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Le site de camping et de chalets La Bannik à Duhamel-Ouest, en plus du bistro, a été acquis par la Première Nation de Timiskaming le 1er janvier dernier.
Depuis, les nouveaux propriétaires s’installent tranquillement. Ils veulent conserver l’identité du site d’hébergement bien établi au Témiscamingue, tout en y ajoutant graduellement des touches de culture autochtone.

Des chalets de différentes grosseurs sont offerts à la location. Des massages sont aussi proposés.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les lieux sont significatifs pour la communauté anishnabe établie près de Notre-Dame-du-Nord. Juste à côté, se trouve le lieu historique national d'Obadjiwan–Fort-Témiscamingue, propriété de Parcs Canada et de la Première Nation, un rare partenariat du genre au pays.
C’était une place de rencontre pour les Algonquins de ce bord du lac Témiscamingue, rappelle Sean McLaren, vice-chef et responsable du développement économique à Timiskaming.

Des chambres d'hôtel ont une vue directe sur le lac.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Au fur et à mesure, la communauté y mettra ses couleurs pour mettre en valeur la culture et l’histoire du site d’un point de vue autochtone.
On a une belle histoire à raconter aussi. Ce n’est pas tout le temps une histoire noire qu’on raconte. Être ici, avec l’achat de La Bannik, on peut conter une belle histoire et avec le Vieux-Fort en bas.
Les changements ne seront pas majeurs pour les habitués de la place, précise le vice-chef.
Elle a une bonne réputation, La Bannik, on ne veut pas toucher à ça. Sauf qu’on veut juste ajouter des petites parties, comme peut-être renommer une coupe de cabanes avec des noms autochtones, signale M. McLaren.

La terrasse du bistro offre une vue imprenable sur le lac Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Mousser le tourisme
Les idées ne manquent pas pour la nouvelle administration de La Bannik, mais le souhait est d’être avant tout confortable dans l’entreprise, en termes de finances et de connaissances. Des sommes devront d’abord être investies dans quelques travaux de maintenance.
Parmi les projets possibles, Sean McLaren parle de la forêt et du belvédère, accessible par des sentiers.
C'est possible qu’on mette nos pow-wow en haut et qu’on mette du monde en haut qui va travailler à bâtir des canots. On va faire de la peinture, des choses comme ça, où les touristes pourraient aller visiter, cite-t-il comme exemple.

Éventuellement, les nouveaux propriétaires voudraient modifier, traduire les noms de chalet en anishnabemowin.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
En intégrant des éléments traditionnels, la Première Nation souhaite bonifier l’expérience touristique. Sean McLaren est d’avis qu’il manque d’hébergements tenus par des autochtones dans la région.
Un coin de tambour, des photos historiques et des totems pourraient être installés sur le site. À plus long terme, les quais pourraient être remplacés et un autre restaurant pourrait voir le jour près de la guérite, entre autres exemples.
Une transaction hors communauté
Un organisme à but non lucratif du développement économique de Timiskaming possède déjà des entreprises sur le territoire de la Première Nation, comme une entreprise de forage et un Petro-Canada.

La plage et des quais appartenant à La Bannik sont occupés pendant l'été.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
C’était la première fois que l’organisme réalisait une transaction d’immobilier en dehors du territoire officiel. La Première Nation doit aussi se familiariser avec les réglementations provinciales, puisqu’elle traite habituellement avec le gouvernement fédéral dans ses activités. C’était plus là le problème avec l’acquisition : il y avait de la paperasse, mentionne Sean McLaren.
Au moment où les anciens propriétaires ont mis en vente le site, la Première Nation a rapidement signifié son intérêt. Ils nous avaient mentionné qu’il y avait d’autre monde intéressé, du monde d’ailleurs, mais c’était important pour eux que ça reste dans la région, raconte M. McLaren.

Plusieurs espaces de camping sont dispersés sur le site de La Bannik.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le vice-chef a préféré garder confidentiels le montant de la transaction et le recours éventuel à de l’aide gouvernementale pour financer l’acquisition.
Un heureux défi
Devenir propriétaire d’un lieu d’hébergement touristique apporte son lot de défis, mais Sean McLaren souligne l’apport des employés qui travaillent pour La Bannik depuis longtemps.

Le site accueille des roulottes permanentes.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
C’est une grosse business à gérer, mais on était bien chanceux, parce que 90 % des employés sont restés. Et ça, c’était important pour nous, fait-il valoir. Ils étaient inquiets qu’on fasse rentrer tout du nouveau monde, mais on leur a dit qu’on était bien contents qu’ils soient là, c’est vous autres qui faites rouler La Bannik.
L’objectif est également d’améliorer les conditions de travail. Une inauguration officielle devrait avoir lieu plus tard, le temps de se placer.


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