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À moins de 45 jours du référendum albertain portant notamment sur la possible séparation de la province du reste du pays, le monde des affaires passe à l'offensive.
Le Conseil albertain des affaires (BCA), représentant les plus grands employeurs de la province, a lancé une vaste campagne d'information pour exhorter la population à voter en faveur du maintien au sein de la fédération le 19 octobre prochain.
Pour le patronat albertain, la stabilité économique de la province est en jeu.
Le président du BCA, Adam Legge, a décrié les promesses des mouvements séparatistes, qualifiant de fiction l'affirmation selon laquelle une Alberta indépendante serait entièrement maîtresse de son destin.
Les facteurs ultimes qui détermineront si la séparation sera positive ou négative sont largement, voire entièrement, hors du contrôle de l'Alberta, a-t-il affirmé lors d'un point de presse mardi.
Selon lui, des enjeux comme la stabilité de la monnaie, les taux d'intérêt, les accords commerciaux et l'accès aux infrastructures de transport dépendent de forces extérieures à la province.
Des conséquences directes sur le quotidien de la population
Adam Legge soutient qu'une séparation entraînerait des années de négociations imprévisibles et complexes.
Pour les familles albertaines, cela pourrait se traduire par des hausses substantielles des taux d'intérêt hypothécaires et des prêts automobiles, ainsi qu'une baisse de la valeur des propriétés. Êtes-vous prêts à lancer les dés et risquer ce que vous connaissez et possédez aujourd'hui pour une incertitude absolue le lendemain d'un vote sur la séparation?, poursuit le président du BCA.
Bien que le milieu des affaires rejette fermement la sécession, il n'appuie pas pour autant le statu quo.
Adam Legge reconnaît que les Albertains ont des motifs légitimes d'être frustrés par le gouvernement fédéral à Ottawa. Il dénonce notamment ce qu'il qualifie de formule injuste et partiale de la péréquation.
De plus, il souligne que l'Alberta souffre d'un sous-financement chronique par habitant dans des secteurs stratégiques comme la défense nationale, la recherche postsecondaire, les arts et la culture.
Cette mise en garde est fortement appuyée par Gary Mar, président et chef de la direction de la Fondation Canada West. Selon lui, le scrutin du 19 octobre est l'un des votes les plus importants auxquels les Albertains feront face pour des générations.
Gary Mar trace un parallèle historique inquiétant avec le Québec des années 1980 et 1995. À la suite des référendums sur la souveraineté, les capitaux et les sièges sociaux ont quitté Montréal et ne sont jamais revenus. Il affirme que l'incertitude liée à la séparation albertaine provoquerait une fuite de capitaux similaire.
Sur le plan pratique, l'indépendance bousculerait le quotidien. Il n'y a aucune disposition de droits acquis pour qu'un passeport albertain soit traité de la même manière qu'un passeport canadien, rappelle Gary Mar.
De plus, les soins de santé ne seraient plus transférables : un Albertain visitant l'Ontario serait traité comme un ressortissant étranger et devrait payer ses soins de sa poche. L'incertitude planerait également sur la récupération des cotisations au Régime de pensions du Canada (RPC).
Une prise de parole au nom des grandes entreprises
La prise de position publique du Conseil albertain des affaires survient dans un contexte de relative discrétion de la part des dirigeants de grandes entreprises individuelles.
Interrogé à ce sujet, Adam Legge a évoqué une certaine hésitation de la part des compagnies de la province, qui comptent parmi leurs employés et leurs clients des personnes sympathisantes à la cause séparatiste.
Ces entreprises ont donc expressément demandé au BCA d'agir comme porte-parole pour défendre les intérêts du milieu des affaires.
La campagne du BCA, qui comprend des articles, des vidéos et des infographies diffusés sur ses canaux officiels, vise également à combattre l'apathie des électeurs.
Les sondages récents montrant une forte avance du camp du maintien dans le Canada pourraient inciter certains électeurs à rester chez eux.
Gary Mar dit que la mobilisation des séparatistes est très forte : Si seulement 40 % des Albertains votent, le camp du départ l'emportera. Mais si le taux de participation atteint 70 %, le camp du maintien a de bien meilleures chances de l'emporter.
Nous voulons encourager chaque Albertain à aller voter pour éviter qu'une faible participation ne favorise un résultat positif pour les séparatistes, conclut Adam Legge.
Avec les informations de Mia K. Bellemare


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