s’effondrent. Dans cette banlieue résidentielle de Chiba, à l’est de Tokyo, les maisons à l’abandon font désormais partie du paysage. «Je vis dans une ville fantôme», soupire cette habitante d’une soixantaine d’années. Autour d’elle, les akiyas – ces «maisons vacantes» qui parsèment le Japon – ne cessent de gagner du terrain. Selon des statistiques datant de 2024, elles représentent désormais 13,8% du parc immobilier du pays, soit plus de 9 millions de logements. Un chiffre qui a doublé depuis 1973.
Toutes les akiyas ne racontent pas la même histoire. Le terme désigne en effet l’ensemble des propriétés vacantes au Japon, des résidences secondaires fermées une partie de l’année aux maisons définitivement abandonnées. Derrière ces 9 millions de logements inoccupés se cache une réalité préoccupante: près de la moitié de ces maisons sont laissées à l’abandon et nécessitent d’importants travaux face aux risques majeurs d’effondrement et d’incendie. Dans une volonté d’apporter une solution, le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’un dispositif qui permettrait, à compter du printemps 2027, d’accorder des prêts aux entreprises qui transforment les akiyas en logements pour les jeunes familles et les ménages à revenus faibles ou moyens.


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