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Jeunesse en milieux hostiles
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
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Reportage« Jeunesse en milieux hostiles » (3/7) Le photographe tunisien Zied Ben Romdhane documente l’évolution de son pays depuis la chute de Ben Ali et le « printemps arabe », fin 2010. Il témoigne du malaise profond d’une génération qui n’a connu que la confusion politique et le manque de perspectives économiques. Privés d’espoir, au bord de cette mer écrasée de soleil, ces jeunes n’aspirent qu’au départ.
« L’enfant se tient sur la colline, après les scènes de guerre, l’invasion des criquets (…). Il descend pieds nus, à moitié nu, les coquillages s’enfoncent dans ses pieds. Avant d’atteindre la mer, les gouttes d’eau sèchent sur sa peau, et le blanc du sel demeure. » Ces vers de Zied Ben Romdhane ouvrent un poème douloureux écrit pour une exposition qui se tient tout l’été à Paris, à la galerie Magnum, dont il est membre depuis 2025.
Le photographe tunisien y dialogue par-delà les décennies avec l’Allemand Herbert List (1903-1975), qui avait fui l’Allemagne nazie en raison de son homosexualité et de ses origines juives. Ses images du littoral méditerranéen de la Tunisie contemporaine entrent en résonance avec celles des années 1930, saisies en Grèce et en Italie, où les corps baignés de lumière, le marbre sculpté et la mer composaient une réalité sensuelle à mille lieues de la guerre imminente.
Même mer, même soleil, mêmes paysages où les corps deviennent un réceptacle du désir, de l’identité, de l’appartenance, du foyer et de l’exil. « J’ai voulu photographier les jeunes qui ont fait leurs débuts dans la vie avec la révolution », explique Zied Ben Romdhane, en référence au « printemps arabe », qui a commencé en Tunisie en décembre 2010, entraînant la chute de l’autocrate Ben Ali.
Il décrit ainsi le malaise de cette génération : « Ce que ces jeunes ont vu, ce sont des années de chaos, des gouvernements qui ne durent parfois que quelques mois, une économie qui chancelle, l’impossibilité de se projeter dans le futur. Ils sont nés à un moment charnière, alors que leur pays traversait de profonds bouleversements », souligne-t-il.
Le noir et blanc, un choix narratif
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