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L’Alberta ouvre officiellement, lundi, son marché des jeux de hasard à des entreprises privées, devenant ainsi la deuxième province canadienne, après l’Ontario, à libéraliser son marché de paris en ligne.
Tout est fin prêt depuis minuit, a indiqué un porte-parole de la Commission des jeux du hasard, de l’alcool et du cannabis de l’Alberta (AGLC). Cela signifie que PlayAlberta, la plateforme provinciale de jeux d’argent en ligne, n’aura plus le monopole sur ce marché.
De nombreuses entreprises se sont bousculées au portillon avant même le lancement officiel, comme en témoigne la cinquantaine d’opérateurs qui ont déjà versé 200 000 $ de frais d’enregistrement et de licence.
Selon Dale Nally, ministre de Services Alberta et de la Réduction de la bureaucratie, seuls quelque vingt d’entre eux sont vraiment prêts à accueillir des clients.

Quelque cinquante opérateurs de paris en ligne ont déjà versé 200 000 $ de frais d’enregistrement et de licence. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Abrahams/Shutterstock/Wpadington
Un bouclier pour les parieurs locaux
Avant l’entrée en vigueur de la politique de libéralisation, les parieurs en ligne de l’Alberta avaient le choix entre utiliser PlayAlberta ou prendre le risque de se tourner vers des sites étrangers, qui ne leur offraient aucune protection légale.
Les gens seront plus en sécurité dans un cadre réglementé, a dit le ministre Dale Nally à La Presse canadienne.
Le nouveau cadre réglementaire de l’Alberta semble avoir déjà produit un effet dissuasif sur certains sites de paris étrangers. C’est le cas de Coolbet, établi en Estonie, et qui a annoncé, au début du mois, qu’il se retirait du marché albertain en raison de la nouvelle politique.
Celle-ci découle d’une loi qui a été adoptée l’année dernière par le gouvernement de la première ministre Danielle Smith, avec pour objectif de lutter contre le marché gris, qui échappe à son contrôle, et, surtout, de protéger les parieurs de la province.

Selon le ministre Dale Nally, le gouvernement prévoit de percevoir 76 millions $ de recettes dès la première année. (Photo d'archives)
Photo : (CBC/Radio-Canada)
Une manne pour les coffres de la province?
La nouvelle réglementation devrait permettre à l’Alberta de prélever 20 % de recettes de chaque entreprise, ce dont la province était privée quand les joueurs locaux plaçaient des paris sur le marché non réglementé.
Le gouvernement prévoit de percevoir 76 millions $ dès la première année, comme l’a fait savoir le ministre Dale Nally.
Robert Williams, membre de l’Alberta Gambling Research Institute, met cependant un bémol aux attentes en matière de recettes, expliquant qu’il ne s’attendait pas à ce qu’une grande partie de l’argent reste dans la province, car de nombreux opérateurs en ligne sont des multinationales.
Ce n’est pas comme la création d’un casino, qui a un impact économique considérable puisqu’il est construit avec des matériaux locaux et emploie de la main-d’œuvre locale, explique-t-il.
La grande séduction
Pour accueillir la libéralisation du marché albertain des jeux de hasard, certaines entreprises ont annoncé des dons à des associations caritatives.

L'entreprise de paris sportifs FanDuel a annoncé, en tout, 80 000 $ de dons.
Photo : Radio-Canada / Michael Aitkens
FanDuel, un important site de paris sportifs en ligne établi aux États-Unis, a ainsi annoncé un don de 30 000 $ à la Croix-Rouge canadienne en Alberta, et un autre de 50 000 $ à la fondation Dollar A Day, afin de soutenir les ressources en matière de santé mentale.
DraftKings, un autre opérateur américain de paris sportifs et de casino en ligne, a annoncé qu’il ferait un don de 150 000 $ au réseau des banques alimentaires de la province et que ses employés consacreraient quelques heures à des actions bénévoles.
Qu’en est-il des préoccupations liées à la santé?
Le ministre Dale Nally a indiqué que 1 % des recettes brutes issues des jeux d’argent en ligne serait réservé aux programmes de traitements liés au jeu compulsif, tandis que 2 % seront affectés aux Premières Nations.
De plus, le programme provincial d’auto-exclusion pour les casinos physiques, qui permet aux personnes de s’interdire elles-mêmes l’accès aux jeux d’argent, s’applique également aux opérateurs en ligne, qui sont tenus de permettre aux joueurs de fixer leurs propres limites de temps ou de mise.
Pour les Albertains qui ne jouent pas, M. Nally a indiqué que la libéralisation du marché signifiait aussi que la population commencerait à voir davantage de publicités sur les paris en ligne.

En Ontario, première province canadienne à avoir libéralisé son marché des paris en ligne, les appels à la ligne d’assistance destinée aux jeux de hasard ont augmenté de plus de 300 % depuis 2022. (Photo d'archives)
Photo : iStock
Robert Williams, psychologue clinicien, estime que le fait que les habitants se retrouvent submergés d’annonces publicitaires pourrait signifier que l’Alberta a déjà subi le plus gros de l’impact des jeux d’argent en ligne.
Je m’attends à une très légère augmentation des appels vers les lignes d’aide, et, peut-être, à une très légère hausse des problèmes liés au jeu, a-t-il dit.
Il ne pense pas cependant que les répercussions seront aussi significatives qu'en Ontario.
Là-bas, le taux d’hommes de moins de 24 ans ayant appelé la ligne d’assistance téléphonique destinée aux jeux de hasard avait augmenté de plus de 300 % depuis 2022, l’année où cette province a libéralisé son marché des paris en ligne, selon une étude de l’Université de Toronto publiée en mars.
L’étude a également révélé que le nombre de comptes en ligne actifs pour 100 000 habitants avait augmenté de 239 % au cours des trois premières années, passant de 2160 à 7300.
Avec des informations de La Presse canadienne


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