Il est 9h30 en ce lundi matin et le terre-plein attenant à la station-service Esso de Wolmirstedt est bondé. Près de 200 personnes sont venues saluer Ulrich Siegmund, la tête de liste du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en campagne électorale dans cette bourgade de 12 000 habitants. L’assemblée est composée de retraités, de mères de famille et de fans ayant pris sur leur temps de travail pour faire un selfie avec celui qui pourrait devenir le futur ministre-président de Saxe-Anhalt. La file d’attente est longue mais, comme promis, Ulrich Siegmund accorde à chacun une poignée de main, une accolade, un mot affectueux. «Nous nous sommes déjà vus, n’est-ce pas, ma chère?» lance-t-il à une habitante touchée d’être reconnue. Une proximité et un charme qui plaisent à Kati, aux bras tatoués. «Uli est sympathique et tellement vrai. Il est le candidat du changement. J’espère de tout cœur que nous aurons la majorité absolue dimanche.»
Avec 40% d’intentions de votes, très loin devant les chrétiens-démocrates de la CDU, l’AfD n’a en effet jamais été aussi proche d’atteindre le pouvoir. Mais obtiendra-t-elle la majorité absolue – son souhait – ou trouvera-t-elle un partenaire de coalition pour gouverner? C’est tout l’enjeu des derniers jours de campagne. «Les sondages sont bons mais ça ne suffit pas», explique au Temps Ulrich Siegmund, entre deux selfies. «Le résultat risque d’être très serré. Nous investissons chaque seconde de notre temps pour convaincre les indécis», confirme-t-il, plutôt détendu.


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