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Le gouvernement manitobain a octroyé 5 millions $ à l’organisme à but non lucratif St. Amant, qui propose des services pour les personnes autistes et leurs familles. Des parents d’enfants autistes souhaitent, toutefois, avoir un échéancier plus clair des services supplémentaires à venir.
Cet investissement représente la plus importante augmentation nette de la capacité de prestation de services liés à l'autisme depuis plus de 15 ans, affirme le président-directeur général de St. Amant, Ben Adaman.
Ces dernières années, nous avons vu une augmentation significative du nombre d’enfants qui obtiennent un diagnostic d’autisme au Manitoba.
Il explique que cette somme permettra de prendre en charge plus de familles plus rapidement, de réduire les listes d’attente et de construire des relations qui dureront des années.
Les financements visent, notamment, à fournir des programmes préscolaires aux enfants, afin qu’ils acquièrent les compétences nécessaires à leur entrée à l’école.
La capacité d’accueil des programmes qui concernent les enfants d’âge scolaire sera, quant à elle, doublée.
Un autre financement de 1,7 million $ servira à construire une troisième maison de répit dans la province. Elle sera ouverte 24 h sur 24 et offrira des possibilités d’hébergement de nuit, ainsi que des programmes thérapeutiques pour les enfants aux besoins de soins complexes.
Enfin, les diagnostics posés par des pédiatres de proximité seront désormais pris en compte afin de permettre aux enfants d’accéder plus tôt aux services de soutien et réduire les délais d’attente.
Les familles face aux délais
Sonia Belkahla est la mère d’une petite fille autiste de 4 ans, et la cofondatrice du collectif FACE Manitoba, un groupe pour parents d’enfants autistes et personnes autistes francophones au Manitoba.
Elle se réjouit des annonces de financement, car elle fait face à des listes d’attente excessivement longues pour la prise en charge de sa fille.
La mère de famille déplore, toutefois, l’absence d’échéancier clair pour la mise en place des nouveaux services.
On ne sait pas encore quand on pourra en bénéficier, dit Sonia Belkahla.
Sa fille se trouve sur la liste d’attente des programmes préscolaires de St. Amant et des Services aux enfants handicapés depuis cet été, et elle craint qu’elle n’obtienne pas de place avant son entrée à l’école.
Sonia Belkahla souligne particulièrement la difficulté d’accéder à des services en français pour les personnes autistes. J’ai cherché des ergothérapeutes dans le privé, ils étaient tous anglophones, confie-t-elle.
La mère de famille salue également la possibilité d’obtenir un diagnostic auprès d’un pédiatre communautaire, ce qui permettra une détection plus précoce, selon elle.
Là aussi, les listes d’attente sont très longues, c’est minimum deux ans, témoigne-t-elle.
Sonia Belkahla a finalement dû se tourner vers le secteur privé pour faire évaluer sa fille, ce qui lui a coûté 2500 $. Elle a fait cette démarche pour pouvoir accélérer le dépôt du dossier pour bénéficier des services de St. Amant.


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