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Tribune
Pierre-André Buigues
Economiste
L’Etat français consacre 12,8 % de son PIB aux dépenses de vieillesse, contre 10,4 % en Allemagne. Et il le fait sur une base active plus étroite, ce qui explique son important endettement public, estime l’économiste Pierre-André Buigues, dans une tribune au « Monde ».
Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min.
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Le débat français sur les retraites dominera la présidentielle de 2027. Cependant, on compare rarement ce que perçoivent réellement les retraités français par rapport aux retraités des autres pays de l’Union européenne. Prenons le cas de ceux allemands et de ceux français. Les données d’Eurostat, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Conseil d’orientation des retraites (COR) permettent de faire des comparaisons entre pays. Dans La France à la loupe européenne (Dunod, 220 p., 19,90 €), je mets en lumière ces comparaisons entre pays européens du point de vue économique et social. Il existe sur les retraites un écart en faveur des retraités français, mais avec des différences importantes suivant les classes sociales.
En premier lieu, en ce qui concerne le revenu. Rapporté au salaire médian de fin de carrière (soit le salaire médian des 50 à 59 ans), un Français retraité touche 61 % de ce salaire, contre 48 % en Allemagne, quand la moyenne de l’Union européenne se situe à 60 %. Cette différence explique un taux de pauvreté des seniors supérieur en Allemagne à ce qu’il est en France.
En 2025, 11,6 % des Français de 65 ans et plus vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 19,5 % des Allemands, alors que l’Allemagne est un pays plus riche que la France, d’environ 20 % de plus pour le produit intérieur brut (PIB) par habitant en pouvoir d’achat. On est pauvre en Allemagne avec 17 334 euros brut par an pour une personne seule, contre 15 875 euros en France, le seuil de pauvreté est en effet relatif au revenu médian de chaque pays.
Enfin, la France a un système plus généreux pour les plus modestes. Chez les seniors les moins diplômés, ceux qui n’ont pas dépassé le premier cycle du secondaire, le taux de pauvreté atteint 16,5 % en France et 30,9 % en Allemagne, un écart considérable. En revanche, chez les diplômés du supérieur, le taux de pauvreté des deux pays se rapproche (6,1 % en France contre 10,5 % en Allemagne). Dans les deux pays, il y a environ trois fois moins de risques qu’un diplômé du supérieur soit pauvre par rapport à un non diplomé.
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