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Après son avortement en février, Mimi Deacon, de Whitehorse, a pu compter sur ses proches, mais affirme n’avoir pas reçu de soutien de la part du personnel médical.
Mimi Deacon est une travailleuse sociale qui a dû mettre fin à sa grossesse pour des raisons médicales. Son avortement chirurgical a eu lieu à la clinique Opal, la seule qui offre cette procédure au Yukon.
C’est en publiant son témoignage sur Facebook quelques mois plus tard que Mimi Meacon a pu constater que sa frustration concernant le manque de soutien au Yukon était partagée par de nombreuses autres femmes.
En fin de compte, Mimi Deacon a dû se tourner vers des ressources provenant de la Colombie-Britannique, car, au Yukon, celles-ci sont inexistantes.

Sigourney Whipple-Grantham travaille pour le Conseil du statut de la femme du Yukon.
Photo : Fournie par Sigourny Whipple-Grantham
Sigourny Whipple-Grantham, coordonnatrice de projet en matière de justice reproductive au Conseil du statut de la femme du Yukon, affirme que d’autres cliniques à travers le pays ont un ou une travailleuse sociale sur place, ou sont en mesure de diriger les personnes vers un organisme offrant des services adaptés.
C’est plutôt la norme d’avoir ces services de soutien intégrés, dit-elle. Il est important pour nous de rattraper le Canada en la matière.
En septembre, le Conseil du statut de la femme du Yukon a publié un rapport sur l’accès à l’avortement au territoire dans lequel sont présentés les résultats d’un sondage effectué auprès de 150 personnes. La moitié d'entre elles ont indiqué avoir subi un avortement.
Les commentaires anonymisés des participantes décrivent la façon dont elles auraient souhaité que se déroulent les choses.
L'un des souhaits mentionnés le plus fréquemment est l'accès à un accompagnement gratuit et pro-choix.
Cela m'aurait aidée de pouvoir en parler à quelqu'un avant et après. De savoir à quoi m'attendre, de comprendre ce que ressentent les femmes, comment elles vivent leur deuil, a écrit l'une d'elles.

La clinique Opal est située à même l'Hôpital général de Whitehorse. C'est la seule clinique offrant des services d'avortement au Yukon.
Photo : Radio-Canada / Dana Hatherly
Un accès rapide à des services gratuits de counseling est disponible au Yukon par l’entremise des Services de santé mentale et de gestion de l’usage de substances. Toutefois, ce service de consultation n’est pas spécialisé en avortement, souligne Justine Fair, médecin spécialisée en santé des femmes à l'Hôpital général de Whitehorse.
S’il existe aussi des lignes d'écoute téléphonique consacrées à l'avortement et à la santé sexuelle, ces services ne sont pas offerts en personne et ne sont pas spécifiques au Yukon, a précisé la Dre Fair. En ce qui concerne le soutien émotionnel, elle estime qu'il y a des améliorations à apporter.
Ce que nous [...] souhaiterions, ce sont davantage de ressources en avortement gratuites, spécialisées et résolument pro-choix. Ces ressources seraient utiles non seulement pour aider les femmes à prendre leur décision, mais aussi pour celles qui en ont besoin après un avortement.
Selon la Dre Fair, le manque de financement et d’espace rend ces changements difficiles. La clinique Opal est située dans l’hôpital de Whitehorse, et la Dre Fair affirme qu’il n’y a ni argent ni espace pour embaucher une personne de soutien.
Dans le rapport, une répondante du sondage indique que son processus de guérison a débuté après qu'elle eut raconté son expérience et s’être reconnue dans celles des autres.
C’est également ce qui a motivé Mimi Deacon à raconter son histoire. Pour elle, la décision d’avorter était empreinte de douleur.
Même si on peut reconnaître qu’un avortement est le meilleur choix pour nous, cela reste très dur et émotif. Notre système médical n’a pas la capacité pour ça en ce moment, j’ai l’impression, ajoute-t-elle.
Je ne pouvais pas imaginer ne pas parler de cette expérience, parce qu’elle était si profonde et elle a occupé une place très importante pendant si longtemps.
D'après un article (nouvelle fenêtre)d'Isabel Ruitenbeek


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