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Après l'avancement de la phase 2 de LNG Canada, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a annoncé jeudi que le nouveau projet d'oléoduc reliant l'Alberta à la côte ouest, nommé Pacific Link, est désigné comme projet d'intérêt national. En pleine campagne électorale, ce projet controversé en Colombie-Britannique a retenu l'attention des chefs de partis.
Ce mégaprojet, pouvant atteindre 43,7 milliards de dollars, devrait accroître les exportations canadiennes d'un million de barils par jour vers l'Asie.
Le tracé de 1200 kilomètres relierait Bruderheim, en Alberta, au port de Roberts Bank, en Colombie-Britannique. Le Bureau des grands projets a déjà mené de vastes consultations auprès de plus de 130 communautés autochtones et du gouvernement britanno-colombien.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a expliqué son soutien au projet de pipeline vers la côte ouest depuis Fort McMurray, dans le nord de l'Alberta.
Photo : Radio-Canada / Vincent McDermott
Ce projet s'est heurté à beaucoup de résistance en Colombie-Britannique puisqu'il devrait traverser le nord de la province.
Des Premières Nations du nord-ouest de la province et le premier ministre sortant et chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), David Eby, ont à maintes reprises demandé le respect du moratoire sur les grands pétroliers.
Le chef néo-démocrate se félicite ainsi d'avoir non seulement forcé Ottawa à respecter le moratoire en évitant un tracé vers le nord-ouest de la Colombie-Britannique, mais aussi d'avoir mis la main sur une enveloppe de 20 milliards de dollars du fédéral.
La moitié de l'enveloppe servira à moderniser le terminal de Roberts Bank au port de Vancouver. L'argent sera aussi alloué à la construction du nouveau tunnel George-Massey.
Nous avons conclu une entente avec le gouvernement fédéral, un investissement de 20 milliards de dollars, un montant historique dans les infrastructures pour des projets britanno-colombiens destinés aux Britanno-Colombiens.
De son côté, le chef du Parti conservateur, Lorne Doerkson estime qu'il serait anticanadien de s'opposer au projet d'oléoduc de l'Alberta en temps de crise économique. Nous devons aider nos concitoyens canadiens à devenir plus résilients économiquement, a-t-il dit.
M. Doerkson estime que le pipeline serait une étape de plus vers l'acheminement du pétrole canadien sur le marché mondial, tout en renforçant la crédibilité énergétique de la Colombie-Britannique.
Néanmoins, le chef conservateur reconnaît que les inquiétudes sont nombreuses quant à l'impact que ce projet aurait sur l'environnement, notamment sur la mer des Salish.
Je mettrai sur pied un groupe de travail avec l'Alberta, Ottawa et les Premières Nations. Nous nous assoirons ensemble et nous veillerons à ce que chaque enjeu soit abordé afin que ce projet soit construit de manière sécuritaire et responsable. Protéger nos côtes et bâtir notre économie ne sont pas des objectifs incompatibles.

Le premier ministre canadien, Mark Carney, lors de l'annonce du nouveau pipeline Pacific Link.
Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos
Le nouveau parti, CentreBC, salue également la décision du gouvernement fédéral de désigner Pacific Link comme étant d'intérêt national.
Sa cheffe, Elenore Sturko, s'engage à injecter 60 millions de dollars supplémentaires dans la formation spécialisée si son parti est porté au pouvoir. Selon les estimations de l'Alberta et d'Ottawa, la construction de cette infrastructure énergétique pourrait créer environ 70 000 emplois en Colombie-Britannique.
Mais, contrairement aux conservateurs et à CentreBC qui y voient une question d'indépendance énergétique, la cheffe du Parti vert, Emily Lowan, souligne que 90 % du trajet des navires-citernes provenant de Roberts Bank traverse les eaux américaines.
Selon Mme Lowan, cela pourrait rendre le Canada vulnérable en pleine guerre commerciale.
Je suis profondément préoccupée par le fait qu'on présente cet oléoduc comme un bastion de notre souveraineté énergétique alors qu'en réalité, il dépend de la collaboration du gouvernement américain.
Le pipeline de Trans Mountain charge son pétrole à un terminal différent, mais Pacific Link et TMX devraient emprunter le même corridor maritime pour atteindre l'océan Pacifique.
Ce corridor maritime, qui traverse le détroit de Haro et le détroit de Juan de Fuca, est régi par des traités bilatéraux et le droit international de la mer. Légalement, les États-Unis n'ont pas le droit de bloquer un navire.
Emily Lowan ajoute aussi que les projets d'intérêt national sont développés et évalués selon des règles différentes de ce qui se produirait habituellement, ce qui permet au gouvernement, selon la cheffe verte, de limiter ou d'éviter l'application de l'ensemble des lois environnementales fédérales au Canada, y compris la Loi sur les espèces en péril.


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