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L'artiste visuelle Annie France Noël raconte son accouchement et sa maternité à travers son projet photographique intitulé cognoscere.
Sa plus récente exposition, à la galerie d’art Beaverbrook à Fredericton, s’est terminée au début du mois de septembre. Treize autres photographes contemporains, originaires ou résidents des provinces de l’Atlantique, ont aussi participé à cette exposition intitulée Document/aire : la nouvelle photographie du Canada atlantique.

Annie France Noël dans son atelier dans le centre Aberdeen, à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Jimema Vergara
Annie France Noël est basée à Moncton et a son atelier dans le centre culturel Aberdeen, au centre-ville. La photographe a toujours eu un intérêt pour l’invisible, pour tout le côté sensible de l’humain.
Le projet cognoscere
Plus récemment, elle a documenté les événements entourant son accouchement afin de créer une série de photographies. Le projet intitulé cognoscere est parti de son envie de partager avec les autres.
Puis, à la naissance de ma fille en 2019, je me suis vue être confrontée à beaucoup de défis émotionnels, physiques, un peu de tout. À travers ma pratique, j’explore tous ces éléments-là […] Je choisis de le partager avec les autres pour donner des opportunités pour avoir des conversations qui vont au-delà de juste mon expérience personnelle, exprime Annie France Noël.
L’art lui permet notamment d’aborder des enjeux tels que les défis de santé mentale qui peuvent survenir pendant la grossesse et pendant ou après un accouchement.
On a tellement banalisé l’acte d’accoucher, d’enfanter, mais c’est toutes des expériences vraiment uniques. Moi, j’ai vécu d’autres défis. Je n’ai pas une dépression postpartum malgré que les gens ont commencé à penser que c’est ce que j’aborde. Mais tu sais, on parle de toutes sortes de défis de santé mentale.
Parler des événements entourant son accouchement et des difficultés qu’elle a connu permet aussi aux autres de s’y voir, d’y trouver un certain réconfort.
Ça laisse place peut-être aux autres de s’y voir, peut-être pas dans l'exactitude de mon expérience, mais que oui peut-être j’ai le droit ou je me sens moins seule, ou parce qu’il y a vraiment quelque chose d’isolant dans l’expérience. Je pense que tu peux avoir du support, tout ça. Quand tu te reconnais pas dans ta propre tête, c'est vraiment isolant, témoigne-t-elle.
Plusieurs éléments composant les photographies d’Annie France Noël servent aussi de symboles, comme le gant de latex qui représente les interventions médicales qu’elle a eu lors de son accouchement.
La photographe insiste sur le fait que les personnes observant ses photographies peuvent avoir leur propre interprétation, selon leurs expériences.
D'après un reportage de Jimena Vergara


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