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Les enjeux de ces nouvelles élections en Allemagne, à haut risque pour Friedrich Merz

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Près de quatre millions d’Allemands se rendent aux urnes ce dimanche pour deux scrutins régionaux qui pourraient affecter le chancelier, déjà très fragilisé.

Deux semaines après le score historique du parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) en Saxe-Anhalt, quatre millions d’Allemands ont à nouveau rendez-vous dans les urnes ce dimanche 20 septembre. Deux scrutins régionaux se jouent, l’un à Berlin, l’autre en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sur la mer Baltique.

Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures et le scrutin doit se dérouler jusqu’à 18 heures, heure à laquelle les premières estimations doivent être publiées. En amont des résultats, Le HuffPost fait le point sur les enjeux de ces nouvelles élections, à haut en risque en particulier pour le chancelier Friedrich Merz.

• La possibilité d’une nouvelle avancée de l’extrême droite

Selon les sondages, l’AfD devrait enregistrer de nouveaux gains dimanche et poursuivre son ascension dans les deux Länder, notamment en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, mais moins spectaculaire qu’en Saxe-Anhalt, où il ne lui manque que quelques sièges pour obtenir une majorité absolue.

L’extrême droite est créditée de 37 % d’intentions de vote en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, bien au-dessus du résultat des dernières élections (16,7 %), précise Le Monde. Le SPD est derrière à 35 %, tandis que la CDU est complètement distancée, frôlant dangereusement les 5 % nécessaires pour être représentée au Parlement régional.

Dans la ville-Etat de Berlin, la situation est bien différente car l’AfD n’est pas le premier parti en tête des sondages, mais il reste crédité de 18 % des voix, soit le double des dernières élections.

« Le parti sortirait ainsi vainqueur des élections, mais une majorité absolue, potentiellement envisageable en Saxe-Anhalt, lui resterait inaccessible à ce stade », nuançait Jeanette Süß, chercheuse au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l’Institut français des relations internationales (Ifri), début septembre au sujet de l’élection en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. « À Berlin, l’AfD ne prétend pas à une prise de pouvoir comme dans les deux autres Länder », ajoutait-elle.

• La crainte de nouvelles défaites pour le CDU

Ces élections sont également un nouveau test pour le CDU de Friedrich Merz, alors que l’AfD a déjà infligé, il y a deux semaines, une défaite retentissante au parti conservateur dans le Land de Saxe-Anhalt.

En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le CDU n’est ainsi qu’un spectateur du duel entre le SPD de la présidente de région, la populaire Manuela Schwesig, et l’AfD. Un effondrement du parti conservateur, crédité donc tout juste de 5 %, sous ce seuil serait une première historique.

Dans la ville-État de Berlin, la situation est également tendue pour la CDU, dont est issu le maire actuel et qui est au coude-à-coude avec la gauche radicale Die Linke (autour de 20 % chacun). Une défaite de la CDU y constituerait un nouveau camouflet, notamment pour le chancelier.

Signe de la fébrilité au parti, Friedrich Merz a convoqué une réunion de crise de celui-ci, qui se tiendra juste après l’annonce des premiers résultats. Le chancelier a également annulé son déplacement prévu à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies.

• Friedrich Merz joue sa survie politique

Face à de possibles revers électoraux, Friedrich Merz joue ainsi sa survie politique. La popularité du chancelier est au plus bas alors qu’il peine à adopter les réformes économiques promises avec ses partenaires de coalition sociaux-démocrates.

Au pouvoir depuis 16 mois, Friedrich Merz avait promis de relancer l’économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l’immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l’AfD. Si certains dossiers ont avancé, cela n’a pas freiné la progression de l’extrême droite.

La cote de popularité de Friedrich Merz oscille aujourd’hui juste au-dessus des 10 %, plombée par plusieurs gaffes ou propos qui ont pu heurter. « D’un point de vue personnel, la situation est assez dramatique », a analysé pour l’AFP le sondeur Roland Abold de l’institut de recherche Infratest Dimap.

« Dans notre dernière enquête en septembre, 13 % seulement se déclaraient encore satisfaits de son action politique. Ce sont les chiffres les plus bas que nous ayons jamais enregistrés pour un chancelier en exercice », a souligné le spécialiste.

Mercredi, huit chefs d’exécutifs conservateurs de régions ont déclaré que l’Allemagne avait besoin « plus que jamais de stabilité » sans pour autant nommer le chancelier. D’après Le Monde, les rumeurs autour d’un changement de chancelier ont repris depuis le 6 septembre et la victoire historique de l’AfD. En Allemagne, le chancelier ne peut toutefois être renversé qu’au moyen « d’un vote de défiance constructif », qui nécessite de proposer un successeur à la majorité absolue, a rappelé L’Express.

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