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L’art comme outil de sensibilisation à la réalité de l’érosion côtière

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Le Centre d’artistes La Constellation bleue et la Galerie Bernard-Jean à Caraquet présentent Ligne de partage d’Eva Quintas, une exposition qui s'intéresse au regard de l'artiste et des citoyens de la Péninsule acadienne sur l’érosion côtière.

L'exposition est née d'un projet de recherche-création, réalisé durant la résidence collective du mois de septembre 2025, qui explorait le thème de l’érosion côtière de la baie des Chaleurs à travers la mémoire individuelle et collective de ses communautés.

D’origine catalane, Eva Quintas habite Montréal et explore la façon dont les humains transforment le territoire et comment le territoire les transforme.

Son exposition est composée d’une vidéo de huit minutes qui présente des extraits de témoignages parsemés de musique et de poètes acadiens qui y prêtent leur voix.

Dix-sept photos illustrent les paysages qu'elle a vu et les témoignages recueillis, qui font tantôt état de la résignation, tantôt de la résilience des personnes rencontrées face à l'érosion.

 Même les choses intangibles peuvent s’éroder, impossible d’aller à l’encontre de l’évidence. La terre est dans la mer. Lamèque pleine de trous. Au cimetière de Bouctouche, les tombes ont déjà les pieds dans l’eau.

L'un des poèmes de l'exposition Ligne de partage.

Photo : Radio-Canada / Jimena Vergara

Pour aborder la question de l’érosion des côtes, Eva Quintas utilise une pratique photographique ancrée dans des perspectives sociales et culturelles.

 Je m’intéresse aux enjeux du développement du territoire, aux notions d’abandon et de transformation, d’histoire et de mémoire sociale, d’identité et d’appartenance, résume-t-elle.

 Mes projets sont très contextuels et ont été beaucoup développés en résidence au cours des dernières années. J’ai été beaucoup dans des villes en Amérique du Sud, des mégapoles, où j’ai commencé à activer le protocole de la promenade partagée.

Eva Quintas fait ainsi des enquêtes de terrains et des entretiens avec des locaux, en se faisant mener par eux dans des lieux ou quartiers moins connus des visiteurs.

 J’arrive dans ces lieux avec les histoires des gens […] au fil des années, j’ai formalisé cette collecte de récits collectifs, dit-elle.  Je fais des enquêtes de terrain où je cherche le fragile équilibre entre documentation et poésie, entre recherche esthétique et engagement critique.

Avant de se rendre à sa résidence à Caraquet, l’artiste a fait une recherche documentaire. Un fait saillant qu’elle ne connaissait pas s’est imposé : l’enrochement pour contrer l’érosion côtière de la plage Foley et les enjeux citoyens entourant cette réalité.

 J’ai proposé un projet autour de ces notions-là. Je m’intéresse aux enjeux du territoire, mais je m’intéresse à l’humain, donc je voulais faire aussi une enquête autour de la perte des territoires et qu’est-ce que ça suscite [les pour et les contre], ce dialogue dans l’espace communautaire, explique-t-elle.

Un homme marche dans un musée.

L'exposition «Ligne de partage» est en montre du 3 juillet au 30 août 2026 à la Galerie Bernard-Jean, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Jimena Vergara

De Caraquet à Galice, réalité internationale

L’artiste a donc touché à un enjeu qui préoccupe de plus en plus les populations qui habitent le long du littoral acadien, car, depuis des années, avec les tempêtes, la mer ne gèle plus comme avant. La question de l’érosion, voire la disparition des côtes, inquiète les communautés affectées.

Des recherches sont menées par des scientifiques pour y faire face, notamment au sein de l’institut Valores où l’on constate l’augmentation du niveau de la mer et l’aggravation progressive de l’érosion des côtes. Jusqu’à un mètre de terre s’effrite chaque année.

Des initiatives pour y faire face existent, comme le Projet Adaptation PA. Ce projet permet d’aider les communautés à évaluer le risque, délimiter des zones à risque, prioriser les actions à poser, évaluer des stratégies, mais, surtout, établir un plan d’action à long terme. Les cartes interactives sont particulièrement révélatrices.

Des photographies de l'exposition «Ligne de partage».

Des photographies de l'exposition «Ligne de partage».

Photo : Radio-Canada / Jimena Vergara

L’exposition lance un appel à la prise de conscience grâce à ses photos et ses témoignages. Dans sa démarche, l’artiste a consulté des spécialistes, entre autres chez Valores.

Le sentiment d'urgence d'agir ressort de la vidéo réalisée dans le cadre de Ligne de partage.

L’artiste note que le projet à Caraquet l’a beaucoup stimulée pour le transporter ailleurs, puisque l’érosion côtière est un enjeu mondial accéléré par les changements climatiques.

Eva Quintas.

«Ligne de partage» d'Eva Quintas est née d'un projet de recherche-création, réalisé durant la résidence collective du mois de septembre 2025.

Photo : Gracieuseté : Eva Quintas

D’ailleurs, Eva Quintas entreprendra prochainement un autre projet qui l’amènera à travailler sur l’engagement critique, les enjeux sociaux, les territoires et l'environnement.

C’est en Espagne cette fois, en Galice sur la côte atlantique, qu’elle posera son regard, inspirée par ce qu'elle a vu à Caraquet.

L’exposition Ligne de partage est en montre à la Galerie Bernard Jean à Caraquet jusqu’à la fin août.

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