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L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a annoncé qu’elle endossait le mouvement Canadiens pour toujours (Forever Canadian, en anglais), lancé l’été dernier par Thomas Lukaszuk.
C’est devant près d'une centaine de personnes à la Cité francophone d’Edmonton que la présidente de l’ACFA, Nathalie Lachance, s’est adressée en matinée.
Le mandat de l’ACFA est de préserver les acquis, de défendre et de faire avancer la francophonie en Alberta. Nous croyons fondamentalement que ceci est mieux fait dans un cadre national et avec le gouvernement fédéral, a-t-elle déclaré.
La présidente a souligné que l’appartenance au reste du pays permet aux Franco-Albertains de jouir de certaines protections, permises par la Charte des droits et libertés et d'autres lois, comme celle sur les langues officielles.
Elle a ajouté que la pérennité de la francophonie albertaine dépend également d’ententes fédérales-provinciales et du financement reçu dans des domaines comme la santé, l’éducation et la justice.
Les garanties dont nous bénéficions ont des effets bien réels. Sur nos écoles, nos services, nos institutions et sur la transmission du français d'une génération à l'autre. Elles sont aussi étroitement liées à l'existence même du Canada tel que nous le connaissons. Toute remise en question de ce cadre comporte des risques concrets pour les communautés francophones en situation minoritaire en Alberta et partout au pays.

Près d'une centaines de personnes étaient réunies à la Cité francophone d'Edmonton pour assister à la conférence de l'ACFA.
Photo : Radio-Canada / Eve Côté
L’implication de l’ACFA prendra surtout forme de plaidoyer pour le mouvement fédéraliste, et plus particulièrement si la pétition des indépendantistes albertains récolte suffisamment de signatures pour qu’un référendum ait lieu à l’automne.
Ce dont on cherche à s'assurer, c'est que les francophones à travers la province comprennent bien les enjeux en amont de la campagne référendaire, a expliqué Nathalie Lachance.
De son côté, Thomas Lukaszuk a salué la décision de l’ACFA, rappelant l’importance et la place des groupes minoritaires dans la province.
Cette province ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui sans la communauté francophone de l'Alberta, a-t-il dit.

Thomas Lukaszuk a lancé le mouvement Canadiens pour toujours l'été dernier.
Photo : Radio-Canada / Eve Côté
Il a également indiqué être en discussion avec les représentants de communautés autochtones qui s’opposent au projet indépendantiste.
Les Premières Nations ont clairement indiqué qu'elles s'opposaient à toute forme de séparatisme, et j'espère que nous pourrons bientôt faire une annonce conjointe, a-t-il soutenu.
Qu’en est-il des francophones indépendantistes?
En réponse à l’annonce de l’ACFA, l’avocat qui représente le mouvement indépendantiste Stay Free Alberta, Jeffrey Rath, a indiqué que la position fédéraliste ne rejoignait pas forcément tous les Franco-Albertains.
Lui-même est issu d’un milieu bilingue et possède de la parenté francophone. Il en va de même pour son collègue et instigateur du mouvement, Mitch Sylvestre.
[L'ACFA] dit qu'elle parle pour tous les francophones en Alberta, mais elle ne parle pas [vraiment] pour tous les francophones en Alberta, a-t-il affirmé.

Jeffrey Rath, qui défend le mouvement indépendantiste, a lui-même de la parenté francophone. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Danielle Bénard
Il a ajouté que la francophonie aurait sa place au sein d’une Alberta indépendante.
Il n'y a pas de raison pour que les écoles francophones soient détruites par l'indépendance. Les Albertains veulent que les services qu'on a maintenant continuent, mais le but de l'indépendance, c'est qu’on va avoir plus d'argent pour toutes les choses qu'on fait en Alberta, a-t-il dit.
Retour dans le passé
La prise de position de l’ACFA pour le camp fédéraliste n’est pas nouvelle. Lors du référendum sur la souveraineté du Québec, en 1995, des membres de l’association avaient milité en faveur du camp du non.
Pour nous, c'était un cas de vie ou de mort. Alors, on est allés au Québec et on a fait beaucoup de propagande à travers les médias de ce temps-là pour encourager les Québécois à voter non et rester au Canada. C'était important pour nous. C'était notre survie qui était en jeu, se remémore Paul Denis, ancien président de l’ACFA de 1993 à 1995.
Pour sa part, l’ex-président de 1986 à 1989 et directeur général de l’ACFA de 1990 à 2000, Georges Arès, estime que les craintes des francophones minoritaires sont les mêmes qu’elles étaient à l’époque.
On pensait à ce moment-là que, si le Québec se séparait, l'Alberta changerait éventuellement les lois pour enlever les écoles françaises et les questions linguistiques, et pour en faire une province totalement anglophone. C’est la même chose qui pourrait se produire ici s’il n’y a pas de limites [mises en place], croit-il.
Les représentants du mouvement indépendantiste ont jusqu’au mois de mai pour récolter le nombre de signatures nécessaires pour que leur question référendaire soit ajoutée à la liste des référendums prévus pour octobre.
Si le seuil minimal est fixé à 178 000, selon la loi, Jeffrey Rath dit vouloir récolter au moins 1 million de signatures, pour montrer que le soutien pour l’indépendance est beaucoup plus fort que celui des Canadiens pour toujours, qui a récolté plus de 450 000 signatures pour sa propre pétition.
Avec des informations d’Emmanuel Prince-Thauvette et de Jean-Emmanuel Fortier


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