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La France doit revoir sa doctrine policière, loin des caricatures

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Publié le 18 octobre 2026 à 13:12. / Modifié le 18 octobre 2026 à 13:58. 2 min. de lecture

La France a clairement besoin de revoir ses méthodes de maintien de l’ordre. Loin de nous l’idée de mettre sur le dos des forces de police la responsabilité de ce qui s’est passé samedi en France. Mais il est évident que quelque chose ne fonctionne plus.

Avec des groupuscules ultra-violents, comme dans beaucoup de pays d’Europe, mais aussi une partie de la population et de la classe politique qui tolère, voire qui se laisse emporter dans le mouvement, et surtout des cortèges monstrueux que seule la France connaît aussi fréquemment et qui permettent d’abriter ces mouvements violents, la situation de nos voisins est unique.

Lire aussi: «Une frustration qui ne peut plus s’exprimer autrement»: en France, la jeunesse répond à l’appel des Gilets jaunes dans une journée marquée par les violences extrêmes

À cela s’ajoute une indéniable tendance à la révolte, qui n’est pas un cliché, mais aussi un attachement à l’esthétique de la révolution, faisant régulièrement ressortir avec envie les références à la Commune, à Mai-68 voire à 1789. Face à ce cocktail qui explose très régulièrement depuis 15 ans, les forces de l’ordre n’ont clairement pas trouvé la réponse. Les débordements hors de contrôle, qui prêtent le flanc aux accusations parfois légitimes de violences policières, pervertissent totalement le débat politique sur ce sujet et mettent les gouvernements successifs dans une impasse. Un débat parfois malsain au sujet des violences policières qui, en plus, nourrit lui-même la tolérance pour les violences des casseurs, comme nous l’ont dit la plupart des manifestants croisés samedi. Un véritable cercle vicieux.

Le temps est venu en France d’un grand débat sur la doctrine de maintien de l’ordre pour les manifestations. Dimanche, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a annoncé qu’elle allait proposer la création d’une commission d’enquête parlementaire, «pour faire la lumière sur ces débordements, les méthodes des groupuscules violents», mais aussi «la stratégie de maintien de l’ordre» et ses «éventuels dysfonctionnements».

Problème: au vu des discours caricaturaux et dominants entre une extrême droite qui exige une répression totale voire aveugle et une extrême gauche qui ne veut voir qu'un problème de violences policières systémiques derrière toutes les dérives, les discussions ont peu de chance d'être constructives. D'autant que l'Assemblée nationale sans majorité même relative, et le paysage politique français plus largement, sont actuellement incapable de construire le moindre consensus sur les questions polarisantes. Les partis sont chauffés à blanc par la campagne présidentielle en cours et ils ne cherchent qu'à affirmer sans mesure le cœur de leur profil pour mobiliser un maximum leur partie de l'électorat en vue du premier tour. Préférant surfer sur l'émotion du moment que de trouver une issue nécessairement complexe.

