Une lumière dans la nuit. Il est 6h par ce frais lundi d’août et la machine à vendanger s’active déjà sur le coteau de Bardonnex, à proximité du village de Charrot et de la frontière française. Dans un ronflement continu, elle enjambe les rangs de vignes, les éclairant de ses quatre grands phares, avant d’emporter sur son passage les raisins fraîchement coupés. Christophe Bosson regarde son collègue à l’œuvre, puis se hisse sur son tracteur, approchant sa remorque afin que la récolte puisse y être déversée – du muscat. «Quand j’ai commencé, il y a 40 ans, on moissonnait en été et on vendait en automne. Maintenant, on moissonne au printemps et on vend en été», souffle le vigneron.
Plus que jamais, le réchauffement climatique et les aléas météorologiques contraignent le monde viticole (et agricole) à vivre au jour le jour. Dans 48 heures, Christophe Bosson espère pouvoir s’attaquer au sauvignon blanc et au chardonnay, d’autres cépages précoces. Des vignes érigées en pente, pour lesquelles il procédera à la main. «On travaille avec deux, trois collègues pour se passer la main-d’œuvre», raconte ce vigneron, certifié bio depuis 2022. Il ajoute: «Il faut s’organiser. Mais ce n’est pas cela le plus compliqué.»


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