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Le chef du Parti québécois a promis un référendum sur l’indépendance de la province, mais après le mandat de Donald Trump.
Par Sarafina Spautz avec AFP
EN BREF • Le Parti québécois prévoit un référendum sur l’indépendance après 2029, en raison des tensions avec l’administration Trump.
• Sans majorité absolue, le Parti québécois doit s’allier pour mettre en œuvre son programme indépendantiste.
• L’indépendance reste un sujet clivant au Québec, avec un soutien limité à 31 % pour la séparation du Canada.
Le Québec va-t-il devenir un pays ? Le Parti québécois, qui n’avait pas dirigé la province francophone depuis 2014, a remporté les élections générales du lundi 5 octobre. Et l’une des promesses phares de la campagne était l’organisation d’un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec vis-à-vis du Canada promis sur l’indépendance, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article.
« Un référendum, c’est une opportunité de décider par soi-même. C’est un geste de démocratie. C’est à personne d’autre qu’à nous, comme peuple, de déterminer quel est notre avenir national », a déclaré Paul Saint-Pierre Plamondon, futur Premier ministre de la province et dont les partisans entonnaient des slogans ou chants indépendantistes.
Une promesse de campagne qui s’est tout de même heurtée à une personne : Donald Trump. En effet, Paul Saint-Pierre Plamondon qui défend l’idée d’un référendum depuis plusieurs années a précisé au cours du mois d’août qu’il attendrait la fin du mandat de Donald Trump en janvier 2029 pour l’organiser.
« On va maintenir notre engagement de consulter les Québécois sur notre avenir, mais on va le faire intelligemment) À l’évidence, l’imprévisibilité de l’administration Trump, vous en parliez il y a quelques instants, ne crée pas un climat propice de réflexion », a-t-il expliqué sur la chaîne québécoise TVA Nouvelles.
« Des menaces contre la langue et la culture québécoise »
Le mois d’août a été marqué par des négociations tendues entre les États-Unis et le Canada sur les droits de douane, et certaines questions liés à la langue et la culture québécoises ont été abordées par les Étasuniens.
D’après le Premier ministre canadien, ces menaces portaient sur les subventions à la culture francophone, la place des médias en ligne en français et l’obligation d’étiquetage bilingue des produits vendus au Canada, au nom du respect des deux langues officielles du pays. Mais Ottawa affirme avoir refusé de céder, dénonçant « des menaces contre la langue française et la culture québécoise ».
Donald Trump avait ensuite démenti cette information, déclarant sur son réseau social Truth Social : « Je n’avais jamais même pensé faire une chose si stupide, a-t-il écrit. Ce mensonge a été fabriqué par le faible et inefficace Premier ministre pour tenter d’obtenir des gains politiques, ce qu’il a complètement perdu de la part des Québécois. J’aime les Canadiens français. »
Gouvernement minoritaire
Mais ce retour au pouvoir des indépendantistes québécois n’est pas totalement garanti. Avec environ 28 % des voix, selon des résultats quasi définitifs, il ne dispose toutefois pas de la majorité absolue et a lancé un appel du pied à d’autres formations pour pouvoir mettre en œuvre son programme et cette promesse de référendum. Or, comme l’explique Radio-Canada « un gouvernement minoritaire, d’ordinaire, ne dure pas plus de 18 mois, et il reste trois ans à la présidence américaine de M. Trump ».
Le retour au pouvoir du Parti québécois dans l’une des provinces les plus riches et peuplées du Canada est un défi de taille pour Mark Carney alors qu’aucune issue au conflit commercial avec Washington ne se dessine et qu’il est confronté à d’autres velléités séparatistes dans l’Alberta. Cette riche province pétrolière de l’ouest du Canada doit voter le 19 octobre pour décider d’organiser ou pas un futur référendum d’indépendance.
S’il a bien lieu, le référendum promis par le Parti québécois serait le troisième organisé au Québec après ceux de 1980 et 1995. Le dernier avait été perdu de peu par le camp du « oui » à l’indépendance.
La question de l’indépendance a toujours profondément divisé le Québec entre « souverainistes » voulant se séparer du Canada et « fédéralistes ». Mais l’idée d’un nouveau référendum revient pour la première fois depuis 30 ans au centre du débat politique.
Même si le camp indépendantiste dépasse le seul Parti québécois, la proportion de Québécois prêts à voter « oui » à une séparation du Canada est de seulement 31 %, selon un récent sondage.


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