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Le Manitoba interdit les communications privées entre enseignants et élèves

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Les textos et les messages privés entre le personnel enseignant et les élèves sont désormais dans le viseur du gouvernement manitobain. Une nouvelle directive, annoncée vendredi par la ministre de l’Éducation, Tracy Schmidt, interdit les communications individuelles sur les plateformes numériques non surveillées.

L’objectif : prévenir les inconduites professionnelles en imposant des limites plus claires aux échanges en ligne entre le personnel scolaire et les élèves.

Des communications au cœur de plusieurs dossiers

Cette décision découle d’un constat établi par la ministre lors de l’examen de dossiers disciplinaires.

J’ai constaté qu’un schéma récurrent se dégageait de la plupart d’entre eux : des communications inappropriées entre le personnel enseignant ou scolaire et les élèves, a expliqué Tracy Schmidt.

Elle ajoute que ces échanges favorisaient parfois un processus de conditionnement (grooming), soit une mise en confiance progressive susceptible de préparer des abus.

La commissaire à la conduite professionnelle des enseignants, Noni Classen, a fait part de cette préoccupation depuis son entrée en fonction. Elle estime que des limites professionnelles claires doivent s’appliquer rigoureusement aux communications numériques.

C'est une préoccupation majeure. C'est un sujet qui nécessite une intervention propre à soutenir les écoles et à clarifier les attentes.

Pour Tracy Schmidt, la règle de base est sans équivoque : Il n’y a jamais de bonne raison pour que ces communications aient lieu dans un cadre privé. La ministre soutient que les familles sont en droit de s'attendre à ce que les échanges avec le personnel concernent uniquement les activités scolaires et ne soient pas dissimulés aux parents ou à la direction.

Elle précise que cette annonce ne découle pas directement des révocations de certificats d’enseignement rapportées cette semaine, mais d’une réflexion plus large sur les problèmes systémiques relevés dans les dossiers d’inconduite.

Les textos et les réseaux sociaux visés

Concrètement, le personnel scolaire ne pourra plus communiquer avec les élèves au moyen de comptes personnels sur les réseaux sociaux, d'applications de messagerie privée ou de fonctions de clavardage, dès lors que ces outils ne sont ni surveillés ni approuvés par l’employeur.

La ministre se montre catégorique sur les textos : Les employés scolaires ne peuvent ni initier ni participer à ce type de communication en ligne.

Toutefois, elle reconnaît que ces outils sont pratiques, notamment pour organiser des activités sportives, mais affirme que la commodité ne l’emportera jamais sur la sécurité des élèves.

Des dérogations demeurent possibles pour répondre à des besoins particuliers liés à la sécurité, à l’accessibilité, au bien-être ou à l’apprentissage.

Celles-ci devront toutefois être préalablement autorisées par la direction scolaire, et les parents ou tuteurs devront obligatoirement participer aux échanges ou en être formellement informés. Les relations familiales ou personnelles préexistantes pourront également faire l’objet d’exceptions.

La commissaire à la conduite professionnelle des enseignants, Noni Classen.

La commissaire à la conduite professionnelle des enseignants, Noni Classen affirme que des limites professionnelles claires doivent s’appliquer jusque dans les communications numériques.

Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey

Application immédiate dans les écoles

La directive vise toutes les écoles financées par les fonds publics, y compris les établissements indépendants. Elle entre en vigueur immédiatement, et les divisions scolaires disposent jusqu'à la fin de l’année civile pour soumettre leurs politiques administratives révisées au gouvernement.

La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) accueille favorablement l'annonce provinciale, qui s'inscrit dans la continuité de ses démarches internes.

Selon son directeur général adjoint, Joel Mangin, la division élabore depuis l'an dernier une directive administrative encadrant les interactions entre le personnel et les élèves, dont le dévoilement est prévu au cours des prochaines semaines.

On avait déjà prévu de demander à notre personnel de ne pas utiliser des plateformes qui n’étaient pas approuvées par la DSFM, puis de ne pas communiquer avec des élèves par le biais des médias sociaux, explique-t-il.

La division entend néanmoins ajuster ses pratiques, particulièrement sur les plateformes pédagogiques partagées comme Microsoft Teams.

Reste à voir comment ces règles seront surveillées sur le terrain et quelles sanctions s'appliqueront en cas de manquement, le gouvernement n’ayant pas précisé les mesures disciplinaires prévues.

Pour le Manitoba, tout l’enjeu consistera à transformer cette interdiction en un mécanisme de protection efficace, capable d’intervenir en amont pour éviter que des échanges inappropriés ne dégénèrent.

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