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Ce jeudi 4 juin 2026, l’animatrice était l’invitée de Karim Rissouli dans «C ce soir» sur France 5. L’occasion pour elle de se confier sur sa plainte pour viol à l’encontre du chanteur.
Le 15 mai dernier, Flavie Flament a révélé publiquement qu’elle avait porté plainte contre Patrick Bruel pour viol. L’animatrice avait publié un message sur son compte Instagram disant : « 10 ans après La Consolation, j’ai de nouveau rendez-vous avec mon passé. Et un homme qui a pillé mon adolescence ».
L’animatrice avait détaillé les raisons de cette plainte dans un article de Médiapart relatant des faits remontant à 1991 alors qu’elle n’avait que 16 ans. Elle aurait croisé Patrick Bruel en marge du tournage d’une émission de Laurent Boyer pour M6 et ce dernier aurait « jeté son dévolu » sur elle. Plus tard, elle se serait rendue au domicile du chanteur, aurait bu un thé puis aurait eu un «black-out». Lorsqu’elle se réveille, elle aurait vu le chanteur lui remettre son pantalon. Trois ans plus tôt, alors qu’elle avait 13 ans, l’adolescente avait été victime d’un viol par le photographe David Hamilton.
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Ce jeudi 4 juin, Flavie Flament était l’invitée de Karim Rissouli dans «C ce soir» sur France 5 avec plusieurs autres intervenants venus débattre sur le thème : « Bruel, un réveil collectif ? ». L’animatrice est revenue dans un premier temps sur la genèse de sa prise de parole qu’elle a d’abord voulue anonyme. « J’étais déjà passée par là. Donc, je connais la brûlure de cette expérience. C’était il y a 10 ans avec La Consolation et la dénonciation des viols de David Hamilton. (...) Je connaissais le prix à payer », a-t-elle déclaré avant d’étayer son propos : « Le prix à payer, c’est ce que je vis depuis la médiatisation de ma plainte, c’est de voir que tous les moyens sont mis en œuvre pour m’empêcher de parler, pour discréditer ma parole, pour me salir. »
Finalement, elle a décidé de rendre publique sa plainte en voyant agir le chanteur. « Après avoir témoigné anonymement dans le deuxième volet, quand j’ai vu Patrick Bruel sortir du théâtre, être applaudi par son public et continuer quelque part à insulter la parole de ces femmes qui m’ont précédée (...) je me suis dit : “Ce n’est pas possible et là, il faut que je fasse quelque chose”. C’est là que j’ai décidé de sortir de l’anonymat », a-t-elle précisé.
Dans un second temps, Flavie Flament est revenue sur la notion de viol et la violence intérieure que génère cette agression. « Le mot viol est rentré dans le langage courant. Mais c’est quoi un viol ? Concrètement, c’est une effraction dans l’intime, un chaos intérieur. Ce sont des rêves qui sont fauchés, une âme qui est piétinée. C’est quelque chose d’une violence inouïe. Ce sont des images que l’on a, ce sont des odeurs. C’est parfois le sexe dans la bouche d’une petite fille. Il faut employer des vrais mots quand on parle de viol, on parle de pénétration, on parle de violence, parfois de douceur, mais derrière cette douceur, il y a toujours de la violence et de la perversité. C’est ça, un viol », a-t-elle rappelé.
« Je faisais en sorte de l’éviter »
La présentatrice a ensuite été invitée par Karim Rissouli à revenir sur les moments où, en tant qu’animatrice, elle avait dû recevoir Patrick Bruel sur son plateau à de nombreuses reprises. Des photos d’elle avec le chanteur lors d’une émission étaient alors diffusées à l’écran. « Les photos sont les traîtres des enfants qui ont été victimes de violences sexuelles, a-t-elle commencé avant de poursuivre : On leur oppose toujours des photos en disant : “Regarde, tu étais quand même vachement bien, tu étais sur les genoux de ton oncle sur la photo de famille”. Mais c’est ce même oncle qui violait la petite fille. Et pourtant, on montre les photos comme une preuve. C’est exactement ce qui se passe avec ces images d’émissions de variétés ».
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Elle a également expliqué pourquoi elle avait accepté de le recevoir dans les programmes qu’elle présentait. « Je faisais en sorte de l’éviter. Je n’avais à l’époque pas le pouvoir de dire non. Et imaginez, à 23 ans, quand ma carrière commence à TF1 à la tête des émissions de variétés, moi dire : “Je ne vais pas recevoir Patrick Bruel” qui est une star à l’époque, “Je ne vais pas le recevoir parce que j’ai vécu ça lorsque j’avais 16 ans”. Qu’est-ce qu’on m’aurait dit ? Qu’est-ce qu’on aurait fait ? Je n’aurais pas eu de carrière. J’aurais renoncé à ma vie professionnelle. J’aurais été traitée de folle », a-t-elle encore expliqué.
En fin d’émission, Karim Rissouli a demandé à Flavie Flament ce qu’elle avait envie de dire aux très nombreux fans de Patrick Bruel. L’animatrice a d’abord botté en touche, renvoyant chacun à « sa propre réflexion et sa propre conscience dans cette affaire » avant de finalement s’exprimer. « Je peux comprendre que ce soit difficile de réaliser que l’on a été victime, d’une certaine façon, en étant fan d’une des plus grosses impostures qui existait en France. C’est une imposture qui a duré tant d’années. Je pense que ça peut être très douloureux parce qu’avec cette morsure de la déception, ce sont des pans de vie auxquels on doit renoncer. Il y a des personnes qui se sont construites avec des chansons. Écoutez les paroles des chansons maintenant, le poids que ça a lorsque l’on les écoute comme ça, à l’aune de notre vérité », a-t-elle dit.
Pour finir, elle a invité les gens à « faire montre d’un petit peu d’empathie » et d’essayer « de se mettre un tout petit peu à la place des autres ». « Ça nous rend moins cons, ça nous rend plus humains et ça permettra peut-être à la société d’avancer davantage sur ces questions-là », a-t-elle conclu.


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