C’est une sorte de rétrospective prospective que cette exposition de Jules Spinatsch au Musée d’art des Grisons, comme l’annonce le titre, composé du nom de l’artiste et de deux années, 1964 – sa naissance à Davos –, et 2155, quand le premier dépôt de déchets nucléaires de Suisse, près de Zurich, devrait être rempli. Quelques jours après l’annonce du choix du lieu, mi-septembre 2022, le photographe commençait sur place un projet dit intergénérationnel baptisé Infinity Obsoleum. Depuis, chaque année autour de la même date, il y organise une randonnée qui nourrit une série photographique, augmentée de documents et d’actions diverses.
On le voit, la photographie de Jules Spinatsch interpelle, souvent en mettant en place d’importants moyens techniques, utilisés parce qu’ils font sens avec les questions abordées. Mais parfois il n’est pas besoin de photo, un simple paquet de rösti industriel suffit, clin d’œil appuyé à un conseiller fédéral. L’artiste en a dispersé dans le champ où seront enterrés les déchets nucléaires.


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