En ce dimanche matin de début octobre, premier jour de la semaine scolaire arabe, un océan de jeunes filles déboule vers l’entrée de l’école secondaire de Gaza City. Elles portent des habits bariolés, trimbalent des sacs à dos Reine des Neiges, pénètrent bruyamment dans l’enceinte grillagée et se placent en files parallèles dans la cour. Après un petit exercice physique rythmé par des coups de sifflet, toutes filent vers leurs classes respectives. Lesquelles consistent en des tentes spartiates, sans tables ni chaises, où prennent place une quarantaine d’élèves, assises en tailleur sur des matelas gris, cahier posé sur les cuisses.
Il n’est que 7 heures mais dans la tente, il règne déjà une chaleur suffocante. Quant aux drones israéliens, tout aussi lève-tôt que les élèves, ils ont entamé leur survol assourdissant. Malgré tout cela, ce matin, c’est leçon d’arabe. Sujet du jour: la phrase définie et indéfinie. Le professeur saisit un stylo bleu et écrit deux phrases, de droite à gauche sur le tableau blanc: «L’élève a écrit la leçon» et «La leçon est écrite». «Quelle phrase est définie?» demande-t-il. «Celle du haut!» répondent en chœur les élèves. Pour l’instant, c’est assez facile. Mais bientôt, elles plongeront dans les infinies complications de la grammaire arabe.


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