Un commerce ravagé à Lille, image du lendemain, dimanche 18 octobre 2026. Le président de la Fédération française du commerce et de la distribution, Alexandre Bompard (patron de Carrefour), estime à 1500 le nombre de commerces directement touchés par les violences, pour une facture de centaines de millions d'euros. — © SAMEER AL-DOUMY / AFPUn commerce ravagé à Lille, image du lendemain, dimanche 18 octobre 2026. Le président de la Fédération française du commerce et de la distribution, Alexandre Bompard (patron de Carrefour), estime à 1500 le nombre de commerces directement touchés par les violences, pour une facture de centaines de millions d'euros. — © SAMEER AL-DOUMY / AFP
 au départ «une manifestation pacifique» – qui a rassemblé 20 000 personnes -, remplacée «très vite» par des «radicaux beaucoup plus violents». «Et sur ces émeutiers se sont greffés des voleurs, qui ont méthodiquement pillé un certain nombre de magasins», selon lui. — © JEFF PACHOUD / AFPA Lyon ce dimanche matin, des policiers et la police scientifiques examinent le pavillon de l’office du tourisme. Face aux émeutes d’une «ampleur totalement inédite», la priorité des forces de l’ordre a été «de protéger les vies», a déclaré de matin le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes Etienne Guyot. «Nous avons eu trois types de situations»: au départ «une manifestation pacifique» – qui a rassemblé 20 000 personnes -, remplacée «très vite» par des «radicaux beaucoup plus violents». «Et sur ces émeutiers se sont greffés des voleurs, qui ont méthodiquement pillé un certain nombre de magasins», selon lui. — © JEFF PACHOUD / AFP
Un commerçant face au désordre devant son enseigne, à Paris, ce dimanche 18 octobre. Les forces de l’ordre ont interpellé 855 personnes, un «chiffre record», a annoncé la préfecture de police. Plus de 500 personnes (517) sont en garde à vue, dont 171 mineurs, selon le parquet de Paris, qui évoque des interpellations jusqu’aux alentours de 6h du matin. — © MATTHIEU RONDEL / AFPUn commerçant face au désordre devant son enseigne, à Paris, ce dimanche 18 octobre. Les forces de l’ordre ont interpellé 855 personnes, un «chiffre record», a annoncé la préfecture de police. Plus de 500 personnes (517) sont en garde à vue, dont 171 mineurs, selon le parquet de Paris, qui évoque des interpellations jusqu’aux alentours de 6h du matin. — © MATTHIEU RONDEL / AFP
Ce dimanche matin, téléphone à la main, de nombreux Lyonnais parcourent de bon matin les rues commerçantes de la ville, immortalisant les innombrables vitrines éventrées et les tas de débris au sol. — © JEFF PACHOUD / AFPCe dimanche matin, téléphone à la main, de nombreux Lyonnais parcourent de bon matin les rues commerçantes de la ville, immortalisant les innombrables vitrines éventrées et les tas de débris au sol. — © JEFF PACHOUD / AFP
A Lyon, l'antenne de l'office du tourisme sur la place Bellecour a été incendiée samedi 17 octobre. Située dans cette zone hautement touristique, avec son slogan «Only Lyon», elle fait figure d'emblème de la ville. — © LAURENT CIPRIANI / keystone-sda.chA Lyon, l'antenne de l'office du tourisme sur la place Bellecour a été incendiée samedi 17 octobre. Située dans cette zone hautement touristique, avec son slogan «Only Lyon», elle fait figure d'emblème de la ville. — © LAURENT CIPRIANI / keystone-sda.ch
 «J'ai eu des moyens. En France, partout, on a eu des moyens. Maintenant, moi, je ne peux pas mettre un policier devant chaque magasin.» — © JEFF PACHOUD / AFPL'antenne de l'office du tourisme de Lyon a été complètement brûlée. Dimanche matin, le préfet Etienne Guyot a affirmé que «la police a été partout, le plus possible, avec un gros dispositif qui existait, mais nous avions, je pense qu'il faut le redire, une manifestation d'une ampleur inédite partout en France». Interrogé sur le manque d'effectifs policiers, il a dit: «J'ai eu des moyens. En France, partout, on a eu des moyens. Maintenant, moi, je ne peux pas mettre un policier devant chaque magasin.» — © JEFF PACHOUD / AFP
Ambiance de rue à Lyon, dans la soirée du samedi. — © JEFF PACHOUD / AFPAmbiance de rue à Lyon, dans la soirée du samedi. — © JEFF PACHOUD / AFP
