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France 08/09/2026 09:54 Actualisé le 08/09/2026 11:07
L’enquête Pisa, publiée tous les trois ans, livre des résultats inquiétants en France comme dans le reste des pays de l’OCDE.
Par Clément Giuliano avec AFP

PHILIPPE LOPEZ / AFP
Le niveau des élèves français continue sa dégringolade, selon l’enquête Pisa 2025 publiée ce mardi 8 septembre.
Des résultats qui continuent de plonger. D’après l’enquête internationale Pisa publiée ce mardi 8 septembre, le niveau des élèves français est le plus bas enregistré depuis la création de cette étude en 2000.
« La France est toujours dans la moyenne des pays de l’OCDE » dans les trois matières évaluées – mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences – mais « les scores sont de plus en plus bas », a expliqué Éric Charbonnier, spécialiste de l’éducation au sein de l’organisation internationale, lors de la présentation de cette étude réalisée tous les trois ans.
Par rapport à 2022, les résultats en science ont baissé de 4 points, en compréhension de l’écrit de 18 points, et en maths de 16 points. L’OCDE considère que 20 points représentent environ une année de scolarité.
Le bilan est « préoccupant mais ce n’est, hélas, pas une surprise », réagit le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, dans une interview accordée au Monde. Selon lui, les coupables sont les réseaux sociaux. « Je dis depuis des mois que les réseaux sociaux sont une arme de destruction intellectuelle massive, on m’a répondu que j’y allais un peu fort. Nous avons désormais la démonstration d’une corrélation étroite entre réseaux sociaux et niveau scolaire, avec à la clé un phénomène mondial d’appauvrissement des facultés de concentration et de mémorisation », fustige-t-il.
L’étude Pisa sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences des élèves de 15 ans. À chaque fois, un domaine est plus développé, les sciences cette fois-ci. Les exercices ont été soumis en 2025 à 6 500 élèves français dans 289 écoles.
Disparités sociales
Entre 2012 et 2025, les résultats ont baissé partout, passant en sciences de 499 points à 483, de 505 à 456 en lecture et de 484 à 458 en maths. Depuis 2015, l’écart de performance entre les élèves les plus favorisés sur le plan socio-économique et les plus défavorisés s’est réduit : les résultats des élèves favorisés ont diminué tandis qu’ils sont restés stables parmi les élèves défavorisés.
La performance en mathématiques a ainsi chuté de 22 points parmi les élèves les plus défavorisés et de 38 points chez les élèves favorisés. « Notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés », a pointé Éric Charbonnier.
En dix ans, le pourcentage d’élèves très performants a diminué en mathématiques (5 % des élèves en 2025, contre 11 % en 2015) et compréhension de l’écrit (5 % contre 13 % en 2015).
Autre source d’inquiétude selon l’OCDE : un tiers des élèves français ont de grandes difficultés pour la compréhension écrite. « Les élèves, en France comme dans beaucoup de pays, ont beaucoup plus de difficultés à répondre aux questions qui demandent des processus cognitifs complexes, de la réflexion, de la lecture de textes longs (400 mots), de la concentration », a souligné Éric Charbonnier.
Comprendre cette baisse
Peut-on imputer la baisse des performances aux seuls réseaux sociaux, comme le fait le ministre de l’Éducation ? Lors de la présentation de l’enquête l’OCDE s’est surtout inquiété du soutien des parents qui s’affaiblit, en particulier en France, « alors qu’ils ont un rôle à jouer dans la réussite des enfants » et de la baisse de la compréhension de l’écrit chez les garçons des milieux les plus favorisés, une nouveauté.
« Les parents français ont le réflexe de dire “Quelle note as-tu eu aujourd’hui ?”, et pas tellement “Qu’est-ce que tu as appris ?” », commente le ministre de l’Education dans Le Monde. « Or, le fait d’interroger son enfant à ce sujet est un élément de progrès scolaire majeur, l’étude le montre. Sans doute que le téléphone – celui des parents, cette fois – n’y est pas pour rien. »
« Est-ce parce que l’intelligence artificielle est plus entrée chez les familles favorisées ? C’est une des hypothèses qui méritent d’être mises sur la table », s’interroge pour sa part Éric Charbonnier, qui préconise une « utilisation modérée » du numérique à des fins pédagogiques. L’OCDE considère par ailleurs qu’il est difficile de mesurer les effets des réformes à cause de leur nombre et de leur « va-et-vient ».
L’étude met également en évidence des absences de professeurs plus fréquentes : en 2015, 17 % des chefs d’établissement déclaraient manquer d’enseignants, contre 45 % en 2025.
Une baisse générale
Maigre consolation : la baisse concerne l’ensemble des pays de l’OCDE. « Le décrochage global des performances, amorcé avant la pandémie de Covid-19, n’a fait que se confirmer entre les deux dernières enquêtes menées en 2022 et 2025 », souligne Le Nouvel Obs qui a décortiqué l’étude.
Et parmi les points positifs : les élèves français sont plus curieux que la moyenne et prennent plaisir à faire des sciences.


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