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Profitez de vos dernières soirées Netflix, le fisc pourrait bientôt vouloir sa place sur le canapé.
5,5 centimes par giga : une taxe qui pourrait rapporter 10 milliards d’euros
Les députés socialistes ont trouvé une nouvelle assiette fiscale : les données qui circulent sur Internet. L’amendement n° I-1358, défendu par Laurent Lhardit dans le cadre du budget 2027, a été adopté par 11 voix contre 10, malgré l’avis défavorable du gouvernement et du rapporteur général.
Le principe est simple : chaque gigaoctet envoyé par un fournisseur de contenus vers les internautes français serait taxé à hauteur de 0,055 euro.
Google, YouTube, Netflix, Amazon ou encore les acteurs du jeu vidéo seraient concernés. Pour éviter que l’addition ne devienne astronomique, le texte prévoit un plafonnement à 15 % du chiffre d’affaires réalisé en France ou à 2 % du chiffre d’affaires total des entreprises concernées.
Les auteurs de l’amendement espèrent récupérer 10 milliards d’euros par an. De quoi donner quelques idées à Bercy, qui n’en manque pourtant pas lorsqu’il s’agit de chercher de nouvelles recettes.
🚨🇫🇷 FLASH | Si la taxe au giga octet est inscrite dans la loi, chaque téléchargement de GTA 6 pourrait être taxé à hauteur de 11,55€ pour Playstation, Microsoft, ou Steam, jusqu’à 15% de leur chiffre d’affaires en France. https://t.co/whoZzIJz60
— Cerfia (@CerfiaFR) October 30, 2026
Netflix et PlayStation : les abonnés risquent-ils de payer ?
Sur le papier, les particuliers ne sont pas directement taxés. La facture serait réglée par les entreprises qui diffusent les données. Les fournisseurs d’accès à Internet auraient simplement pour mission de mesurer les volumes transmis et de communiquer ces informations à l’administration fiscale.
Prenons un exemple : 100 gigaoctets de données représenteraient théoriquement 5,50 euros de taxe pour leur émetteur, avant application des plafonds. Pour 1 000 gigaoctets, le montant brut atteindrait 55 euros.
Une consommation importante de vidéos en haute définition ou le téléchargement de jeux volumineux pourraient donc générer des coûts supplémentaires pour les plateformes.
Et qui garantit que Netflix, Amazon ou les services de jeux vidéo ne répercuteront pas une partie de ces dépenses sur leurs tarifs ? Personne. Aucune augmentation automatique n’est prévue par l’amendement, mais une hausse des abonnements constitue un risque économique bien réel.
La question mérite d’autant plus d’être posée que les grandes plateformes ont déjà installé leurs abonnements dans le quotidien des Français. Une dépendance numérique que nous évoquions dans notre article sur le technoféodalisme et le pouvoir des géants du numérique.
Une taxe écologique, selon ses défenseurs
Les socialistes avancent deux arguments : rétablir une certaine équité fiscale entre les multinationales numériques et les entreprises traditionnelles, puis encourager les plateformes à réduire les volumes de données envoyées.
Une justification écologique qui mérite quelques explications. En taxant les volumes transmis, le dispositif inciterait les entreprises à mieux compresser leurs vidéos et à optimiser leurs infrastructures. Mais ses effets environnementaux réels restent à démontrer.
Les Français pourraient ainsi découvrir une nouvelle forme de sobriété numérique : regarder leurs séries en moins bonne qualité, pendant que le ministère des Finances compte les gigaoctets.
Une adoption loin d’être définitive
Le vote du 30 octobre ne signifie pas que cette taxe entrera automatiquement en vigueur en 2027. L’amendement a été adopté lors de l’examen du projet de loi de finances, mais l’ensemble du budget doit encore franchir plusieurs étapes parlementaires, notamment au Sénat.
Le dispositif pourrait donc être modifié ou supprimé avant l’adoption définitive de la loi.
Il rejoint néanmoins une longue liste de mesures fiscales discutées pour 2027. Le Média en 4-4-2 avait notamment évoqué le prélèvement envisagé sur les avoirs bancaires en déshérence.
Cette fois, la nouvelle ressource convoitée tient dans les films, les vidéos et les jeux que les Français téléchargent chaque jour.


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