A Bordeaux, l'Hôtel de Nesmond, la résidence du préfet de la Gironde, a été «vandalisé», selon les autorités. A Marseille, Lille, Angers, des manifestants ont fait irruption dans les mairies ou dans les préfectures pour les vandaliser. — © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFPA Bordeaux, l'Hôtel de Nesmond, la résidence du préfet de la Gironde, a été «vandalisé», selon les autorités. A Marseille, Lille, Angers, des manifestants ont fait irruption dans les mairies ou dans les préfectures pour les vandaliser. — © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Sur la place de la Bourse à Bordeaux, la fumée d'équipements urbains incendiés dans les environs. — © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFPSur la place de la Bourse à Bordeaux, la fumée d'équipements urbains incendiés dans les environs. — © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Vers la place de la Victoire à Bordeaux, incendies et feu d'artifice tenus à bout de bras. — © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFPVers la place de la Victoire à Bordeaux, incendies et feu d'artifice tenus à bout de bras. — © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Peu avant les casses, les manifestations ont commencé de manière habituelle. Ici, à Lille. — © IMAGO/Courdji Sebastien/ABACA / IMAGO/ABACAPRESSPeu avant les casses, les manifestations ont commencé de manière habituelle. Ici, à Lille. — © IMAGO/Courdji Sebastien/ABACA / IMAGO/ABACAPRESS
L'hôtel de ville de Limoges a été incendié dès la fin de la journée. Les autorités et des médias locaux ont fait état d'attaquants entrés au rez-de-chaussée du bâtiment pour y bouter le feu. — © MELAINE PAYZAL / AFPL'hôtel de ville de Limoges a été incendié dès la fin de la journée. Les autorités et des médias locaux ont fait état d'attaquants entrés au rez-de-chaussée du bâtiment pour y bouter le feu. — © MELAINE PAYZAL / AFP
L’incendie de l’hôtel de ville de Limoges est «circonscrit». La partie historique du bâtiment du 19e siècle, dont la toiture s’est effondrée, est «quasi 100% détruite» à l’intérieur, seule la partie arrière de la mairie, moderne, ayant pu être préservée par les pompiers, a précisé le préfet dimanche matin. — © PASCAL LACHENAUD / AFPL’incendie de l’hôtel de ville de Limoges est «circonscrit». La partie historique du bâtiment du 19e siècle, dont la toiture s’est effondrée, est «quasi 100% détruite» à l’intérieur, seule la partie arrière de la mairie, moderne, ayant pu être préservée par les pompiers, a précisé le préfet dimanche matin. — © PASCAL LACHENAUD / AFP
Ambiance de rue à Paris dans l'après-midi. Les autorités ont relevé le fait que cette fois, les violences ont commencé tôt, parfois dès la matinée, et pas seulement en soirée après les défilés comme à l'ordinaire. — © MOHAMMED BADRA / keystone-sda.chAmbiance de rue à Paris dans l'après-midi. Les autorités ont relevé le fait que cette fois, les violences ont commencé tôt, parfois dès la matinée, et pas seulement en soirée après les défilés comme à l'ordinaire. — © MOHAMMED BADRA / keystone-sda.ch
Les forces de l'ordre à Paris, dans l'après-midi. Les déploiements des gardiens de la paix donnent lieu à des polémiques, notamment à Marseille, où les forces mises à disposition ont été jugées trop faibles. — © IMAGO/Ibrahim Ezzat / IMAGO/Anadolu AgencyLes forces de l'ordre à Paris, dans l'après-midi. Les déploiements des gardiens de la paix donnent lieu à des polémiques, notamment à Marseille, où les forces mises à disposition ont été jugées trop faibles. — © IMAGO/Ibrahim Ezzat / IMAGO/Anadolu Agency
Des affrontements parfois spectaculaires dans les rues de Paris. — © IMAGO/Hesham Elsherif / IMAGO/Anadolu AgencyDes affrontements parfois spectaculaires dans les rues de Paris. — © IMAGO/Hesham Elsherif / IMAGO/Anadolu Agency
A Paris, samedi après-midi. Au total, 1200 personnes ont été interpellées dans le pays, et 150 policiers et gendarmes blessés, selon un point du gouvernement dans la soirée. Plusieurs manifestants ont également été blessés, parfois gravement, notamment à Saint-Etienne, où un jeune de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade policière. — © IMAGO/Hesham Elsherif / IMAGO/Anadolu AgencyA Paris, samedi après-midi. Au total, 1200 personnes ont été interpellées dans le pays, et 150 policiers et gendarmes blessés, selon un point du gouvernement dans la soirée. Plusieurs manifestants ont également été blessés, parfois gravement, notamment à Saint-Etienne, où un jeune de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade policière. — © IMAGO/Hesham Elsherif / IMAGO/Anadolu Agency
Après les émeutes rue de Rivoli, à Paris. Dans la capitale, «des rues entières ont été méthodiquement ravagées», selon le maire socialiste Emmanuel Grégoire. — © GUILLAUME SALIGOT / AFPAprès les émeutes rue de Rivoli, à Paris. Dans la capitale, «des rues entières ont été méthodiquement ravagées», selon le maire socialiste Emmanuel Grégoire. — © GUILLAUME SALIGOT / AFP
Un espoir exprimé à Paris, samedi 17 octobre 2026. — © IMAGO/Nael Chahine / IMAGO/Middle East ImagesUn espoir exprimé à Paris, samedi 17 octobre 2026. — © IMAGO/Nael Chahine / IMAGO/Middle East Images
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