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L’IA drague vos enfants, l’Australie découvre qu’il y a un problème

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Des enfants confient désormais leurs émotions à des machines programmées pour imiter l’amour, l’amitié et la compréhension humaine.

En Australie, le gouvernement d’Anthony Albanese a décidé de s’attaquer à cette nouvelle forme de dépendance affective. Mercredi 28 octobre 2026, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi sur la sécurité numérique intégrant une disposition visant les intelligences artificielles qui simulent une intimité émotionnelle avec les mineurs.

Quand les robots remplacent les meilleurs amis

L’amendement, proposé par la députée indépendante Kate Chaney et accepté par le gouvernement travailliste, vise les contenus ou comportements qui simulent une proximité affective et encouragent un enfant à développer une dépendance au détriment de ses relations humaines.

Autrement dit, une intelligence artificielle pourrait continuer à expliquer les mathématiques à un adolescent. En revanche, se présenter comme son âme sœur indispensable deviendrait beaucoup plus compliqué.

Le Premier ministre Anthony Albanese a lui-même dénoncé cette situation devant le Parlement. Selon lui, entendre des personnes désigner un robot conversationnel comme leur meilleur ami devrait constituer un sérieux avertissement pour les parlementaires.

Notre rédaction avait déjà évoqué les conversations affectives particulièrement troublantes que Meta autorisait entre ses robots et des mineurs. Certains échanges présentés dans des documents internes allaient bien au-delà d’une simple assistance informatique.

Il aura donc fallu que les machines apprennent à imiter l’amour pour que les responsables politiques commencent à envisager de leur imposer quelques limites.

200 000 enfants australiens concernés par les compagnons IA ?

Les inquiétudes reposent sur des observations concrètes. En mars 2026, le régulateur australien de la sécurité numérique, eSafety, a publié une enquête consacrée aux compagnons artificiels.

Sur 1 950 enfants interrogés, âgés de 10 à 17 ans, 8 % déclaraient avoir utilisé un compagnon conversationnel. Extrapolé à la population australienne, ce résultat représenterait environ 200 000 mineurs.

Le régulateur avait également examiné quatre services spécialisés : Character.AI, Nomi, Chai et Chub AI. Aucun ne disposait alors de contrôles d’âge suffisamment robustes pour empêcher efficacement l’accès des enfants aux fonctions réservées aux adultes. Certaines protections ont ensuite été renforcées.

Plus inquiétant, plusieurs services présentaient des lacunes dans la gestion des conversations concernant le suicide ou l’automutilation.



Des sentiments artificiels, des profits bien réels

Ces programmes possèdent un avantage considérable sur les véritables amis : ils sont disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Jamais fatigués, rarement contrariés, toujours prêts à poursuivre une conversation.

Leur fonctionnement repose sur la production de réponses adaptées aux messages reçus. Une déclaration d’affection peut donc sembler spontanée alors qu’elle résulte simplement d’un calcul informatique.

Cette mécanique avait déjà été explorée dans notre article consacré aux petites amies virtuelles devenues une activité commerciale particulièrement lucrative.

Dans ce secteur, l’attachement émotionnel peut aussi servir à fidéliser les utilisateurs et à vendre des abonnements. Une affection sur commande, avec prélèvement mensuel.

Une loi encore loin d’être définitivement adoptée

Le projet australien dépasse largement les relations affectives artificielles. Il prévoit des obligations de protection pour les réseaux sociaux, les jeux en ligne et les applications utilisant l’intelligence artificielle.

Selon le gouvernement australien, les entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations pourraient encourir des sanctions atteignant 109,2 millions de dollars australiens.

Attention toutefois : le texte ne constitue pas encore une interdiction générale des relations avec les IA. Il impose aux plateformes de prévenir certains comportements dangereux pour les enfants et doit encore être examiné par le Sénat.

Le précédent des restrictions numériques envisagées en Nouvelle-Zélande rappelle également que la protection des mineurs peut entraîner des dispositifs controversés de vérification de l’âge.

Les parlementaires australiens devront donc déterminer comment empêcher une machine de se faire passer pour un confident indispensable, tout en évitant de transformer chaque conversation numérique en opération de surveillance.

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