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Le drapeau mi’kmaw flotte désormais devant l’École Champlain à Moncton

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Le drapeau de la Première Nation Mi’kmaq a été hissé pour la première fois en permanence sur le terrain d’une école du District scolaire francophone Sud.

Lundi, le projet d’une ancienne élève de l’École Champlain à Moncton s'est concrétisé sous les yeux de plusieurs centaines de jeunes vêtus de chandails orange, symbole de solidarité avec les survivants des pensionnats pour Autochtones au Canada.

Plusieurs élèves portant des chandails orange dans un gymnase scolaire.

Les élèves, membres du personnel et dignitaires de l'école ont d'abord assisté à une cérémonie à l'intérieur avant de se diriger vers l'extérieur pour hisser le drapeau.

Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau

L'élève Rafaële Légère, l’instigatrice du projet, est désormais en 11e année. Trois ans plus tôt, alors qu’elle fréquentait toujours l’École Champlain, elle a eu l’idée du drapeau tandis que sa classe parlait de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

On se demandait quelle action qu’on pourrait faire, puis moi j’ai regardé dehors, puis j’ai vu les drapeaux, puis je me disais : pourquoi il n’y a pas de drapeau mi’kmaw? C’est tu pas leur territoire?, se rappelle l’élève.

Rafaële Légère à l'extérieur devant l'École Champlain de Moncton.

Rafaële Légère a été surprise de l'ampleur que son projet a prise.

Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau

En tant qu’Acadienne, c’est important de faire la réconciliation. [...] Je veux être là pour continuer à défendre leurs droits et continuer de faire des projets avec eux, ajoute-t-elle.

Pour moi, ça démontre cette réconciliation

Nicole Porter, l’aînée de la communauté mi'kmaw d’Amlamgog (Fort Folly), explique que la collaboration de sa communauté avec Rafaële Légère démontre la volonté des jeunes d’en apprendre davantage sur l’histoire des communautés autochtones.

Mon cœur déborde de joie aujourd’hui, a-t-elle témoigné après la cérémonie.

Nicole Porter debout devant l'école Champlain.

L'aînée Nicole Porter explique ne pas avoir vraiment appris l'histoire de sa communauté lors de sa jeunesse. Elle dit être contente de voir les choses évoluer dans le bon sens.

Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau

Mme Porter se réjouit de voir qu’autant de jeunes ont pu participer à la célébration et en apprendre plus sur son héritage. Pour moi, ça démontre cette réconciliation, lance-t-elle.

L’aînée de la communauté a l’habitude de collaborer avec le District scolaire anglophone Est où pas mal toutes les écoles ont un drapeau mi'kmaw.

D’après elle, le District scolaire francophone Sud accuse un retard dans ce dossier.

L’enjeu des mâts

Les écoles du District scolaire francophone Sud ont trois mâts installés sur leurs terrains. Les drapeaux néo-brunswickois, canadien et acadien y flottent en permanence.

Du côté anglophone, trois mâts sont également la norme, mais seuls les drapeaux canadiens et néo-brunswickois y sont habituellement hissés à longueur d'année. Le troisième mât est donc libre et permet aux écoles de souligner des événements particuliers, comme la Journée de la vérité et de la réconciliation.

Une vingtaine de personnes sourient devant les quatre mâts.

L'École Champlain à Moncton se trouve sur les terres ancestrales des Mi'kmaq.

Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau

Selon la directrice de l’École Champlain, Mélanie Moreau, les enseignants de son école et le district font de plus en plus d’efforts pour mettre de l’avant l’histoire et la culture autochtone.

Toutefois, certains obstacles, comme le coût d’installation d'un mât, pourraient être retirés.

Mon souhait, c’est que, pour les futures écoles qui seront construites, que le mât soit déjà dressé devant l’école, propose la directrice.

Claire Johnson, ministre de l’Éducation, était présente à l’événement. Elle se dit certainement ouverte à explorer puis à évaluer cette possibilité.

Un projet en expansion

Au total, le projet aura coûté 10 000 $, ce qui comprend le mât additionnel, le drapeau et l’installation. C’est l’élève Rafaële Légère qui a rempli les demandes de financement auprès du programme Place aux compétences et du conseil d’éducation.

Je suis tellement contente. Je ne peux pas y croire. Je veux juste continuer ce projet dans le Nouveau-Brunswick si c’est possible, a-t-elle témoigné.

La prochaine école dans sa mire : l’école secondaire L’Odyssée, également à Moncton, qu’elle fréquente actuellement. Elle souhaite que le drapeau mi'kmaw soit installé sur le terrain de l’école en septembre 2027, alors qu’elle sera en 12e année.

Avec les informations d’Esther Chaumont-Goneau

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