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À peine implantée dans le Nord de l’Ontario, la société de transport Uber ébranle déjà le secteur du taxi. Les entreprises de covoiturage établies ont des difficultés, et annoncent des compressions budgétaires.
L’entreprise américaine est arrivée à la fin d’août.
Michael Sanders, propriétaire et président d'Aaron Taxi dans le Grand Sudbury, a affirmé qu’il a réduit du tiers les effectifs de sa flotte de taxi.
En raison de très mauvaises décisions prises aux niveaux provincial et municipaux, ainsi que le soutien de la Chambre de commerce locale, Uber nous force à mettre à pied des chauffeurs et à immobiliser des véhicules qui permettaient autrefois d’offrir un salaire décent, déclare-t-il.
M. Sanders explique que le mois de septembre est normalement une période très achalandée, en raison de la rentrée scolaire et postsecondaire.

Michael Sanders, propriétaire d'Aaron Group. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Erik White
À l’heure actuelle, une quarantaine de véhicules sillonnent les rues de la ville, alors qu'il y en avait près d’une soixantaine les années précédentes.
Si la demande continue de diminuer, nous ne serons plus en mesure de fournir le même niveau de service, soit l'étendue de la couverture ou sa rapidité.
Par conséquent, il dit être frustré par le projet pilote pour les services de voiturage, affiché par le ministère des Transports de l’Ontario en mars 2026.
Un impact moins ressenti à Timmins
Nicole Lambert, copropriétaire de l'entreprise Timmins Taxi Services, explique qu’elle a observé une modeste diminution de l’achalandage des services de taxi dans la région de Porcupine.
Nous n’avons pas remarqué un grand impact face à l’arrivée d’Uber. Par contre, nous voyons une petite diminution du nombre d’appels, explique-t-elle.
L'entreprise, établie en 2022, offre l’option de paiement en ligne. Selon Mme Lambert, cette méthode permet à son entreprise de faire concurrence dans la région.
Elle affirme qu’aucun conducteur n’a été licencié, et que l’ensemble de sa flotte d’automobiles se trouve encore dans les rues de Timmins.
Mais, tout comme M. Sanders, elle espère que les sociétés de covoiturage suivront les mêmes règlements municipaux que son entreprise.
Uber dit qu’il existe un marché pour tous
Moins d’un mois après l'arrivée d'Uber, les Nord-Ontariens utilisent le covoiturage beaucoup plus que prévu, selon Laura Miller, cheffe des politiques publiques et des communications chez Uber Canada.

Laura Miller, cheffe des politiques publiques et des communications chez Uber Canada, a annoncé l'arrivée d'Uber le 24 août dans le Grand Sudbury. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mira Sawires
Ultimement, nous offrons plus de choix de transport aux résidents, aux consommateurs et aux visiteurs, dit-elle.
Elle pense qu’il existe un marché pour l’ensemble des moyens de covoiturage, comme le taxi, Uber ainsi que ses concurrents.
Interrogée sur la disponibilité des conducteurs, elle explique que, dans les collectivités qui couvrent une plus grande distance, l’accessibilité varie selon les municipalités et les conditions météorologiques.
La région couverte comprend 79 communautés, situées entre Gravenhurst et Cochrane, telles que Muskoka, North Bay, Timmins et le Grand Sudbury.
Mme Miller souligne aussi qu’Uber prévoit de s'implanter prochainement ailleurs dans le Nord de l’Ontario, notamment à Sault-Sainte-Marie, Kenora et Thunder Bay.


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