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L’ex-chef de police de Regina Farooq Sheikh reconnaît avoir eu une relation inappropriée avec une personne membre du Conseil des commissaires de police, l'organisation responsable de superviser le travail des forces de l’ordre de la Ville.
Farooq Sheikh fait appel de son congédiement sans solde en octobre 2025 à la suite d'une enquête qui a révélé des échanges inappropriés entre lui et la personne, anciennement membre du Conseil, qui avait par la suite déposé une plainte contre lui.
L'identité de la partie plaignante est protégée par une ordonnance de non-publication.
L’audience d’appel se poursuit à Regina devant un panel de la Commission du service de police de la Saskatchewan, présidé par Aaron Fox, accompagné des membres Randy Pshebylo et Leanne Lang.
L'ancien chef de police a témoigné mercredi du rapprochement physique entre lui et la personne en question. Il a évoqué notamment des enlacements et des baisers après un échange de messages à connotation sexuelle. Cependant, il a affirmé ne pas avoir eu de rapports intimes avec la personne impliquée.
Lors de son témoignage, Farooq Sheikh a également reconnu avoir envoyé des messages incitant la partie à l’origine de la plainte à voter en faveur de changements liés à son contrat de travail. Ces messages avaient été envoyés le 12 décembre 2024 lors d’une réunion à huis clos à laquelle l'ex-chef de police ne devait pas assister.
Concernant d’autres éléments de l’enquête, l’ancien chef de police a confirmé avoir appelé la personne plaignante le 26 février 2025 et avoir parlé de l’affaire de trafic de stupéfiants.
Un jour après l’appel téléphonique, soit le 27 février, l'ex-membre du Conseil a dû présenter sa démission à cause de l’enquête de police en cours.
Cette personne a aussi fini par déposer plainte auprès de la Commission des plaintes du public de la Saskatchewan peu de temps après. L'enquête qui en a suivi a mené au congédiement de Farooq Sheikh.
Ce dernier explique qu’il avait été informé que la personne siégeant au Conseil avait des liens avec l’un des accusés dans l'affaire des stupéfiants et, par la suite, qu’elle était plus impliquée dans l’enquête qu’il ne le pensait.
Durant un appel téléphonique qui a été joué lors de l'audience, Farooq Sheikh a demandé à la personne qui a déposé la plainte d’effacer les messages personnels entre eux.
Sur le banc des témoins, il a attesté que cette demande s’est faite par crainte que les messages ne fassent allusion à une relation amoureuse entre les deux, tout en affirmant qu’il pensait que ces échanges ne seraient pas pertinents à l’enquête en cours.
Farooq Sheikh a également expliqué avoir souligné qu’une relation amoureuse avec la partie plaignante serait inappropriée.
Avec le recul, l’ancien chef policier déclare regretter ses décisions et que s'il pouvait revenir à l'arrière, il n’aurait pas fait les mêmes choix.
Le panel a également appris qu’au moment de l’appel téléphonique, le Conseil des commissaires avait été averti qu’il ne serait pas approprié pour le membre en question de garder son poste.
Les actions de l’ancien chef, une trahison, selon le maire de Regina

Chad Bachynski, le maire de Regina, a été appelé à témoigner devant le panel par Mitchell Holash, avocat du Conseil des commissaires de police de Regina. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alexander Quon
Le maire de Regina et membre du Conseil des commissaires, Chad Bachynski, a décrit les actions de l’ancien chef de police comme une trahison lorsqu’il a été appelé à témoigner devant le panel par Mitchell Holash, avocat du Conseil.
Chad Bachynski a expliqué que le chef de la police est le seul employé du Conseil des commissaires et qu’il doit veiller au respect des valeurs de la police, en plus d’être un exemple.
Le maire a relaté qu’en mars 2025, il avait reçu un appel de la part de Farooq Sheikh. Ce dernier lui a indiqué avoir été en contact avec la personne plaignante.
Je pense que c’était une tentative de M. Sheikh d’expliquer la situation et la plainte à venir avant l’heure, a dit le maire lors de son audition.
D’après Chad Bachynski, le Conseil des commissaires a été informé à la fin mars de l’ouverture de l’investigation sur Farooq Sheikh.
Le Conseil a rapidement pris la décision de le suspendre avec paie, le temps de l’enquête, pour préserver la confiance du public. À ce moment-là, le Conseil n’était pas au courant des détails de l’enquête.
Ce n’est qu’en octobre 2025 qu’il a été mis au courant des tenants et aboutissants, grâce à une copie du dossier.
Le document a mis en lumière beaucoup de situations inconnues du Conseil, notamment un manque de transparence de la part de Sheikh et de la personne à l’origine de la plainte.
Les détails du rapport étaient préoccupants et ne respectaient pas les attentes qu’a le public à l'endroit du chef de la police, a insisté le maire.
En fin de compte, le Conseil a décidé de licencier Farooq Sheikh pour motif sérieux.
Ce motif implique toute action de l'ex-chef de la police, notamment le manque de prise de responsabilités, la description erronée de sa relation avec la personne plaignante et le non-signalement cette relation, a précisé le maire.
Farooq Sheikh sera contre-interrogé jeudi. Il est représenté par son avocat venu de Saskatoon, Brian Pfefferle, qui a déclaré que l'accusé sera probablement la seule personne qu’il appellera à témoigner.
Avec les informations d’Alexander Quon


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