Le fleuve Colorado doit son nom à l’espagnol, où « colorado » veut dire « rouge », en référence au sable et à la terre qu’il charriait en abondance. aujourd’hui, au fond du Grand Canyon, l’eau est claire et froide. Elle sort du barrage de Glen Canyon à une température restée autour de 8 °C pendant des décennies.
L’apport de sable en aval de Lees Ferry a chuté d’environ 94 %.
Le barrage se dresse près de Page, en Arizona, à environ 25 km en amont de Lees Ferry. Il a été fermé en 1963 : on a bouché les tunnels de dérivation et le lac Powell a commencé à se remplir. Depuis, ce réservoir piège les sédiments venus du haut du bassin, dont la baisse atteint environ 95 % toutes particules confondues. Pour le sable seul, le chiffre à retenir est d’environ 94 %, soit plus de 9 grains sur 10 qui n’arrivent plus dans le canyon.
À retenir
- Le barrage de Glen Canyon a réduit l’apport de sable d’environ 94 % depuis 1963.
- L’eau libérée par les turbines reste autour de 8 °C toute l’année.
- Les crues expérimentales de 1996 à 2023 ont permis de redéposer du sable sur les rives.
Sommaire
Une eau à 8 °C parce qu’elle vient du fond
Avant le barrage, la température du fleuve dans le Grand Canyon oscillait entre presque 0 °C en hiver et environ 27 °C en été. Les turbines, elles, aspirent l’eau en profondeur dans le lac Powell, là où elle reste froide. Elle est donc ressortie pendant des décennies entre 7 et 10 °C, soit environ 8 °C en toute saison, et les mesures à Lees Ferry donnent 8 à 12 °C.
Cette stabilité dépend pourtant du niveau du lac : quand il baisse, l’eau lâchée se réchauffe, jusqu’à 15 °C en 2021-2022. Le Bureau of Reclamation, l’agence fédérale qui gère l’ouvrage, a prévu des lâchers d’eau plus fraîche dès que le fleuve dépasse 60 °F (environ 15,6 °C) en moyenne pendant 3 jours consécutifs, au mile 30 en aval du barrage. Ce seuil a été atteint en 2025. Ces lâchers ont alors été menés du 12 août au 20 octobre.
Les crues d’avant 1963 ont disparu avec le sable
Le barrage n’a pas seulement coupé l’approvisionnement en sédiments. Avant 1963, les crues de printemps dépassaient souvent 100 000 pieds cubes par seconde, soit environ 2 830 m³/s. La crue moyenne annuelle est tombée d’environ 2 600 à 900 m³/s.
Sans ces coups de boutoir, les bancs de sable déposés dans les remous se sont érodés. Deux affluents en aval fournissent désormais l’essentiel du sable : la Paria, à environ 25 km du barrage, et la Little Colorado. Ils n’en apportent que 6 à 16 % par rapport à l’époque d’avant, au mieux environ 1 grain sur 6. Après un orage, la Paria peut encore teinter le fleuve en brun en aval de son arrivée.
1996 : le premier lâcher volontaire
Le 26 mars 1996, on a ouvert les grandes vannes du bas du barrage. Il s’agissait de la première crue expérimentale, à ne pas confondre avec les fortes lâchures de 1965 et de 1983 à 1986, qui n’étaient pas des expériences. L’objectif : soulever le sable du fond et le déposer en bancs sur les rives.
Dix heures ont suffi pour faire grimper le débit.
Il a atteint 45 000 pieds cubes par seconde, environ 1 270 m³/s, presque le maximum possible sans passer par les évacuateurs de crue. Il s’est maintenu 167 heures, soit près de 7 jours, puis il est redescendu jusqu’au 2 avril.
D’autres crues ont suivi en 2004 et en 2008, puis cinq entre novembre 2012 et novembre 2018. Elles ont fait gagner du sable à plus de la moitié des 44 sites suivis. La plus récente a eu lieu du 24 au 27 avril 2023.
Un lac à 22 % et des crues qui n’ont pas eu lieu
Celles de l’automne 2025 et du printemps 2026 n’ont pas eu lieu.
Fin août 2026, le lac Powell n’était rempli qu’à 22 % de sa capacité. Pour l’automne 2025, la paralysie budgétaire fédérale avait limité le personnel et la capacité de suivre l’expérience. Pour le printemps 2026, la décision d’y renoncer est venue après examen des ressources et des activités en aval. Le bilan sédimentaire a été reporté à la période comptable qui s’ouvre le 1er juillet 2026, avec un nouvel examen possible pour l’automne 2026.
La loi de 1992 sur la protection du Grand Canyon impose au ministre de l’Intérieur de gérer le barrage pour préserver les valeurs qui ont justifié la création du parc national. Les chercheurs du centre fédéral de suivi du Grand Canyon ont présenté des données montrant qu’un banc de sable typique est aujourd’hui plus petit qu’en 2016, année de finalisation du plan de gestion actuel.
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Sources : circleofblue.org | usbr.gov


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