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Quitter la Gaspésie pour obtenir une place en garderie plutôt que se priver d’un salaire : c’est la décision déchirante qu’ont prise Laurie Poirier et sa famille.
La résidente de Rivière-à-Claude et son conjoint songeaient à quitter leur cocon de la Haute-Gaspésie, faute de place en garderie pour leur fils dans ce secteur. Ils quittent finalement jeudi pour la région de Québec, où le bambin a obtenu une place.
Si on ne partait pas, je tombais sans salaire pour un minimum de six mois [parce que je restais à la maison], mentionne Laurie Poirier, bouleversée par la situation.
C’est dur de partir, même si c’est la solution qu’on doit choisir pour notre famille présentement.

Laurie Poirier s’implique aussi beaucoup dans sa communauté. Elle a été élue conseillère municipale de Rivière-à-Claude en novembre dernier. Elle est accompagnée de son petit Florent sur la photo. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Le CPE La Marée Montante, organisation qui chapeaute les services de garde entre Cap-Chat et Gros-Morne, se dit conscient des besoins sur son territoire, qui sont toutefois grandement affectés par la conjoncture économique, le manque de logements ainsi que les difficultés de recrutement.
On est conscient, autant dans le secteur est, qu’ici, à Sainte-Anne-des-Monts, qu’il y a un besoin. Il faut essayer de répondre à ce besoin, ce qu’on essaie de faire, mais les ressources ne sont pas toujours là , fait valoir la codirectrice du CPE, Mélanie Vallée.
Le CPE La Marée Montante compte deux installations en service de garde : une de 65 places à Sainte-Anne-des-Monts et une de 21 places à Cap-Chat.
Il compte aussi 20 garderies en milieu familial, où jusqu’à 164 places sont accordées par le ministère de la Famille.
Là où le bât blesse au chapitre du recrutement, c’est surtout auprès des travailleurs autonomes.
On a fait en janvier une annonce de recherche d’une personne qui souhaiterait éventuellement travailler en milieu familial, parce qu’on a de grands besoins, surtout dans l’est du territoire. On n’a toujours personne qui s’est manifesté, soutient la directrice adjointe à la pédagogie du CPE, Carole Utzschneider.
Les ressources, on les cherche et on se demande où elles sont.

La direction du CPE La Marée Montante observe un certain déclin du personnel intéressé à se lancer dans la gestion d'une garderie en milieu familial. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck
Mme Utzschneider constate que les jeunes éducatrices à l’enfance tendent de moins en moins vers les milieux familiaux, devant la charge de travail qu’ils représentent.
S’ajoute à cela la difficulté d’accéder à la propriété pour les jeunes, ce qui est nécessaire pour une éducatrice autonome, qui souhaite ouvrir un service de garde en milieu familial.
Aussi, certaines ressources ne viennent pas, parce qu’ils sont en recherche de logement et qu’ils ont besoin d’un endroit pour loger pour pouvoir travailler, mais ils ne trouvent pas. C’est un peu une roue qui tourne , déplore Carole Utzschneider.
Une logistique plus complexe
En décembre dernier, le Portail d’inscription aux services de garde a remplacé La Place 0-5, ce qui signifie que c’est le ministère de la Famille qui gère désormais la liste d’attente à l’échelle provinciale.
Si des bogues et failles ont déjà été remarqués en seulement quelques semaines sur la plateforme, la direction du CPE La Marée Montante confirme également que cette nouvelle mécanique est beaucoup moins fluide qu’auparavant.
C’était plus facile pour nous avant d’avoir un portrait global de la situation. Maintenant, on fait une demande, on nous envoie un nom, donc on ne sait plus combien il y a de personnes, de familles en attente sur notre liste, résume Mélanie Vallée.
On a un nom, on appelle le parent, qui prend un certain temps pour répondre, les familles veulent aussi visiter le CPE. Ce qui fait que les délais sont quand même assez longs et, si finalement le parent refuse, on doit refaire une demande de nom et recommencer le processus, ajoute Carole Utzschneider.
La directrice adjointe ajoute que ce changement de plateforme n’est pas plus simple pour les parents. C’est un peu éparpillé […] c’est compliqué et les mamans ne savent pas toujours à quelle porte cogner pour ça.
Expansion sous peu
Pour tenter de remédier à la situation, le CPE La Marée Montante mise sur un projet de développement de nouvelles places pour son installation de Sainte-Anne-des-Monts.
Le projet, accepté par le ministère de la Famille, vise à ajouter 21 places à la garderie annemontoise, ce qui en ferait une installation de 86 places. Ces places sont prévues pour 2027.


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