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Les cygnes risquent d’arriver avec un petit retard au Yukon

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Avec l’arrivée du printemps vient celle de cygnes qui se ravitaillent dans une baie du lac Marsh, à une quarantaine de kilomètres au sud de Whitehorse. La majorité de ces oiseaux migrateurs risque cependant d’arriver un peu plus tard que d’habitude et il se pourrait qu’ils soient… plus bruyants.

C'est du moins l'avis de Margaret Campbell, biologiste de la faune pour Environnement et Changement climatique Canada.

Comme l’hiver a été exceptionnellement froid au Yukon et que le temps printanier tarde, les plans d’eau restent gelés à plusieurs endroits. La plupart des cygnes mettront ainsi un peu plus de temps pour arriver, estime-t-elle.

Ces énormes oiseaux blancs au long cou, qui peuvent peser jusqu’à 11  kg, ont en effet besoin d’eau libre pour se nourrir. Ils sont des milliers à s’arrêter, notamment dans la baie M’Clintock du lac Marsh, où l’eau dégèle plus tôt qu’ailleurs au Yukon, pour se régaler de plantes aquatiques abondantes à l’abri de prédateurs.

C’est d’ailleurs près de cet endroit, au Centre d’interprétation du Havre des cygnes, que la plupart des activités du Festival des cygnes se tiennent, tout le mois d’avril.

Il y a toutefois peu d’eau libre en ce moment sur le lac Marsh, selon Margaret Campbell.

Migration par petites étapes

Deux espèces de cygnes traversent Whitehorse. Les plus nombreux sont les cygnes trompettes, dont la majorité de la population de la côte pacifique passe l’hiver sur l’île de Vancouver, dans la vallée du fleuve Fraser et dans l’État de Washington. L’été, ils migrent vers le nord du Canada ou l’Alaska. Les cygnes siffleurs, eux, passent l’hiver dans l’ouest des États-Unis avant de remonter vers la toundra de l’Arctique.

Les cygnes trompettes quittent leur lieu d’hivernage vers la mi-mars et ont déjà commencé à arriver au lac Marsh. Les cygnes siffleurs n’y arrivent généralement que vers la fin d'avril ou au début du mois de mai.

Les cygnes remontent lentement vers le nord, par petites étapes, en fonction de ce qui se présente, explique Margaret Campbell.

Ils sont patients. Si les conditions ne sont pas bonnes, ils restent à un endroit où il y a de l’eau libre pour se reposer, se nourrir et accumuler de la graisse.

Ils repartent, par exemple, poussés par un vent du Sud ou si un site devient trop fréquenté.

Au lac Marsh, où ils se ravitaillent en grand nombre, la biologiste s’attend à ce qu’ils soient entassés vu qu’il y a peu d’eau libre.

Ils seront probablement plus bruyants que d’habitude, parce qu’ils vont se chamailler avec leurs voisins, anticipe-t-elle.

Si les cygnes parviennent à se nourrir malgré la foule, ils resteront. Autrement, ils pourraient redescendre un peu vers le sud, vers Tagish, par exemple.

Ils sont très adaptables et robustes, dit Margaret Campbell, ajoutant qu’ils peuvent parcourir des centaines de kilomètres en une journée sans trop de difficulté.

Un lieu pour les observer, des activités pour en profiter

Le 1er avril dernier, 99 cygnes trompettes ont été dénombrés (nouvelle fenêtre) dans la baie M’Clintock du lac Marsh. La moyenne pour cette date depuis l’an 2000 – en excluant le nombre exceptionnel de 1200 cygnes lors du printemps hâtif de 2016 – est d’environ 80 individus, dit Margaret Campbell.

Le plus grand nombre de cygnes se voit généralement autour du 18 avril, avec jusqu’à 2000 oiseaux par jour. Le record en une seule journée est de 3075, atteint en 2019.

Un oiseau blanc flotte sur l'eau.

Un cygne trompette dans le télescope d'un biologiste au centre d'interprétation. (Photo d'archives)

Photo : Jukka Jantunen

Le Centre d’interprétation du Havre des cygnes offre d’ailleurs une panoplie d’activités pour profiter du passage des cygnes : défi vélo avec tirage, promenades guidées, visite audioguidée, ski, randonnées et observation au coucher du soleil, ainsi que des événements spéciaux comme des films, des ateliers, de la danse, des contes, de la musique et des activités familiales, énumère Karen McColl, spécialiste de l’observation de la faune pour le gouvernement du Yukon.

Même lorsque le centre est fermé, les visiteurs peuvent quand même s’y rendre, affirme-t-elle.

Des panneaux d’interprétation et un sentier en bord de rive permettent d’observer –et d’entendre– les milliers de cygnes, de canards et d’oies en migration. Une visite audioguidée est aussi offerte en tout temps : il suffit d’un téléphone intelligent pour lire les codes QR.

On offre aussi une nouvelle version de la visite audioguidée, ajoute Karen McColl. On l’a adaptée pour qu’elle puisse être écoutée en voiture, en route vers le centre. L’enregistrement dure 13 minutes et se télécharge notamment depuis le site web du gouvernement (nouvelle fenêtre).

La biologiste Margaret Campbell souligne la chance d’avoir au lac Marsh l’un des rares endroits pour observer une migration d’envergure.

Comme les cygnes risquent d’être regroupés faute d’assez d’eau libre, elle invite le public à leur laisser l’espace nécessaire pour se reposer et se nourrir.

Avec des informations d'Elyn Jones (nouvelle fenêtre)

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