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PORTRAIT - Ce scientifique de 84 ans reste serein face à la situation actuelle en Afrique centrale, rappelle les progrès réalisés dans la gestion des épidémies, mais continue d’alerter sur le manque de moyens et de financements au long cours pour éradiquer le virus.
Kinshasa, septembre 1976. Le médecin en chef de la région de Bumba, Ngoy Mushola, fait état dans son rapport d’une « mystérieuse maladie » ayant fait 30 cas et 22 décès en une quinzaine de jours dans la jeune République démocratique du Congo (RDC). Le 23 septembre, une équipe de médecins et virologistes est dépêchée en urgence à Yambuku sur ordre du ministre de la Santé de Mobutu. À sa tête, Jean-Jacques Muyembe-Tamfum. C’est lui qui réalise alors les premiers prélèvements sanguins et de tissu hépatique sur trois infirmières décédées. Quelques semaines après, grâce à ces prélèvements et au travail collégial de dizaines de scientifiques dispersés entre l’Institut de médecine tropicale à Anvers, l’Institut Pasteur à Paris et le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies d’Atlanta, le nouveau virus, baptisé ensuite « Ebola », sera officiellement identifié.
Cinquante ans plus tard, la maladie existe toujours et a fait plus de 15 000 morts sur le continent africain. Jean-Jacques…


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