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Le déficit de l’Île-du-Prince-Édouard s’est alourdi de près de 50 millions de dollars de plus qu’anticipé, selon une mise à jour économique de la province.
C’est dans un communiqué envoyé vendredi en fin d’après-midi que la ministre des Finances et de l’Abordabilité, Jill Burridge, a indiqué que le déficit projeté pour l’exercice financier 2026-2027 se chiffre désormais à 459,3 millions $. C’est 49,4 millions $ de plus que projeté en avril dernier.
Les résultats du deuxième trimestre révèlent une hausse de 101,3 millions $ des dépenses de fonctionnement du gouvernement provincial. Selon la ministre, elles sont principalement attribuables à la prestation des services de santé, au financement de certains programmes sociaux et à l’augmentation du prix des carburants.
Ensemble, la Commission scolaire de langue française (CSLF) et la Direction des écoles publiques de langue anglaise ont d’ailleurs prévu des dépenses supplémentaires de 30 millions $ liées aux coûts élevés du diesel et de l’huile à chauffage, souligne-t-on dans cette mise à jour économique (nouvelle fenêtre).

Santé Î.-P.-É. aurait dépensé une somme non budgétisée de 28,5 millions $ pour du personnel infirmier itinérant en 2024-2025, selon un rapport du vérificateur général en début d'année 2026. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Raquel Cunha
En revanche, les revenus du gouvernement ont surpassé les estimations du printemps dernier par 51,9 millions $. La province a perçu 19,4 millions $ de plus que prévu en taxes, comme celle sur le revenu des entreprises, et a reçu du fédéral 27,6 millions $ de plus qu’elle pensait recevoir.
La dette nette est projetée à 4,4 millions $, une baisse de 101,8 millions $ depuis les projections du printemps dernier. Le ratio de la dette nette par rapport au PIB est désormais 38,1 % plutôt que 36,4 %.
Santé
Les importantes dépenses de fonctionnement de la régie de la santé (Santé Î.-P.-É.) sont 74 millions $ plus élevées qu’anticipé, portant la somme totale projetée pour l’exercice financier à 1,316 milliard $.
Les pressions, les contrats pour des services médicaux provenant de l’extérieur de la province — l’Île-du-Prince-Édouard dépense des sommes importantes en personnel infirmier provenant d’agences privées — ainsi que pour les logiciels et l’équipement.
Les dépenses du ministère de la Santé et du Mieux-être doivent maintenant dépasser les 183 millions $ pour 2026-2027, soit environ 12 millions $ de plus que prévu.
À ce ministère, cela est entre autres dû à la couverture des médicaments sur ordonnance, à la prestation pour proches aidants à domicile, et aux coûts associés à la stratégie de santé numérique (dossiers médicaux électroniques, portails pour patients, soins virtuels).
Quant au ministère du Développement social et des Aînés, il anticipe une hausse de 4,3 millions $, principalement causée par les 5,3 millions $ supplémentaires qu’engendre l’augmentation du nombre d’adhérents aux programmes d’accessibilité pour les personnes ayant un handicap.
Emploi

Des personnes près d'un bureau de Service Canada, le 19 mars 2020.
Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson
Au 1er juillet 2026, la population de l’Île-du-Prince-Édouard était estimée à 182 989 résidents, une légère hausse de 0,8 % comparativement à un an plus tôt.
De janvier à septembre, la population active était composée de plus de 103 000 personnes, en hausse de 2,3 % comparativement à la même période en 2025. Pendant ces mois, le taux de chômage sur l’île s’est chiffré à 7,7 %, une baisse de 0,7 % en un an.
Les revenus d’emploi ont connu une croissance de 7,1 % qui a dépassé la projection de 4 % faite en avril dernier. Un résident de l’Île-du-Prince-Édouard gagne en moyenne 1181 $ par semaine. Il y a un an, c’était 1123 $.
Construction résidentielle

Deux travailleurs sur un toit en construction à Charlottetown le 1er octobre 2020.
Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur
La construction résidentielle a commencé à ralentir en ce début de troisième trimestre, après un très fort troisième trimestre en 2025 et un bon début d’année, selon la province. Il y a eu 1442 nouvelles mises en chantier de janvier à septembre 2026, contre 1451 au cours des mêmes mois en 2025.
Cette tendance reflète un déclin de 5,4 % des maisons individuelles, tandis que les mises en chantier d’habitation à logements multiples sont en hausse de 1,2 % jusqu’à maintenant cette année, souligne le ministère des Finances.
Alcool, jeux et cannabis

Des clients font la file devant un magasin de cannabis à Charlottetown. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur
À un peu plus de 19 millions $ pour 2026-2027, l’excédent net consolidé d'Alcool Î.-P.-É. sera 2,2 millions $ moins élevé que prévu dans le budget d’avril, indique le ministère des Finances. Maintenant estimé à 16,8 millions $, celui de la Commission des loteries de l’Île-du-Prince-Édouard sera 1,5 million $ plus bas.
Celui de Cannabis Î.-P.-É. est revu 321 000 $ à la hausse, pour dépasser les 3 millions $ cette année.
Agriculture, pêche et exportations

Un homme passe un sac de patates de l'Île-du-Prince-Édouard par la fenêtre d'une voiture, à Ottawa. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
De janvier à août, les exportations de l’Île-du-Prince-Édouard vers les marchés internationaux ont augmenté de 7,2 %. Cela représente 118 millions $. Cette performance, selon la province, s’explique largement par une croissance de 68 % dans la catégorie "réparations" des transactions spéciales commerciales.
Une fois cette catégorie précise exclue, les exportations ont en fait diminué de 0,3 %.
La province souligne que la production agricole continue de ressentir les effets de la sécheresse de l’été 2025.
Les recettes monétaires agricoles ont augmenté 3,5 % de janvier à juin.

La pêche au homard dans zone 26A, qui comprend les ports de Victoria-by-the-Sea jusqu’à Souris. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nancy Russell
Dans le secteur des pêches, le poids des captures de homards est en baisse de 8 % et la valeur des captures est inférieure de 350 millions $ à ce qu’elle avait été l’année précédente — une baisse de 1,4 %.
La province ne partage pas de données au sujet de l’industrie ostréicole, mais rappelle dans sa mise à jour que la culture des huîtres fait face aux effets sévères de deux maladies à déclaration obligatoire qui affectent actuellement ces mollusques — la maladie de la sphère multinucléée inconnue (MSX) et la perkinsose (aussi appelée maladie dermo).
Tourisme
Malgré 24 % moins de touristes arrivés sur des bateaux de croisière, les secteurs du voyage et de l’hôtellerie se dirigent vers une autre année record à l’Île-du-Prince-Édouard, selon le gouvernement.
De janvier à septembre, l’achalandage est en hausse dans le transport aérien (+7 %), sur les traversiers (+10 %) et sur le pont de la Confédération (+5 %).
De janvier à juillet, les touristes ont dépensé 2,9 % pour l’hébergement, en route vers une année record.
L'achalandage est en hausse en avion, en voiture et en traversier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur
L’économie demeure bien positionnée à l’aube de 2027, malgré le niveau élevé d’incertitude qui découle des risques géopolitiques et des défis démographiques, affirme le ministère des Finances et de l’Abordabilité dans cette mise à jour économique.
Une forte croissance des salaires, conjuguée à la poursuite des gains en matière d’emploi, devrait stimuler les dépenses de consommation en 2027, ce qui pourrait potentiellement aider à compenser la croissance plus lente dans des secteurs plus vulnérables aux pressions actuelles de l’environnement externe, affirme-t-on.


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