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Le maire de la Municipalité régionale du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, défend sa décision d’écrire une lettre en appui à un club local de motocyclistes, dont les membres affichent sur leurs vêtements un symbole associé aux Hells Angels.
Le 6 juillet, le maire Cecil Clarke a écrit une lettre que lui avait demandé Celtic Crew MC, afin d’aider le club dans sa démarche pour louer une propriété appartenant à la municipalité.
J’ai le plaisir d’adresser cette lettre qui souligne les contributions positives et l'engagement communautaire continu de cette organisation, a écrit Cecil Clarke dans une lettre dont il a confirmé la véracité.
Avant de la rédiger, il affirme avoir communiqué avec la police régionale du Cap-Breton, pour s’informer sur ce groupe. Il n’y avait rien du tout qui pouvait causer une inquiétude, déclare le maire.
Numéro 81
Stephen Schneider, criminologue de l’Université Saint Mary’s, à Halifax, et spécialiste du crime organisé, soutient que le maire a commis une erreur, et que la police régionale du Cap-Breton aussi.

Cette photo partagée sur Facebook, mais depuis supprimée, montre des membres de Celtic Crew à l'extérieur du Centre 200, lors d'un événement pour souligner la fin de l'année scolaire, le 26 juin 2026, à Sydney.
Photo : Facebook
Je n’accuse pas du tout Celtic Crew d’être impliqué dans des activités criminelles, mais ils sont certainement un groupe de soutien aux Hells Angels, allègue Stephen Schneider. C’est clair et ils ne le cachent pas.
C’est un important faux pas de la part du maire, affirme-t-il, parce qu’il endosse ce club, en dépit de cette possibilité.
Des photos sur les réseaux sociaux montrent des membres de Celtic Crew dont les vestes sont décorées d’un écusson avec le numéro 81. Ce symbole est considéré comme une référence aux Hells Angels, dont les initiales, H. A., sont les huitième et première lettres de l’alphabet.
Pour des produits affichant le symbole 81 ou le message Support 81, il n’y a d’ailleurs nul besoin d’être liés à des motards, car ces produits sont facilement accessibles aux consommateurs (nouvelle fenêtre).

Stephen Schneider, criminologue de l’Université Saint Mary’s, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, est spécialiste du crime organisé. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Preston Mulligan
La police régionale du Cap-Breton aurait dû être au courant du port de ce symbole et de sa signification, dit Stephen Schneider. C’est un signe clair, insiste-t-il.
Le maire Cecil Clarke dit qu’il ne savait rien de l’écusson 81 avant que les journalistes ne lui en parlent. Ce symbole, déclare-t-il, est bien au-delà de tout ce que je connais ou dont j'ai connaissance.
Je n’ai aucune association, affiliation, communication ou quoi que ce soit d’autre avec qui que ce soit, hormis les personnes du Celtic Crew avec qui j’ai interagi à l’échelle locale, dit le maire.
Je le répète, j’ai exercé la diligence appropriée et fait les recherches nécessaires pour m’assurer qu’il n’y avait, localement, aucune préoccupation, ajoute-t-il.
Il n’y avait pas de raison de ne pas encourager un groupe qui s’engage dans des activités communautaires, qui aide les organismes à but non lucratif, les jeunes et d’autres initiatives, proteste Cecil Clarke.
Engagement communautaire
Le maire souligne qu’en plus de s’adonner à leur passe-temps, la moto, les membres du club aident la communauté. Le mois dernier, par exemple, ils se sont impliqués dans un événement au Centre 200, où des élèves célébraient la fin de leur année scolaire.
Cecil Clarke vante dans sa lettre la présence de Celtic Crew au Cap-Breton. Il écrit que ses membres consacrent du temps à des activités de bienfaisance et font la promotion d’un comportement responsable à moto. La dédication de ce groupe envers la camaraderie, le respect mutuel et le service communautaire rejaillit positivement sur l'ensemble de la communauté des motocyclistes, écrit-il.
La police ignorait
Stephen MacKinnon, chef par intérim de la police régionale du Cap-Breton, affirme qu’avant d’être questionné par les médias, il ignorait le lien possible entre Celtic Crew et Hells Angels.
Le policier raconte qu’il y a six ans, il a travaillé sur une intervention au Cap-Breton contre un club rival des Hells Angels. Il avance qu’à cette époque, il n’était pas inhabituel pour des groupes de motocyclistes de participer à des activités de financement pour des groupes communautaires.
Le criminologue Stephen Schneider observe que c’est une tactique qui existe depuis très longtemps.
Les Hells Angels et leurs groupes de soutien s’impliquent dans des activités charitables depuis des décennies, dit-il. Ça fait partie de leurs opérations de relations publiques pour essayer d’assainir leur image.
D’après le reportage de Tom Ayers, de CBC


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