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Le nombre de personnes qui lancent ou reprennent une entreprise à l’Île-du-Prince-Édouard a diminué, selon une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
Avant 2024, la tendance était plutôt positive, alors il y avait plus de créations d’entreprises que d’entreprises qui fermaient, explique le directeur de la FCEI pour le Canada atlantique, Frédéric Gionet. Depuis sept [trimestres] consécutifs, on voit un déclin.
Le directeur souligne qu'il y a eu dans la province 286 plus de fermetures que d’ouvertures d’entreprises entre janvier 2024 et décembre 2025. Selon lui, les séquelles financières de la pandémie de COVID-19, l’imposition de tarifs douaniers par les États-Unis, l’incertitude économique mondiale et le coût de la vie forcent plusieurs à se serrer la ceinture.
Quant à la création d’entreprises, Frédéric Gionet observe que les jeunes hésitent davantage avant de faire le saut, malgré leur enthousiasme.
Même s’ils ont plein d’idées [et] sont passionnés par l’entrepreneuriat, ils sont un peu craintifs [de] se saucer les orteils dans l’eau.
Ses données, tirées de sondages menés à l’Île-du-Prince-Édouard et de Statistique Canada, révèlent qu’un entrepreneur sur deux déconseille à la relève de se lancer en affaires.
De plus, le directeur régional de la FCEI note que 91 % des répondants jugent les coûts d’affaires trop élevés. Par ailleurs, près de 70 % déplorent le fardeau fiscal, tandis que 62 % estiment que la réglementation est trop contraignante.

Frédéric Gionet, directeur de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante pour la région atlantique, photographié à Charlottetown. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Tony Davis
Robert Maddix, gestionnaire en entrepreneuriat au Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) de l’Île-du-Prince-Édouard, observe que si le nombre de fermetures d’entreprises francophones demeure modeste, les entrepreneurs font tout de même face à des défis de taille.
Les propriétaires à la retraite peinent à trouver de la relève, alors que la main-d’œuvre manque dans différents secteurs à l’Île-du-Prince-Édouard, explique-t-il, citant également l’inflation comme facteur aggravant.
L’importance de préserver les entreprises
Puisque les petites et moyennes entreprises (PME) emploient près de 60 % de la main-d’œuvre au pays, Frédéric Gionet insiste sur l’urgence de les soutenir afin de renverser la vapeur.
Si on voit un déclin de l’entrepreneuriat, ce sont les entreprises de demain qui ne seront pas ici, affirme-t-il. Ça va amener un certain poids à l’économie, il y aura un gouffre à un moment donné.
Robert Maddix estime que l’entrepreneuriat vit une période de transition et souligne l’importance, pour les propriétaires, de bien évaluer la santé de leur entreprise.
[Ils doivent] regarder ce qu’ils peuvent faire pour diminuer leurs coûts et pour essayer de stabiliser leurs entreprises à court terme afin de remonter la pente pour essayer de survivre pendant une période difficile, dit-il.
Difficultés entrepreneuriales
Patrick Guindon, propriétaire du studio Creative Rebel à Montague, connaît bien les défis d'exploiter une petite entreprise dans la province. Son établissement, qu’il a fondé il y a trois ans, connaît une période de ralentissement.
C’est très silencieux, dit-il. Je suis assis ici tout seul la plupart du temps, pas mal toutes les fins de semaine.
La rareté de la clientèle et la hausse des coûts d’exploitation compliquent également son quotidien comme père de quatre enfants.
C’est vraiment décourageant et démoralisant, avoue-t-il. Je suis un ancien enseignant. J’envisage de me réinscrire comme remplaçant pour pouvoir nourrir ma famille.
La FCEI confirme que ces fermetures de PME à l’Île-du-Prince-Édouard s’inscrivent dans une tendance observée à l’échelle nationale.
Avec des renseignements de CBC


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