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« On peut collectivement faire mieux » pour contrer la violence faite aux femmes, dit Cathy Allen, coordonnatrice de l’organisme Alternative pour elles.
Depuis le 1er janvier 2026, déjà dix femmes ont perdu la vie au Québec dans un contexte conjugal. Aucune dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue, mais le nombre de signalements de situations préoccupantes est en considérable augmentation.
Nous avons eu une hausse marquée des demandes. Il y a 10 ans, on recevait environ 8 demandes par année pour des partenaires inquiets. L’an dernier, nous avons répondu à 70 demandes de la part de personnes disant s’inquiéter pour la vie d’une femme ou d’enfants, ou pour un homme qui pourrait commettre un suicide en contexte conjugal. C’est énorme, rapporte Cathy Allen.
C’est dans cette perspective que le comité Pas une de plus Abitibi-Témiscamingue a souhaité tenir une marche symbolique contre les féminicides, ce samedi 13 juin à Rouyn-Noranda, dans une volonté de solidarité et de mobilisation citoyenne.
Le comité organisateur, formé de plusieurs partenaires en prévention des violences, insiste pour rappeler que derrière chaque statistique existent des deuils.
On travaille fort en maison d’hébergement pour répondre aux demandes. On voit aussi des situations extrêmement préoccupantes, alors que nos maisons sont pleines. Tout ne se termine pas de manière dramatique ni par un féminicide, mais nous sommes là pour prévenir avant que ça escalade, insiste Cathy Allen.
C’est la deuxième fois qu’une marche est organisée en lien avec la violence conjugale à Rouyn-Noranda. La première s’était tenue en avril 2021, en pleine pandémie.

Des silhouettes représentaient des victimes imaginaires alors que des cartons noirs affichaient les noms des femmes assassinées depuis le début de l'année.
Photo : Radio-Canada / Annabel Ouellet
On refait une marche parce que des gens de la communauté nous ont demandé de faire quelque chose, pour ne pas rester silencieux. La marche se veut ouverte à tous parce que tout le monde peut avoir un rôle à jouer, souligne Cathy Allen.
Participants divers
Plus d’une centaine de citoyens et de citoyennes de tous âges ont pris le départ de la Place de la Citoyenneté et de la Coopération, à Rouyn-Noranda.
Onze femmes tenaient chacune une affiche portant le nom d'une victime assassinée en 2026. S'est ajoutée une victime ayant succombé en 2025, mais dont le meurtre a été reconnu cette année.
Je suis ici parce que je veux témoigner pour ces femmes qui ont disparu. C’est très touchant, puis il n’y a pas de mots vraiment. Si, au moins, on peut reconnaitre qu’elles ont été là, confie Nathalie Gauthier, les larmes aux yeux, tenant son affiche à deux mains.

Nathalie Gauthier tient une pancarte sur laquelle figure le nom d'une victime d'un féminicide survenu en 2026.
Photo : Radio-Canada / Annabel Ouellet
Stéphanie Coutu portait également l’une de ces affiches, en plus d’une silhouette représentant une victime imaginaire de violence conjugale, mais avec une inscription indiquant de réelles conséquences de cette situation. Je trouve que les femmes ont le droit d’être protégées, les femmes ont le droit d’être vues, les femmes ont le droit d’être entendues et elles ont surtout le droit de vivre en sécurité, affirme-t-elle.
Pour sa part, Réal Tousignant souhaitait lui aussi afficher sa solidarité à la lutte contre les féminicides. Je trouve que de la part d’un homme, et des hommes, c’est important d’assumer nos responsabilités, soutient-il.
Des avancées obtenues et à parfaire
L’Assemblée nationale a adopté en fin de session parlementaire la Loi « Gabie Renaud » destinée à mieux protéger les femmes contre la violence conjugale. Cette loi permet d’obtenir les antécédents en matière de violence chez un partenaire intime, mais les défis ne s’arrêtent pas là.
Il faut briser les stéréotypes de genre, mieux financer les maisons d’hébergement pour ne laisser aucun appel ou demande sans réponse. Pourtant, il existe en ce moment des listes d’attente, renchérit Cathy Allen.
La question du contrôle coercitif est considérée comme un angle mort. Il s’agit ici de comportements allant de la surveillance à l'intimidation, mais aussi des menaces ou de l’humiliation afin de garder une emprise ou dominer son partenaire.
On doit aussi renforcer les services d’aide pour les hommes en détresse, ça fait aussi partie des solutions, complète Cathy Allen.


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