Alors que Nadège Abomangoli a dénoncé ce week-end une "république malade" fabriquant un "racisme d'Etat", l'exécutif fait preuve d'un silence étonnant à ce stade. De quoi installer le doute au cœur même des institutions.
Ce week-end, environ 6.000 personnes étaient rassemblées à Saint-Denis contre le racisme. De nombreux ténors de LFI et des élus qui, selon Jean-Luc Mélenchon, représentent "la Nouvelle France", étaient présents, comme le député Eric Coquerel ou Nadège Abomangoli, première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Cette dernière a notamment dénoncé, micro en main, "un racisme d'État".
Un silence qui interroge
Une accusation très lourde, qui étonnement, n'a pas (encore) suscité de réaction de la part de l'exécutif. Nadège Abomangoli vise ainsi l'Etat dans son ensemble, du gouvernement au ministre de l'Intérieur, en passant par les préfets. Elle affirme aussi que les violences policières toucheraient "toujours les mêmes, les Noirs et les Arabes".
Une généralisation assumée. Parler de racisme d'Etat, ce n'est pas évoquer des faits isolés, mais accuser tout l'appareil républicain. Face à cela, une seule réaction, celle de l'Elysée auprès d'Europe 1 : "Nous avons toujours réfuté toute existence de racisme d'État".
Une réponse brève, sans condamnation directe des propos, et surtout, aucun autre membre de l'exécutif ne s'est exprimé à ce stade. Un silence qui interroge au regard de la gravité des accusations. Faute de réponse politique, le débat s'installe, et avec lui, le doute au cœur même des institutions.


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