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Les journaux papier reviennent en force en Gaspésie avec la relance de trois hebdomadaires imprimés des Publications gaspésiennes.
Si le retour du Pharillon (pointe gaspésienne) et de la Voix Gaspésienne (Matanie) a été annoncé il y a un mois, l’éditeur de journaux a officialisé mercredi la relance de l’hebdomadaire matapédien l’Avant-Poste.
La version papier du journal sera désormais distribuée par Postes Canada, à raison de 10 000 copies par semaine. Il avait été fermé en 2023, et ce, après 80 années d’existence.
Depuis le début de la pandémie, le lectorat des papiers avait baissé, avait beaucoup baissé. Et bizarrement, dans la dernière année, c’est le seul marché où on a senti une progression, soit une augmentation de 6 % du lectorat sur le papier, mentionne le vice-président information information et numérique des Publications gaspésiennes, Sylvain Desmeules.
Offrir un média papier, qui est près des gens, très ciblé et qui parle d’eux, de leurs enjeux locaux et régionaux, on pense que c’est la bonne recette.

Sylvain Desmeules est le vice-président information pour Les Publications gaspésiennes.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
M. Desmeules espère que le milieu des affaires sera au rendez-vous, notamment comme annonceurs. On a fait une tournée et on a rencontré beaucoup de monde à Gaspé, à Percé et à Amqui, qui saluent évidemment le retour. On leur dit qu’on revient, mais que c’est un investissement, fait-il valoir.
Par ailleurs, l’Avant-Poste aura de la compétition comme média papier dans la vallée, puisque le Journal Le Soir fait aussi le pari de relancer la version imprimée de son hebdomadaire.
Le journal sera distribué dans les MRC de Rimouski-Neigette, de La Mitis ainsi que de La Matapédia, ce qui réjouit la préfète de cette dernière MRC, Chantale Lavoie.
Des élus matapédiens avaient justement dénoncé, il y a quelque temps, le manque de médias dans leur secteur.
Maintenant, on a quand même une couverture intéressante sur les sur différents médiums, parce que c’est pas juste avoir des journalistes, il faut avoir des médiums aussi, lance Chantale Lavoie.
En mode papier, on avait moins ce média-là sur nos territoires, donc c’est une bonne nouvelle !

Chantale Lavoie est la préfète de la MRC de La Matapédia. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
À contre-courant ?
La résurgence des journaux papier dans la région présente une certaine anomalie et va à contre-courant de ce qui se passe dans le monde, selon des intervenants du milieu des médias.
L’information a plutôt le vent dans les voiles sur le web et les publications papier ont tendance à fermer ou à réduire leurs tirages, constate le professeur de journalisme à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Jean-Hugues Roy.
Certes, certains projets de médias imprimés naissent à quelques endroits sur le globe, ce qui laisse croire au professeur que les gens semblent rechercher de plus en plus des objets physiques et tangibles, plutôt que numériques.
Il semble y avoir, chez les plus jeunes, un attrait, un appétit pour l’analogique, qui est d’avoir un objet qu’on peut tenir dans nos mains, au-delà du téléphone, soutient-il, en précisant que le phénomène n’a pas encore été très étudié.
Je pense que ça démontre aussi que les gens ont besoin de savoir ce qui se passe autour d’eux autres. L’information est un besoin essentiel dans la vie des gens, et si ce besoin-là n’est pas rempli, on s’organise pour qu’il le soit. J’ai très hâte de voir comment ça va se passer.

Jean-Hugues Roy est professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Stéphanie Dupuis
La vice-présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Stéphanie Mac Farlane, abonde dans le même sens. Elle croit elle aussi que cette initiative va à contre-courant des tendances mondiales.
Mme Mac Farlane salue la décision des Publications gaspésiennes de relancer ces médias imprimés. Elle croit néanmoins que les gens de la région ont leur rôle à jouer dans ce revirement de situation.
Ce sera quand même un gros défi pour l’entreprise de faire perdurer le tout, mais le soutien de la communauté sera quand même vraiment important, parce qu’il y aura des coûts à absorber au niveau des copies papier et de la distribution, fait-elle valoir.
Présence dans la Baie-des-Chaleurs
Après le retour des journaux l’Avant-poste, la Voix Gaspésienne et le Pharillon, les Publications gaspésiennes veulent également faire revivre l’Écho de la Baie.
L’hebdomadaire qui traitait d’enjeux d’actualité dans la Baie-des-Chaleurs a cessé d’être publié il y a quelques années.
Pour l’instant, le projet ne vise qu’un journal disponible sur le web. On est en train de fabriquer le site internet en même temps que les trois autres, donc ça va être remis en fonction, assure Sylvain Desmeules.
M. Desmeules indique qu’il ne peut pas s’avancer sur une publication papier pour cet hebdo, mais qu’une publication commune avec le Pharillon pourrait être envisagée à moyen terme.


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