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Alimenté par les revenus de l’extraction du gaz et du pétrole, le plus grand fonds souverain du monde finance désormais un quart du budget de l’Etat norvégien. S’il a contribué à la prospérité du royaume et de ses habitants, son impact sur l’économie et la société fait aujourd’hui débat.

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Le terminal d’Equinor, la plus grande usine de liquéfaction de gaz naturel d’Europe, à Hammerfest (Norvège), le 31 janvier 2023. Le terminal d’Equinor, la plus grande usine de liquéfaction de gaz naturel d’Europe, à Hammerfest (Norvège), le 31 janvier 2023.

Sur le site du Norges Bank Investment Management (NBIM), filiale de la Banque de Norvège à Oslo, les chiffres défilent à toute allure. A la couronne norvégienne près, les Norvégiens peuvent suivre en direct la valeur de leur fonds pétrolier. Investi dans 67 pays et plus de 7 000 compagnies, il pesait près de 22 000 milliards de couronnes (2 030 milliards d’euros environ) début octobre et détenait 1,5 % de toutes les actions cotées de la planète, faisant de lui le plus grand fonds souverain du monde.

En 2026, le gouvernement de centre gauche y a prélevé 579 milliards de couronnes (54 milliards d’euros) pour financer ses dépenses, soit un quart de son budget. De quoi faire rêver les pays voisins qui se débattent avec leurs déficits publics.

Présentée comme le modèle à suivre pour tout pays se retrouvant soudain à la tête d’une immense fortune, l’aventure pétrolière norvégienne a des allures de conte de fées. Au début des années 1970, quand l’exploitation du gigantesque gisement d’Ekofisk en mer du Nord a commencé, beaucoup pourtant avaient des doutes, confie Knut Norheim Kjær, qui fut le premier gestionnaire du fonds de 1997 à 2008. A l’époque, « les économistes au ministère des finances étaient convaincus que si l’extraction générait un surplus pour le budget de l’Etat, les responsables politiques dépenseraient tout », dit-il, assis dans les bureaux de la société de gestions d’actifs, dont il est le directeur adjoint à Oslo.

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