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Lisa Thomson, la coordonnatrice communautaire de WildSafeBC à Nelson, dans les Kootenays, quitte son poste en signe de protestation contre l'abattage de trois grizzlis d'une même famille par le Service des agents de conservation. Selon elle, ces mises à mort auraient pu être évitées.
Ça se résume à de multiples échecs de notre part envers cette famille de grizzlis. Et ces échecs se situent à plusieurs niveaux, a-t-elle dénoncé à l'émission Radio West, sur les ondes de CBC.
Un ourson d'un an blessé à une patte a d'abord été euthanasié le 12 août, puis sa mère, surnommée Nell par des résidents, le 14 août. Les deux oursons restants ont été capturés, munis de colliers émetteurs et relâchés à plus de 50 kilomètres de Nelson.
Le mâle est réapparu à Christina Lake et a été abattu jeudi. Sa sœur, toujours suivie par collier, aurait quitté le secteur.
On les a tués par laxisme
Mme Thomson vise d'abord les politiques provinciales, qui, selon elle, ne reflètent pas les recherches plus récentes et les données scientifiques sur les grizzlis, et qu'elle souhaite voir être réexaminées.
Elle pointe également du doigt des manquements de la part de sa communauté, dont elle souligne la responsabilité en expliquant que l'ourse avait déjà été relocalisée par le passé, mais qu'elle était revenue vers les arbres fruitiers qui abondent autour de Nelson.
La cohabitation, ce n'est pas permettre à un superprédateur de l'arrière-pays de traîner dans votre cour, à côté de votre barbecue. Je pense qu'on les a un peu tués par laxisme, en leur permettant de faire ça et en ne leur imposant pas de limites.
Elle suggère aux municipalités de s'inspirer de Canmore et de Banff, en Alberta, qui ont installé des bacs communautaires, aboli la collecte des ordures en bordure de rue, et interdit de planter des arbres fruitiers.
La sécurité publique en jeu
Le chef adjoint du Service des agents de conservation, Andrew Milne, explique que les agents ont pris la décision d'abattre le jeune mâle à Christina Lake, car l'ours s'approchait des gens sans montrer aucun signe de crainte.
L'animal a pu accéder à des sources de nourriture non naturelles et, à cause de ça, il ne partait pas , dit-il, précisant que les agents ont d'abord tenté de sensibiliser les résidents. C'est le cœur lourd que les agents ont dû intervenir et abattre l'animal.
Mme Thomson dit avoir été la cible d'attaques en ligne, certains l'accusant d'avoir fourni des renseignements au Service des agents de conservation, ce qu'elle nie catégoriquement.
WildSafeBC, rappelle-t-elle, est un organisme sans but lucratif financé par la Fondation pour la conservation de la Colombie-Britannique et par des financements municipaux. Nous sommes un programme d'éducation et non un organisme d'application de la loi.

On voit sur cette photo Lisa Thomson, à l'automne 2023, alors qu'elle intervenait sur l'ourse qu'elle surnommait "Ms. Grizz" et qui était connue dans la communauté sous le surnom de Nell.
Photo : Lisa Thomson
Ces attaques ont pesé dans sa décision de partir, dit-elle, au même titre que la mort des ours.
Le programme d'éducation et de prévention mené par WildSafeBC à Nelson a prématurément pris fin pour la saison, à la suite à la démission de Lisa Thomson. Il ne devrait reprendre qu'au printemps 2027.
La saison se poursuit normalement jusqu'à la fin novembre.
Avec des informations de Sarah Penton et Michelle Morton


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